Kevin Pasche: "Pour moi, la NHL est le rêve ultime!"

27/01/2022 à 16:05:44OMAHA, Frédéric WillenerArticle vu 10 741 fois
Impressionnant pour sa première saison en USHL, le jeune gardien Kevin Pasche rêve de NHL. L'international suisse revient pour nous sur son début de saison, les derniers mondiaux et son avenir.
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Kevin Pasche, pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous nous expliquer votre parcours?
J’ai débuté à l’école de hockey de Fribourg comme joueur. Moi, je ne voulais qu’une seule chose, être gardien. J’ai donc rejoint le club d’Yverdon où on pouvait être gardien dès l’école de hockey. J’ai ensuite joué pour Villars, car j’avais la possibilité d’être surclassé et d’évoluer avec les Moskito. Lorsque j’y étais, Doug Boulanger, alors entraîneur dans le mouvement junior de Lausanne m’a convaincu de m’engager avec eux. J’y ai finalement passé sept belles années. 
Au niveau international, j’ai eu l’occasion de représenter la Suisse depuis les U15 jusqu’aux derniers Championnats du monde au Canada avec l’équipe des U20.

Vous l’aviez dit, vous vouliez être gardien, comment est venue cette envie ?
C’est simple, mon père et mon parrain m’ont amenés un jour voir un match de Fribourg-Gotteron. C’était l’époque de Sébastien Caron et, je ne sais pas pourquoi, je l’ai regardé durant tout le match. Je ne pouvais pas décrocher mes yeux de lui. C’était certain, je voulais aussi être gardien.

Après plusieurs années à Lausanne, pourquoi avoir décidé de rejoindre l’Amérique du Nord ?
Pour moi, ça a toujours été un rêve de partir aux Etats-Unis pour y jouer au hockey. Je pense que tous les jeunes Européens, et plus particulièrement les Suisses, rêvent de traverser l’Atlantique pour jouer en Amérique.

Comment avez-vous pris la décision de rejoindre l’Amérique ?
Après le Championnas du monde U18 à Frisco, aux Etats-Unis, des clubs de CHL se sont manifestés et nous avons eu quelques discussions. Il y aurait probablement eu une possibilité pour moi de rejoindre une ligue junior canadienne. Lors des discussions avec ces clubs, ils m’ont fait comprendre qu’il serait difficile pour moi d’arriver et d’être déjà titulaire. Il y avait déjà des gardiens en place depuis plusieurs années et j’aurais dû me contenter d’un rôle de remplaçant.
Puis le club d’Omaha, en USHL, s’est aussi manifesté et ils m’ont proposé un poste. Ils m’ont dit que je pouvais clairement être le numéro un de l’équipe. J’ai dû prendre ma décision très vite, en un seul après-midi en fait, car le repêchage approchait. Comme c’était mon rêve, je n’ai pas mis long à prendre ma décision et j’ai accepté. En fait, j’ai tout de suite pensé à l’énorme expérience qui m’était offerte d’évoluer en Amérique du Nord.

Pourquoi avec accepter d’évoluer en USHL alors que vous auriez pu rejoindre les ligues plus populaires de CHL ?
Comme je l’ai dit, il y avait une chance pour moi de jouer en CHL mais disons qu’elle était moins concrète qu’en USHL. Je sais qu’en Europe, les ligues juniors canadiennes sont plus populaires que l’USHL mais, lorsqu’on est aux Etats-Unis, on se rend compte que cette ligue est très suivie et que le public se déplace en nombre aux matchs. Pour l’anecdote, j’ai été chez le coiffeur l’autre jour et des gens m’ont reconnu.

Avant vous, le gardien Akira Schmid a également porté les couleurs des Lancers d’Omaha. Ce dernier vous a-t-il conseillé ?
Je ne le connais pas personnellement et je dois avouer ne pas avoir discuté avec lui.

