PorRentruy – Patricia Hoche & Théo Ganiage
Le sourire était de retour, vendredi soir, dans les travées de la Raffeisen Arena à Porrentruy. Une victoire, la première pour ce HCA version 2024/25, ça s’apprécie. Et même si l’on refuse d’admettre que la situation devenait déjà (très) préoccupante, le soulagement était bien réel. En capitaine qu’il est désormais, Kevin Fey pouvait enfin souffler un bon coup: «Il était important de nous prouver qu’on pouvait gagner. Lors des premiers sept matchs, tout n’était pas mauvais, mais on est souvent passé à côté. On a montré qu’en jouant bien 60 minutes, on peut gagner contre tout le monde. Surtout que nous avons fait un boxplay d’enfer vendredi et que l’équipe ne s’est pas effondrée après avoir encaissé le 1 à 2. Ça montre que le caractère est là, ça donne de la confiance à chacun.»
Philipp-Michael Devos ne pouvait pas dire le contraire: ces trois premiers points étaient plus qu’attendus: «On est soulagés. C’est un poids de moins sur nos épaules. C’est un début, il faut continuer comme ça.» Et il a donc fallu patienter sept match. De quoi se remettre en question et trouver la motivation ailleurs que dans le résultat pur. «Sachant qu’on ne jouait pas avant vendredi prochain, on avait un weekend de congé. Ça nous a permis de jouer un peu plus désespéré! Bon, il fut jouer comme ça tous les soirs. Personnellement, j’essaie de donner mon maximum, peu importe la situation, peu importe le match.»
Et Fey, lui, a vécu très différemment cette longue période de disette.Il a même fallu aller à la rencontre des fans après le 0-5 contre Berne, histoire de calmer les esprits. «Oui, le capitaine essaie de trouver des solutions, de voir ce qu’il est possible de faire. Il faut voir ce qu’on peut amener dans le vestiaire pour que tout le monde se relève. Le plus dur, c’est le moral. On commence à avoir le doute et c’est important de briser ça. Bon, je ne suis pas tout seul, chacun a aussi sa propre responsabilité. On est des professionnels, on doit aussi savoir relativiser. La pression était là, mais quand on est à la maison, je pense qu’il faut arriver à la patinoire chaque matin avec beaucoup d’énergie.»
Six points inscrits par les recrues finlandaises, vendredi. Y aurait-il eu comme un déclic? Le capitaine en est certain: «Oui, on en attend pas mal. Mais si on regarde contre Kloten, on a des défenseurs qui ont aussi fait des points. Quand ça ne va pas pour eux, ils doivent sentir qu’il y a une équipe qui est là pour les soutenir. On n’a jamais douté, il faut continuer à s’améliorer match après match.»
Les leçons sont donc tirées. Quelle était donc la recette du succès? Devos énumère ce qui a fait la différence: «On a accordé moins de revirements, donc donné moins de surnombres à l’adversaire. En désavantage numérique, et avec notre gardien, on a été excellents, car on aurait pu perdre le momentum.» À renouveler pour remercier un peu plus des spectateurs que Devos est allé faire la « ola » au terme du match. «On a besoin d’eux. Ça faisait longtemps que je n’avais pas réagi comme ça, honnêtement ça m’a fait du bien (il éclate de rire).»