«SORTIE DE ZONE» – la chronique à Yavkin

«SORTIE DE ZONE» – la chronique à Yavkin

Illustration: PH

MAIS OÙ ÉTAIT DONC LINO MARTSCHINI?

Par Christoph Yavkin

En pré-Ambühl (une fois encore irréprochable), il faut savoir observer le pire dans tout ce gâchis. Ce pire est qu’ainsi que je le relevais hier, le Canada peut soudainement et effectivement reprendre le titre aux Finlandais, encore plus mauvais que lui en soirée, et dont il s’est débarrassé. Et que voilà opposé en demies à la Lettonie au lieu de succomber à la Suisse éternelle, avant une finale… exclusivement nord-américaine ?

Aimons nos montagnes, notre Alpe de neige

Voilà que les observateurs urbi et orbi vont se rincer d’étonnement, sidération, incrédulité et ainsi de suite durant les quelques jours qui séparent de la finale de ce championnat du monde, avec les invariables sentiment et rappel à ce que la Suisse devrait et se devait d’en être !

Pas même cruel, le verdict est totalement à l’inverse. Je ne saurais afficher la prétention. Je dois tout au moins souligner que je sais de quoi je parle et il y a que ce que l’expert répète depuis des années se répète d’année en année, en dépit des radotages systématiques d’orateurs de pacotille en tous genres, prompts à de massives érections dans les instants précédant une compétition qu’est appelée à disputer l’équipe nationale et des tournois qu’elle peut s’adjuger pourquoi pas? Mais qui ne valent la plupart du temps que Floralp.

Je faisais tout d’abord remarquer hier matin que je ne croyais guère à ce que les Suédois se fassent duper par les Lettons mais que… Et le junior Locmelis (19 ans, à Lulea depuis ses 14 !) a ouvert la voie et mis le feu à son équipe. C’est ainsi que la Lettonie, en dépit de 15 tirs seulement contre 41 aux nordiques, a marqué 1 fois de 5 de ceux-ci.

Ce que les baltes ont donc réussi avec bravoure devait n’être qu’une formalité pour la formation de Fischer. Certes, divers journalistes se voulaient un brin prudents à l’évocation de l’adversaire mais, en considérant tous les aspects avec le plus grand sérieux, en ne remâchant pas du «1er contre 4ème», tout devait en définitive très bien se passer après un tour de qualification aussi brillant que prometteur.

Pour ceux qui m’ont lu avant cette rencontre avec attention, j’usais pour ma part du terme cauchemar à dessein. Puis, notre équipe nationale se voulant plus conquérante que jamais, je gravissais, à la suite de l’élimination du délicieux voisin germanique, volontiers les marches de ce sacre avec elle !

D’ailleurs, les Lettons n’ont-ils pas éliminé des suédois comme la Suisse allait les battre aussi dans une 3ème finale en 10 ans ? N’oublions ici pas les fracassantes déclarations de Nico Hischier à son arrivée «Nous pouvons aller chercher le titre » (c’est en
bref la raison de sa présence … mais ça, c’était un peu plus dissimulé), «tout le vestiaire en est convaincu» et j’en passe.

Eh bien non. N’en déplaise. Et une starlette chanceuse mais pas innocente pourra dire qu’elle n’y était pas, Denis Malgin. Sans méchanceté envers le joueur lui-même mais on le connaît… ou on devrait dire que Fischer au moins, le connaît! Sans Leon Draisaitl (Edmonton) ni Tim Stützle (Ottawa) ni un Marc Michaelis (SCLT) qui fut déterminant l’an dernier, amputée de surcroît du précieux défenseur Moritz Seider (Detroit) dès la mi-match, l’Allemagne a une fois de plus définitivement contrarié l’architecture ambitieuse de Fischer et surtout, jeté une nouvelle ombre sur une certaine arrogance générale, Lars Weibel mis à part, chez la Fédération.

Des raisons

Et pourquoi donc la phénoménologie se répète-t-elle une nouvelle fois ? Cette fois-ci, en dépit d’un soin maximal à préparer tous les cas de figure, il en est un qui n’a sans doute pas été pris suffisamment ou du tout même, en considération, mais si.

Pour faire très bref avant de l’expliquer, il faut noter le décor, ce n’est pas qu’anecdotique : même si en 2021, la défaite en prolongations face à cette même Allemagne s’était produite dans la patinoire olympique et cette fois-ci à la Riga Arena (devant moins de 2’500 spectateurs !!, c’était aussi …. à Riga. Sans rire. Ensuite, je vous la livre, elle se partage en deux.

Pendant que la Suisse faisait les cartons du cœur avec un 15-0 face à la Slovénie, la Norvège et le Kazakhstan dans les premières heures de la compétition, les Allemands étaient réduits à faire ceux du débarras avec 3 défaites d’un seul but face aux deux scandinaves et aux américains. Avant de se mettre sans hâte mais graduellement en position favorable avec 4 victoires logiques contre les très modestes, à l’exception du Danemark contradicteurs, dans les 4 dernières confrontations.

Aveuglée ensuite encore par les victoires contre canadiens et tchèques et un parcours presque parfait, comme on s’est senti obligée de le glorifier tout azimut. Et qu’on l’admette ou non, ce blanchissage helvétique initial durant 206 minutes, lui aura rendu le pire des services. Un but reçu cette fois-ci après 6 minutes, l’aura impitoyablement confirmé.

Décidément, je me demande encore ce qui empêche My Sports et ses grands prêtres du hockey sur glace et la RTS de me convier sur leurs plateaux.

Christoph Yavkin

(Les propos tenus dans cette chronique ne sont pas forcément partagés par les membres de la rédaction de Planète Hockey et n’engagent que leur auteur)

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