Rédaction
Filippo Frizzi
Il y a une semaine, Joren Van Pottelberghe rentrait en bus de Porrentruy, où le HC Lugano venait de subir une défaite aussi surprenante que frustrante, alors que le match semblait déjà acquis. Comme ses coéquipiers, le gardien avait le regard dans le vide et se posait mille questions. Puis, lundi, le coup de tonnerre : Van Pottelberghe apprend qu’un échange est envisagé. Robert Mayer quitterait Genève pour le Tessin, tandis qu’il prendrait la direction de la cité de Calvin. À peine le temps de vider son casier à la Cornèr Arena que, jeudi, il se présentait aux Vernets pour son premier entraînement avec ses nouveaux coéquipiers. Parmi ceux qui ont le plus regretté son départ figure son collègue Nicklas Schlegel. Au cours des deux dernières années, les deux gardiens ont développé, au-delà d’une saine concurrence, une véritable amitié qui perdurera malgré leur séparation. Ils seront d’ailleurs bientôt adversaires, sous les couleurs du Genève-Servette HC et du HC Lugano. Octobre est donc un mois charnière dans la carrière de JVP. Deux ans plus tôt, il s’était blessé en promenant son chien sur les rives du Cassarate. Vingt-quatre mois plus tard, le portier né à Zoug, mais d’origine belge, rejoint une équipe qui figure parmi les favorites de cette saison de National League.
Joren, les négociations ont été très rapides. Comment cet échange s’est-il concrétisé?
Lundi dernier, j’ai appris qu’un transfert à Genève était envisageable. J’en ai immédiatement parlé avec ma famille. Je suis arrivé à Genève jeudi pour mon premier entraînement. Je resterai quelques jours à l’hôtel, puis le club me trouvera un logement définitif. Ces derniers jours ont été très mouvementés, mais c’est une occasion que je ne pouvais pas refuser. J’espère que les supporters luganais ne m’en voudront pas. Je tiens à les saluer et à les remercier pour le soutien qu’ils m’ont toujours témoigné. Mes premières impressions à Servette sont bonnes : j’ai été très bien accueilli et j’espère faire rapidement connaissance avec mes nouveaux coéquipiers.
Vous passez du rôle de deuxième gardien à Lugano à celui de doublure de Charlin à Genève. Vous aurez néanmoins la possibilité de disputer la Champions Hockey League?
Absolument. Pouvoir jouer en Champions Hockey League, ou même simplement découvrir l’atmosphère de cette compétition, sera vraiment spécial pour moi. Se mesurer aux équipes les plus compétitives d’Europe est une source de motivation considérable.
Le 7 octobre 2024 est une date que vous n’oublierez pas de sitôt…
Je promenais mon chien, qui s’appelle Vino, lorsque j’ai glissé sur une pierre au bord du Cassarate, à Lugano. Dans un premier temps, malgré quelques difficultés, j’ai réussi à rejoindre ma voiture, puis la Cornèr Arena. Le staff médical m’a conseillé de me rendre à l’hôpital. Je ne ressentais pas de douleur, mais le diagnostic a été sans appel : plusieurs fractures à la cheville et une opération réalisée par un spécialiste à Bâle.
Dans quel état d’esprit affronterez-vous votre ancienne équipe? Avez-vous demandé conseil à Matthew Verboon, un ancien Luganais?
Intégrer un nouveau vestiaire n’est jamais facile. Mais, dans mon cas, c’est un peu différent : presque tout le monde me connaît puisque nous nous sommes déjà affrontés en ce début de saison. Et puis, un gardien vit un peu dans son propre monde. J’ai déjà échangé quelques mots avec Charlin. Ce sera étrange d’affronter Lugano, mais nous sommes des professionnels. Après l’émotion des premiers instants, je ferai tout pour défendre mes nouvelles couleurs.
Ai-je raison de dire qu’à Lugano, vous avez trouvé beaucoup de coéquipiers, mais surtout un véritable ami en Nicklas Schlegel?
Avec Schlegel, nous avons toujours eu la possibilité de défendre nos chances, en sachant tous les deux que la saison serait longue et que nous aurions chacun du temps de jeu. Nicklas et moi avons une véritable amitié, même en dehors de la glace. Il m’a toujours soutenu, y compris après ma blessure il y a deux ans. Le hockey n’est plus celui d’autrefois, où il y avait un numéro un et une doublure. Aujourd’hui, pour rivaliser au plus haut niveau, il faut pouvoir compter sur deux bons gardiens.
Vous avez grandi à Zoug et, à seulement 16 ans, vous avez décidé de partir en Suède, à Linköping. Comment avez-vous vécu cette expérience?
J’ai fêté mes 16 ans à Linköping. Après m’être entraîné avec des jeunes de mon âge et avoir pris connaissance de leur projet, j’ai décidé de tenter l’aventure. J’ai pu concilier le hockey et les études, et ce fut une expérience inoubliable. Je vivais dans un immeuble de six appartements, dont cinq étaient occupés par des joueurs de hockey. Nous nous entraidions pour le ménage, la cuisine et la lessive.