Souvent, lorsqu’un jeune joueur débarque en Amérique du Nord il y a souvent une phase d’euphorie avant, hélas, une phase plus difficile. Cela a-t-il était le cas pour vous ?
Oui, en effet. Lorsque je suis arrivé là-bas, les deux premières semaines étaient parfaites et tout se passait bien. Mon niveau sur la glace était bon et je jouais bien. Nous avons débuté les matchs de préparation et les choses ont commencé à se passer moins bien. Durant un mois, j’ai eu un trou et tout m’a rattrapé. J’ai réalisé que je devais m’adapter à ma nouvelle vie, à la taille des patinoires, aux nouvelles stratégies et au jeu.
J’ai joué quatre matchs de préparation et j’ai connu quatre défaites. Ça a été très compliquée pour moi. Finalement les choses se sont remises en place suite à mon premier match de la saison régulière. Même si nous avons perdu, j’ai connu un excellent match avec un taux d’arrêts de 94%. Je crois que ça a été le véritable déclic pour moi et plus les jours passaient, plus je me suis senti bien.

Comment se passe votre quotidien avec les Lancers?
Le matin, je débute ma journée vers 09h00-09h30. Je retrouve mes coéquipiers pour un work-out à 11h00 avant d’avoir un peu de temps pour manger à la patinoire. A 12h45, nous avons une séance de vidéo avec l’équipe et nous sautons sur la glace à 13h10 pour 1h30 d’entraînement.
Lorsqu’on se déplace, c’est en bus. Nous avons de la chance, car dans notre conférence, les trajets varient entre 1h et 3h. Le trajet le plus long que j’ai fait était de 6h et nous nous sommes arrêtés à l’hôtel pour dormir avant de joueur deux rencontres sur place. Comme j’ai terminé mon apprentissage de vendeur en Suisse, je n’ai pas à étudier sur place. Je suis là-bas à 100% pour jouer au hockey.

Vous avez connu de nombreux niveaux juniors en Suisse, quelles sont les différences entre notre pays et les rangs juniors en USHL?
Il y a déjà le public. Il faut reconnaître qu’en Suisse, il y a souvent 50 personnes qui assistent au matchs des juniors et c’est bien souvent les parents. Aux Etats-Unis, il y a entre 2000 et 5000 personnes pour les matchs.
Le niveau de jeu est aussi très différent. Le jeu est beaucoup plus rapide en USHL en raison de la taille des patinoires. Les tirs sont plus précis et plus puissants qu’en Suisse. En Suisse, on met plus de temps pour construire des jeux et tirer. En Amérique du Nord, les joueurs tirent plus souvent dans l’espoir d’avoir de récupérer un rebond pour marquer. J’ai d’ailleurs dû m’habituer à mieux contrôler des rebonds, ça a été une grosse adaptation pour moi.
Il y a aussi la cadence des matchs qui est différente ici. Nous avons 62 matchs par saison en USHL et on s’entraîne donc en conséquence hors de la glace. Il y a aussi une chose qui n’existe pas en Suisse, ce sont les échanges. En Amérique, la possibilité d’être transféré est bien réelle, c’est d’ailleurs déjà arrivé à certains joueurs de notre équipe.

Pour votre première saison en Amérique du Nord, vos statistiques sont impressionnantes (actuel 2ème gardien de la ligue). Avez-vous une explication à ces résultats?
Je pense que le niveau de mon équipe, qui est excellent, m’aide à être performant et inversement. Mon évolution a été très rapide ici et j’ai franchi déjà plusieurs paliers. J’ai aussi beaucoup travaillé sur mon mental. Avant, lorsque je ratait une prestation, mon moral descendait vite, mais aujourd’hui, je suis plus constant.
Ma récente sélection pour le Championnat du monde U20 et le fait d’avoir affronté une grosse nation comme la Russie m’a aussi donné beaucoup de confiance. Au final, je ne peux pas vraiment expliquer mes bonnes prestations, je pense que c’est un tout. Le fait que je puisse me concentrer uniquement sur le hockey a aussi joué un rôle.

