Le Lausanne HC a touché le fond hier soir à la Vaudoise aréna. Battus 9-3 par les SCL Tigers, les Vaudois ont sombré dès le premier tiers, encaissant six buts en moins de 17 minutes. Une déroute historique par son scénario, qui soulève des interrogations sur la solidité défensive, la discipline et la capacité de réaction d’une équipe qui restait pourtant sur de bonnes performances à domicile. Le scénario a rapidement échappé aux hommes de Geoff Ward. À la 6e minute, Gian Meier a ouvert le score sur un palet dévié dans son propre but par Nathan Vouardoux. OK, on mettra ça sur la faute à pas-de-chance. Nando Eggenberger a doublé la mise moins de deux minutes plus tard, avant qu’André Petersson ne porte le score à 3-0. Kevin Pasche, héros du derby remporté 2-0 contre Fribourg trois jours plus tôt après avoir repoussé les 33 tirs adverses, a alors cédé sa place à Ewan Huet, après 11’23. Pasche allait revenir au jeu au début de la 2ème période… avant de céder à nouveau sa place à l’entame du dernier tiers. Mais ces changements n’ont pas enrayé l’hémorragie. Les deux portiers ressortent avec un petit 75% d’arrêts chacun. Lausanne a concédé trois buts supplémentaires en infériorité numérique, dont deux en l’espace de quelques secondes, pour rejoindre le premier thé avec un retard de six longueurs. Un tel effondrement est exceptionnel : une équipe menée 6-0 après un peu plus de 16 minutes, cela ne s’était produit que deux fois auparavant au plus haut niveau suisse. Le dernier précédent remontait à 1989.
La déroute ne s’explique pas par un seul facteur. Le premier tiers a révélé une équipe désorganisée, incapable de contenir les offensives adverses et trop vulnérable lorsqu’elle évoluait en infériorité numérique. Les Tigers, eux, ont exploité presque chaque occasion avec une efficacité redoutable, notamment en supériorité. La profondeur de l’effectif constitue également un élément important. Lausanne était privé de six joueurs annoncés blessés : Erik Brännström, Austin Czarnik, Curtis Lazar, Aurélien Marti, Colin Miller et Ahti Oksanen. Ces absences touchent aussi bien la défense que l’attaque et réduisent les options à disposition du staff. Ces circonstances peuvent atténuer le constat, mais elles ne suffisent pas à justifier une telle défaillance collective. Après avoir été dominés dans les premières minutes, les Lausannois n’ont pas réussi à retrouver une structure défensive suffisamment solide pour empêcher Langnau de continuer à creuser l’écart.
Une réaction trop tardive
Le LHC a tenté de limiter les dégâts. Stefan Rüegsegger a inscrit le premier but vaudois à la 29e minute, mais Eggenberger a redonné six longueurs d’avance aux visiteurs avant la deuxième pause. Dans le dernier tiers, Jérôme Bachofner et Dario Allenspach ont encore alourdi le score jusqu’à 9-1. Jason Fuchs, puis Yannick Zehnder en infériorité numérique, ont ramené le résultat à 9-3. Une réaction qui a évité une défaite encore plus lourde, sans toutefois changer la nature d’une soirée où Lausanne n’a jamais été en mesure de rivaliser durablement avec son adversaire. La soirée a aussi été marquée par l’expulsion de Ray Fust, sanctionné d’une pénalité majeure et d’une pénalité de match pour une placage contre la bande plein de frustration. Son intervention a par ailleurs blessé le défenseur de Langnau Gian Meier, qui a dû quitter la glace. Cet épisode ajoute un volet disciplinaire à une rencontre déjà très compliquée pour les Vaudois.
Au classement, Lausanne reste septième avec 24 points après 18 rencontres, mais sa différence de buts est désormais de -7. Les SCL Tigers, eux, consolident leur position dans le groupe de tête avec ce succès retentissant. Le plus préoccupant pour le LHC n’est pas uniquement le nombre de buts encaissés, mais la manière dont la rencontre lui a échappé. Après une victoire convaincante contre le champion fribourgeois, cette défaite rappelle que la régularité reste un chantier. Le calendrier ne lui laisse guère de répit : Lausanne se déplace à Lugano demain, avant de recevoir Davos samedi. Pour Geoff Ward et son staff, l’urgence est désormais de transformer cette humiliation en électrochoc. Une soirée noire peut rester un accident: si les mêmes failles réapparaissent, elle risque de devenir le symptôme d’un problème plus profond. Le Lausanne HC doit une réponse à ses supporters, et celle-ci devra se lire sur la glace.

