C’est vrai, on peut se poser la question: Lars Weibel, encore en fonction au sein de la SIHF jusqu’au 31 mai, est-il totalement étranger à la venue de Jussi Tapola à la bande du HC Ambrì-Piotta? Officiellement, il n’a rien à voir là-dedans. Officieusement, dans les coulisses de la Gottardo Arena, tout indique que la décision de se séparer d’Eric Landry et de René Matte, puis de confier l’équipe à Tapola et Pasi Puistola, a été prise sous son impulsion. Ce qui serait beaucoup plus problématique.
Évidemment, nous n’arriverons pas à le prouver. Mais tout concorde pour un scénario trop idéal: la décision avait été prise bien avant de connaître le résultat du match contre Fribourg (voire même la veille contre Genève), les joueurs n’ont été informés du changement qu’après la deuxième rencontre, tandis que le communiqué officiel est tombé tard dans la nuit. Mais peut-on imaginer le club effectuer un virage à 160 degrés dans sa philosophie sportive et ne pas intégrer son nouveau chef dans la décision? Même si Ambrì-Piotta fait preuve d’un amateurisme effrayant (dixit notre consultant Laurent Perroton dans le Journal du Hockey d’hier), il semblerait inconcevable de ne pas associer Weibel au départ forcé du duo de techniciens, décision regrettable s’il en est contre un coach en phase d’accomplissement et un adjoint tellement fidèle au HCAP que l’on peut parler de méchante gifle imméritée.
Toute la question est de savoir maintenant si Tapola, qui débarque pour l’instant en pompier, a reçu d’éventuelles garanties pour continuer son aventure léventine par la suite en cas de fin de saison positive, ou s’il ne fait figure que de coach pas cher puisque Berne paie encore une partie désormais de son salaire. Et puis, point crucial, aurons-nous peut-être une réponse à la question de base: et si, par le plus grand des hasards (?) le nouveau coach pour 2026/27 devait s’appeler… Christian Wohlwend? Là, il n’y aurait plus l’ombre d’un doute sur l’implication du nouveau directeur sportif dans ce triste épisode.
