JO 2026 – La Suisse a l’ «obligation» d’affronter la Finlande

JO 2026 – La Suisse a l’ «obligation» d’affronter la Finlande

Photo: Cap/IIHF/X
Milan
Laurent Antonioli

Grâce à sa cinquième place finale au terme du tour qualificatif à ces Jeux olympiques, la Suisse affronte l’Italie, en huitièmes de finale. Cette dernière est tout simplement la pire équipe de ce tournoi, avec la France, avec trois défaites en trois rencontres et un différentiel de buts de -15 (4-19). En cas de succès, la sélection de Patrick Fischer affrontera les Finlandais, en quart de finale. Sur le papier, la différence entre ces deux nations est énorme. D’un côté, un contingent avec des joueurs confirmés en NHL. Nico Hischier (N.J. Devils) et Roman Josi (Nashville Predators) ont le C gravé sur leur maillot pour toute la saison. Deux attaquants qui tournent, depuis plusieurs saisons en NHL, à plus de 50 points comme Hischier et Timo Meier (N.J. Devils). Autre exemple aussi avec Sven Andrighetto. L’ailier des Lions de Zurich est un élément dominant en National League (NL), un des meilleurs championnats européens, depuis son retour au pays. De plus, Josi, capitaine de l’équipe, est soutenu en défense par un Janis Moser (Tampa Bay Lightning) qui s’impose comme l’un des meilleurs arrières défensifs de la NHL. Enfin, dans le contingent de Fischer, il y a neuf sélectionnés qui jouent dans la meilleure ligue au monde (Schmid, Josi, Moser, Siegenthaler, Hischier, Kurashev, Meier, Niederreiter et Suter), six qui y ont joué dans le passé (Berra, Berni, Kukan, Andrighetto, Bertschy et Thürkauf) ou encore deux qui ont été au moins draftés (Knak et Riat) par une franchise nord-américaine. Seuls Leonardo Genoni (EV Zug), Michael Fora (HC Davos), Christian Marti (Zurich Lions), Ken Jäger (Lausanne HC), Andrea Glauser et Sandro Schmid (Fribourg-Gottéron) n’ont aucun rapport de loin ou de près avec la NHL (6).

Une Italie très… internationale

De l’autre côté, aucun élément n’a tout simplement le moindre match en NHL au compteur. Juste un peu plus de 500 parties en AHL. Par contre, six Italiens connaissent la Suisse et la NL, mais sans y avoir un gros impact. Alessandro Segrafredo fait partie de l’organisation des Lions de Zurich, même s’il joue le plus souvent en Swiss League avec les GCK Lions. Tommaso De Luca connait, lui, un exercice compliqué avec le HC Ambri-Piotta (15 points en 46 matches), alors que Giovanni Morini n’a comptabilisé que dix unités avec le HC Lugano (4 buts – 6 passes en 44 matches). Son coéquipier en club, Marco Zanetti, n’a que deux réussites en 32 rencontres (5 assists). Blessé contre la Finlande, Diego Kostner (HC Ambri-Piotta) ne pourra pas affronter les Suisses. Le reste de la sélection transalpine est composé de joueurs patinant en ICE Hockey League, une ligue où évoluent huit clubs autrichiens, trois hongrois, un slovène et deux italiens avec le HC Bolzano et HC Pustertal/Val Pusteria. Seulement quinzième au classement des compteurs dans ce championnat (11-29, 40), Matt Bradley (HC Bolzano) est le meilleur buteur du sélectionneur finlandais Jukka Jalonen, deux fois champions du monde avec son pays en 2019 et en 2022. Mais il n’est que le quatrième compteur de Bolzano. Comme Bradley, qui est d’origine canadienne, il y a beaucoup de joueurs qui ne sont pas italiens à la base. Les défenseurs Dylan DiPerna, Greg DiTomaso, Phil Petroniro, Jason Seed et les attaquants Cristiano DiGiacinto, Daniel Mantenuto, Alex Petan sont tous nés au Canada. Le centre Mikael Frychlund vient lui de Vaästeräs en Suède, alors que Dustin Gazley et Nick Saracino proviennent des États-Unis. A noter que Bradley (2 buts en 3 matches dans ces JO) et DiGiacinto n’avaient aucune « cap » avant ces Jeux olympiques.
Dans ce contingent de l’Italie, il y a également la présence de Davide Fadani (Kloten) comme deuxième gardien derrière Damian Clara. Ce dernier sera l’élément clé de la partie. Drafté au deuxième tour par les Ducks d’Anaheim, le portier de Brynäs en première division suédoise a montré de belles choses, notamment lors de sa première sortie contre la Suède avec 46 arrêts sur 49 lancers (93.88 %). La formation de Fischer devra trouver le moyen de le transpercer pour le « refroidir » le plus vite possible, avoir un match facile à gérer et se faire plaisir en attaque.

Plus d’efficacité requise pour la Suisse

Au vu de tout cela, la « Nati » n’a donc pas d’autre choix que de battre cette Italie, qui sera très défensive et regroupée devant son gardien, et si possible avec la manière et avec des buts. Elle doit surtout profiter de la faiblesse de cet adversaire pour améliorer son efficacité face à la cage adverse. Avant ce barrage, la Suisse n’est que neuvième à ce classement avec 9.28 % de réussite (9 buts sur 97 tirs). Dans cette statistique, elle est devancée notamment par le Danemark (10.0 %), la France (9.43 %) et la Lettonie (9.33 %). Les coéquipiers de Josi devront continuer de rester performante sur leur jeu de puissance (3e) et profiter de chaque opportunité donnée par l’indiscipline adverse.
Aux Jeux olympiques, ces deux pays se sont affrontés à quatre reprises pour un bilan de deux victoires helvétiques, un nul et une défaite. La dernière confrontation a eu lieu en 2006. A Turin, déjà en Italie, il y avait eu 3-3. Dans cette partie, la Suisse menait 2-0 grâce à des buts de Romano Lemm (4e) et d’un certain Patrick Fischer (7e), avant de réussir à sauver un point à trois minutes de la fin par Ivo Rüthemann. « Après la victoire contre le Canada, on était émotionnellement et physiquement parlant fatigués. D’ailleurs, on sortait d’un 2-2 contre l’Allemagne. Ensuite, à 2-0, on s’est relâché et s’est vu un peu trop beau. En face, on avait une équipe morte de faim qui voulait faire son match référence. Heureusement, on a été capable d’égaliser en fin de partie », se rappelle le défenseur Olivier Keller, présent sur la glace ce jour-là. Du coup, les Helvètes peuvent-ils se voir trop beau ce mardi ? « Il ne faut jamais sous-estimer le lapin comme l’ont montré les MontyPython dans le passé. Fischer connaît ce type de rencontre. Il l’a lui-même vécu. C’est un match couperet et la pression est sur la Suisse. Mais j’ai vu tous leurs matches, c’est une superbe équipe. Elle a beaucoup de qualité et d’expérience (En 2006, il y avait 3 joueurs en NHL, 9 cette année). Ca va être un combat, mais, avec son statut actuel, elle doit passer en quarts de finale. Elle doit se rendre le match facile et que cela devienne, au final, une formalité. » A noter que les Suisses n’ont plus perdu depuis quatre affrontements au championnat du monde contre les Transalpins (2-1 en 2007, 3-0 en 2010, 9-0 en 2019 et 5-2 en 2022).

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