Fribourg repart au combat avec un mélange rare : l’expérience d’un noyau qui a tout vu, et l’énergie d’un sang neuf prêt à mordre. « Ce groupe respire la maturité, mais pas la lassitude », glisse un observateur fribourgeois qui a suivi l’équipe cet été. L’an dernier, les Dragons ont fait vibrer la BCF Arena : Spengler Cup en poche, Berne éliminé, Lausanne poussé jusqu’à une septième manche haletante. Le tout dans une patinoire qui a fait le plein lors de chaque partie.
Mais derrière l’euphorie, il y avait des limites. Peu de buts venus des défenseurs, une efficacité offensive trop timide, et un Reto Berra utilisé jusqu’à la corde. « Si Berra tient encore une saison complète à ce rythme, ce sera un miracle », lâche le même observateur. À 38 ans, le gardien reste l’assurance-vie de Gottéron, mais l’heure est venue pour Loïc Galley de montrer s’il peut gérer plus que des miettes.
CHANGEMENTS MAJEURS DANS LE CONTINGENT
Le mercato a fait mal au cœur : adieu Ryan Gunderson, Rafael Diaz, Dave Sutter. Gunderson, c’était le patron silencieux, un leader naturel. Mais Zenhäusern a répliqué avec des coups solides : Andrea Glauser, taulier de la Nati, le jeune Ludvig Johnson (rookie of the year), et le costaud Patrik Nemeth. Avec Michael Kapla pour dynamiser le jeu, la défense semble plus équilibrée que depuis longtemps. Sur le papier, c’est un top-4 de playoffs.
À l’avant, le cœur de l’équipe reste là : Lukas Wallmark, Jakob de la Rose et Samuel Walser au centre, Patrick Bertschy et Sandro Schmid autour, plus l’éternel Julien Sprunger qu’il faudra ménager. Le grand coup, c’est Henrik Borgström : gabarit, technique et un style parfait pour l’identité physique de Gottéron. Derrière, Attilio Biasca, Lucas Hedlund et d’autres jeunes suisses poussent. « Il y a enfin une vraie concurrence dans le bottom six, ça change tout », souffle un entraîneur rival qui préfère garder l’anonymat.
LE DÉFI RÖNNBERG
Le nouvel entraîneur Roger Rönnberg arrive avec une mission : transformer cette énergie en constance. Ses premières semaines à la bande ont marqué. C’est carré, exigeant, mais les joueurs répondent. Après des années agitées sur le banc, Fribourg respire. Et l’unité retrouvée se sent jusque dans les tribunes : la BCF Arena est déjà annoncée à guichets fermés pour quasiment toute la saison, encore une fois.
Verdict ? Gottéron n’est plus une équipe en transition. C’est un collectif mûr, piqué par la frustration des blessures (Wallmark et de la Rose aux abonnés absents en playoffs) et porté par une profondeur enfin réelle. Les Dragons ne promettent pas des feux d’artifice chaque soir, mais une chose est claire : ils ont l’air plus solides, plus prêts. Fribourg ne jouera pas pour survivre, mais pour déranger les géants…