Il sera le premier adversaire de l’équipe de Suisse lors du tournoi olympique, et sera donc scruté particulièrement: l’attaquant ajoulot Pierre-Édouard Bellemare – dont le rêve olympique l’a fait prolonger sa carrière dans le Jura – va vivre un moment unique dans sa carrière. Avec l’impact voulu pour ées Bleus? Pas sûr. La forme actuelle de Bellemare interroge. À Porrentruy, le temps semble peu à peu rattraper l’un des cadres de l’effectif. Freiné par des pépins physiques récurrents ces dernières semaines, le vétéran peine à retrouver le niveau d’influence qui était encore le sien la saison passée. Revenu à la compétition à la fin du mois de janvier, il affiche un manque de rythme évident, tant dans l’exécution que dans la prise de décision.
Son jeu, autrefois synonyme de fiabilité et de leadership, souffre aujourd’hui d’un retard constant : contrôles approximatifs, relances manquées et gestion hésitante du puck se sont multipliés. Déjà en difficulté face à Bienne, il a ensuite commis une erreur lourde de conséquences contre Rapperswil, avant de passer une nouvelle soirée compliquée à Berne, où il n’est jamais parvenu à tirer son équipe vers le haut. Au-delà des statistiques (une semaine conclue sans le moindre point et un différentiel de -8), c’est surtout son influence globale qui interpelle. À l’heure où l’équipe de France, l’équipe aurait besoin d’un leader supplémentaire capable de stabiliser le jeu dans les moments clés, on n’est pas certain que Bellemare puisse encore faire la différence, comme à ses plus belles années. Or, entre l’accumulation des blessures, la fatigue d’une longue carrière et l’intensité croissante du championnat, le déclin observé semble désormais structurel plus que passager. Par contre, il reste une voix qu’on écoute. Ce sera peut-être là sa principale contribution durant le tournoi milanais.
