La (mauvaise) nouvelle est donc tombée: Lukas Wallmark est obligé de mettre un terme à sa saison. Or, depuis la sortie du Suédois au 1er tiers-temps, Gottéron a perdu une bonne partie de ses repères, en même temps qu’un deuxième centre étranger puisque Jacob de la Rose, lui, s’est blessé en quarts de finale. «La problématique, elle est là», lance immédiatement notre consultant Laurent Perroton. «Tu as tes deux meilleurs centre – avec Linden Vey – qui sont out. La différence, elle se voit en fin de match, par exemple: Wallmark est capable de créer une ligne de passe qui va amener un tir cage ouverte. C’est le génie, le créateur, le chef d’orchestre!» Souvent, d’ailleurs, pour un Marcus Sörensen qui a évolué toute la saison avec son centre préféré. Il y a risque d’avoir comme principal dégât colatéral de voir le rendement de l’autre Suédois baisser, lui le Topscorer de Gottéron dans ces playoffs.
«On en n’a pas assez parlé, reprend Perroton, mais dans notre équipe-type des quarts de finale, nous avons placé Wallmark. Tout le monde voit ce qu’il fait offensivement, mais défensivement, lors des engagements et sur la base de tout le boulot qu’il abat, il est quasiment irremplaçable. Je trouve remarquable le travail du coaching-staff dans l’évolution du jeu de wallmark, dans son jeu défensif, je dirais même s responsabilité défensive.»
Il est vrai aussi que Gottéron s’en est souvent sorti sur les fins de match et le Suédois n’y est pas étranger. «Tu as perdu le maître à jouer. Et ça s’est vu dans ce match qui aurait pu durer toute la nuit. Les dieux du hockey ont été du côté de Lausanne, les pucks ont roulé, il y a eu des lattes, Sklenicka qui arrête une rondelle sur la ligne… Avec Wallmark, on n’aurait peut-être pas été jusque-là.» En gros, les Dragons se sont retrouvés désorganisés par l’absence de Wallmark. «Oui, mais pas que! Il y a eu beaucoup de canne contre canne dont les Vaudois sont sortis vainqueurs. Et puis bon, sur le but, Bärtschi… On a peut-être été durs envers certains Lausannois, mais Marchon et Bärtschi, c’est très insuffisant. Je les apprécie beaucoup, mais tu ne peux pas aller en finale avec leur niveau actuel.»
Et en attendant le 3e match qui se jouera ce soir, Perroton, évidemment, n’est pas très optimiste: «J’ai trouvé Gottéron très fatigué mardi soir. Le pressing de Lausanne, l’intensité et le fait que les homme de Ward gagnent les duels et qu’il y a eu un changement d’état d’esprit, ça a rééquilibré les débats.» Côté fribourgeois, on se pose la seule et vraie question: peut-on gagner contre le vainqueur des qualifications sans deux des meilleurs centres et joueurs de bully? «Difficile? Oui, mais quel beau défi», a répété Lars Leuenberger.