Le HCC est à la croisée des chemins. Après trois ans et demi de succès, le message de Louis Matte s’est usé. Les méthodes du Québécois ne passaient plus dans le vestiaire. Résultat:Loïc Burkhalter reprend les commandes, avec une mission claire: relancer une équipe qui s’essouffle.
Rédaction
Philippe Ducarroz
La décision officielle est tombée ce lundi, mais elle était dans l’air depuis longtemps. Déjà le 7 novembre, le club annonçait qu’il ne prolongerait pas le contrat de son entraîneur principal. «Nous sentions déjà que le message de Louis Matte et ses méthodes ne passaient plus», explique Olivier Calame, président du HCC. Comprenez: durant l’été, le président n’était déjà plus convaincu que Matte ferait l’affaire pour la saison 2025/26. Intervient aussi l’aspect financier: «Louis était encore sous contrat. Mais il y a eu des bruits, des rumeurs qui l’envoyaient à Sierre. Ça a trainé tout l’été, on a attendu qu’il nous en parle, rien n’est venu. Nous sommes donc repartis avec lui.»
Lors l’annonce de la non-reconduction du contrat, le 7 novembre, l’espoir était surtout d’apporter un nouveau souffle aux Mélèzes. Cela a marché dans un premier temps, mais pas dans la durée. Le message de Matte, parfois cassant, ne passait plus dans le vestiaire. Et plusieurs épisodes cette saison – départ de Sondre Olden ou blessures de Matthew Boucher, n’ont pas aidé. Avec encore dix matches à jouer, le club a choisi une solution interne. Loïc Burkhalter, directeur sportif et entraîneur-assistant, assure l’intérim, épaulé par Santeri Matikainen, coach des gardiens. Un Burkhalter qui a le droit d’être mal à l’aise vis à vis de son ex-coach. Imaginez: l’assistant qui vire l’entraîneur principal! Après une discussion des membres dirigeants suite la défaite fatale à Louis Matte «bien au-delà de minuit!», Burkhalter a été informé de la décision. Le lendemain, c’est avec le président qu’il annonçait au coach son licenciement. Épisode aussi qui doit maintenant faire réfléchir dans les bureaux du HCC. La solution, crédible au début, semble aussi avoir fait son temps. Mais Calame botte en touche, évoquant toujours les finances du club et l’impossibilité de remplacer Burkhalter à la bande. Et si, alors, l’actuel directeur technique devenait une solution à plus long terme? Le président Calame coupe tout de suite: «Loïc ne veut pas être coach principal.»
Par contre, c’est à Burkhalter maintenant de présenter des successeurs. Le Conseil d’Administration auditionnera les candidats, prendra sa décision et ce sera alors au directeur technique de régler les problèmes administratifs, notamment salariaux. Et il devra faire vite: Olivier Calame aimerait avoir son nouveau coach pour la finale de la National Cup, dans dix jours. «Ça veut dire que ce sera quelqu’un qui connait bien le championnat suisse. Ce n’est pas le moment d’aller voir à l’étranger.» Une sorte de pompier pour la fin de saison, donc. La perspective d’une éventuelle promotion ne change rien aujourd’hui à la recherche du nouveau patron à la bande… devant Loïc Burkhalter. Une solution qui, certes, a fait ses preuves… Car le divorce n’efface rien. Sous Matte et Burkhalter, le HCC a remporté deux titres consécutifs de Swiss League (2022/23 et 2023/24) et soulevé la National Cup en 2024/25.