Vous évoquez justement le dernier Championnat du monde M20 qui s’est malheureusement arrêté en raison de cas de Covid. Comment avez-vous vécu ça?
Mon sentiment est partagé entre extraordinaire et bizarre. Le Championnat du monde, c’est le tournoi au niveau junior ! Tout le monde le regarde, il n’y a rien de plus grand à ce niveau. Ça reste une expérience incroyable et je le redis, d’affronter la Russie a été un grand moment pour moi. Le public, les caméras, tout donne une impression incroyable, c’est une sensation spéciale. Je me souviens que lors de l’échauffement, je souriais tellement le feeling était incroyable.

En voyant les cas de Covid se multiplier dans les équipes et certains matchs être annulés avez-vous pris conscience que le tournoi pouvait-être annulé?
Non, franchement, je ne pensais pas que ça pourrait arriver. Il est vrai qu’il y avait une pression avec le Covid et on savait qu’on pouvait être touché par des cas. Lorsque les matchs de préparations ont été annulés, il a été difficile de garder la motivation. Avec l’annulation du match face aux USA, nous avons réalisé que les choses commençaient à sentir mauvais. La suite, vous la connaissez…

L’organisation du tournoi a été passablement critiquée, notamment par certains joueurs, comprenez-vous ces critiques ?
Si vous parlez notamment du gardien de l’équipe de Slovaquie qui s’est plaint par rapport aux personnes dans les hôtels, je suis de son avis. Pour moi, les choses auraient pu être faites autrement. Il y avait beaucoup de gens qui n’avaient rien à voir avec le tournoi dans notre hôtel. C’était à nous de faire attention à ce monde et non le contraire.
En 2021, j’ai vécu l’expérience du championnat du monde junior U18 à Frisco au Texas. C’était vraiment parfait, nous n’avions aucun contact en dehors de l’équipe. Personne ne rentrait dans l’hôtel, c’était vraiment strict. Avec l’arrivée du variant Omicron, je dois dire que je ne comprends pas les choix qui ont été faits à Edmonton. Mais voilà c’est comme ça, j’espère qu’on pourra quand même disputer ces mondiaux plus tard dans la saison.

Quel regard portez-vous sur la NHL?
Pour moi, la NHL est le rêve ultime ! Hélas, je suis un peu petit et les clubs de NHL n’aiment pas trop ça. C’est une année de repêchage pour moi, je dois continuer mon bon travail avec Omaha si j’espère être repêché. Si ce n’est pas le cas cette année, je peux encore l’être l’an prochain, c’est à moi de confirmer mon bon travail.

Avez-vous un modèle de gardien en NHL?
Oui, j’ai toujours adoré Carey Price pour son calme, son style de jeu et ce qu’il apporte à Montréal. J’aime aussi Juuse Saros des Predators de Nashville. Je m’inspire beaucoup de son jeu, car il fait la même taille que moi. Lorsqu’on est plus petit, il faut travailler sur la rapidité. J’admire Saros, il brise les codes et prouve que, malgré sa taille, il est l’un des meilleurs gardiens de la NHL.

Vous l’avez dit, vous serez éligible pour repêchage en juillet prochain, comment vivez-vous cet événement?
Je n’y pense pas car j’ai du mal à croire que je puisse être drafté. Si je ne le suis pas, cela ne m’empêchera pas de travailler pour espérer l’être l’année suivante. Même si cela serait une déception, cela ne m’empêchera pas d’avoir une belle carrière. Mais c’est vrai qu’être repêché, c’est un rêve de gosse, c’est quelque chose de grand.

Avez-vous un club de cœur en NHL ?
Je suis un fan des Blackhawks de Chicago. Si je pouvais choisir une équipe où je rêverai d’évoluer, ce serait celle-là sans hésiter.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?
Que le reste de ma saison se passe bien, que mes prestations soient bonnes et que j’attire un peu plus d’attention.
 

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