Fribourg – Philippe Ducarroz
On retrouve Gottéron, celui de la rubrique «boulevard». Ce matin, la population fribourgeoise est sous le choc et un peu divisée par rapport à l’échange entre Chris DiDomenico et Jakob Lilja. Avec un club qui essaie de sauver les apparences mais qui ne peut plus cacher le profond malaise qui règne actuellement sur et en-dehors de la glace. Pas idéal avant de s’en aller à Bienne ce soir, alors que le manque de points devient très préoccupant.
L’entraîneur Pat Émond sera-t-il le prochain gros titre de la presse sportive? Son discours se veut rassurant («Je trouve que nous progressons dans ce domaine, ça va de mieux en mieux. L’adversaire a de plus en plus de difficultés à rentrer dans notre zone.»), mais il n’est pas très convaincant, surtout quand l’objectif principal aujourd’hui est d’augmenter la capacité de marquer des buts.
Toujours est-il que de source (très) interne, nous savons que le départ de DiDomenico ne suffira pas à réunir un vestiaire qui a explosé en comparaison à l’extraordinaire équipe de fin de saison passée (niveau état d’esprit, s’entend).
Aujourd’hui, dans La Liberté et les Freiburger Nachrichten, le directeur technique Gerd Zenhäusern tente de reprendre la main en annonçant la recherche (le public attend une signature!) d’un nouvel étranger, «Idéalement, quelqu’un avec un profil similaire à DiDomenico, un attaquant avec des qualités de buteur.» Comme à peu près tous les clubs, donc. On ne semble pas faire grand cas de Lijla au passage, plus monnaie d’échange que réel joueur désiré. Zenhäusern de continuer: «Je ne pouvais pas simplement donner DiDo sans obtenir un remplaçant en retour.»
Les dirigeants de Gottéron (ceux des bureaux) ne veulent pas entendre parler de mal-être dans le vestiaire. Mais alors comment interpréter cette simple déclaration de Zenhäusern: «Il y a deux ans, lors de notre élimination en préplay-off, les joueurs, qui cherchent toujours des excuses et des boucs émissaires, mettaient en avant les mêmes problèmes qu’aujourd’hui». Qui conclut dans La Liberté: «La situation est encore critique».
La dernière fois que de tels propos avaient été tenus avant un déplacement à Bienne, c’était lors de l’époque… «Sauvez Gottéron»! Le match avait été présenté comme essentiel, Gottéron avait sombré. Question d’état d’esprit…