NATIONAL LEAGUE – Le bilan tactique des meilleurs Romands aux deux-tiers de la saison

NATIONAL LEAGUE – Le bilan tactique des meilleurs Romands aux deux-tiers de la saison

Photos: Laurent Daspres, Illustration: PH

Aux deux tiers de la saison régulière 2025/26, la National League ressemble à un ensemble serré où la qualité collective prime sur les individualités isolées et où les équipes romandes tirent globalement leur épingle du jeu. Avec trois d’entre elles bien installées dans les cinq premiers du classement général, on constate une vraie progression du hockey romand dans son ensemble, même si certains profils restent inconstants selon les journées et les adversaires rencontrés.

Le classement actuel donne une bonne photographie de cette lutte serrée : les Romands occupent des places enviables autour du podium, avec Fribourg-Gottéron et Lausanne HC juste derrière le leader qui domine nettement, et Genève-Servette en embuscade dans la première moitié haute du tableau. Sur le plan tactique, plusieurs tendances se dégagent : l’ensemble du haut du classement mise sur une construction patiente, mesurée et basée sur la possession, plutôt qu’un jeu direct uniquement fondé sur la vitesse pure. Cela se traduit par une importance accrue accordée aux sorties de zone propres, aux transitions calmes et structurées, ainsi qu’à une lecture collective des rondelles perdues et récupérées. Ces schémas favorisent non seulement la création de chances de qualité mais aussi une meilleure protection de la zone défensive. Cette tendance se lit dans les statistiques de points : les équipes les mieux classées affichent des différences de buts positives assez marquées, signe d’efficacité offensive tout en maintenant des standards défensifs solides (pour le GSHC, aux 109 buts encaissés, il faut relativiser en raison des deux roustes enregistrées en début de saison)..

Dans ce contexte global, la régularité est au centre des débats : ceux qui parviennent à stabiliser leurs performances sur 60 minutes gagnent des séries importantes de victoires, tandis que les équipes plus irrégulières voient leurs ambitions fondre rapidement. C’est exactement ce qui explique les oscillations de Genève-Servette, encore lui : capable de rivaliser avec les premiers certains soirs, l’équipe montre parfois des phases défensives mal synchronisées, notamment sur les transitions adverses rapides ou lors de pertes de rondelles dans la zone neutre, ce qui coûte des points précieux sur le fil.

Une National League ouverte sur le plan du jeu

Sur le plan statistique individuel, certains chiffres parlent d’eux-mêmes : le total de points marqués augmente globalement cette saison, avec une moyenne de plus de trois buts par équipe à domicile et près de deux et demi à l’extérieur sur l’ensemble des matchs joués, ce qui souligne une National League plus ouverte et plus offensive qu’on ne l’a parfois imaginée. Les schémas tactiques en supériorité numérique de nombreuses équipes montrent aussi un penchant pour des cycles de puissance plutôt positionnels, mettant l’accent sur des passes plates et des écrans devant le gardien plutôt que de simples tirs isolés. En infériorité numérique, le jeu se recentre souvent sur une dureté physique contrôlée et le blocage de lignes de tirs centrales, ce qui se voit dans certaines séries de matchs où des pénalités mal gérées ont coûté des buts clés.

Cette saison met aussi en évidence la nécessité d’une profondeur de banc effective : les équipes capables d’alterner leurs sextuples offensifs et de garder une intensité défensive élevée sur toutes leurs lignes sont celles qui performent le mieux, à l’exemple de Gottéron ou d’un Lausanne HC qui a mis du temps pour retrouver son caractère défensif après le départ d’arrières essentiels à l’intersaison. La confrontation de la lecture du jeu collectif contre des coups de génie individuel se reflète dans les feuilles de match récentes : il ne suffit plus d’un seul grand buteur pour emporter des succès, mais bien une symphonie de contributions multipliées et synchronisées.

Ainsi, à ce stade de la saison, on peut dire que le championnat offre un mélange équilibré de hockey technique, de stratégie collective et de situations où les ajustements tactiques en cours de match font la différence. En matière de gestion du personnel, Roger Rönnberg (Fribourg) et Geoff Ward (Lausanne) sont un vrai bonus pour leurs équipes respectives. Ville Peltonen un peu moins à Genève où sa tâche semble de devoitr encore retirer la qualité de son contingent suisse avant même de peaufiner les détais qui pourraient faire la différence.

Prochains matchs NL
Prochains matchs SL
Prochains matchs MHL
Prochains matchs WL
Prochains matchs U20 Elite

>>>

>>>