Rédaction
Marc Savary
La HCVW Academy incarne aujourd’hui une nouvelle dynamique pour le hockey sur glace valaisan. Cette structure cantonale a pour objectif de regrouper les talents, d’élever le niveau de jeu et d’offrir de réelles perspectives de développement aux jeunes joueurs et joueuses du canton, tout en respectant l’identité et l’autonomie des clubs formateurs. L’Academy s’appuie sur trois équipes orientées performance, réunissant environ 80 joueurs, encadrés par des coachs professionnels, un coach gardiens, un coach vidéo et un encadrement hors glace.
Elle fédère également trois équipes affiliées – U16 Top Monthey, l’équipe féminine SWHLD Monthey et l’équipe féminine SWHLC Sierre – qui porteront les couleurs de l’Academy et bénéficieront prochainement d’un accompagnement renforcé. Plus largement, la HCVW Academy soutient l’ensemble des clubs partenaires du canton, soit près de 800 joueurs, dont environ 60 filles, et assure un lien structuré vers le hockey actif, de la SL aux ligues régionales. Mais pour mesurer l’ampleur de cette évolution, il est essentiel de croiser les regards. Celui d’un joueur formé dans le Valais d’hier et celui d’un acteur impliqué dans le hockey valaisan d’aujourd’hui permettent de dessiner un parallèle éclairant.
Martigny hier, le Valais aujourd’hui : regards croisés
Inutile de présenter Thibaud Monnet international suisse dont la carrière a débuté à Martigny en 1996, au niveau U17. À cette époque, la formation reposait avant tout sur la passion, l’engagement local et des moyens limités. Toujours en contact avec le club et plusieurs entraîneurs, il observe avec intérêt l’évolution actuelle. Pour lui, la mise en place de la HCVW Academy marque un tournant clair. « Actuellement en Valais, avec la mise en place de l’Academy, à partir des U14, ça va dans le bon sens. C’est bien pour les jeunes». Un constat que partage, sous un autre angle, Armel Gendre, Fribourgeois installé en Valais depuis une année. Son arrivée dans le canton s’est faite pour une raison très concrète: « Je suis venu pour le niveau de jeu, car il n’y a plus ce niveau de jeu sur Fribourg: soit plus haut, soit en dessous». S’il reconnaît la forte culture hockey fribourgeoise, il pointe aussi ses limites: « Si tu n’es pas à Fribourg même, tu n’es quasiment pas considéré et c’est très compliqué d’avoir les choses. »
Des structures plus solides, mais un même défi
Pour Armel Gendre, le Valais offre aujourd’hui un environnement plus ouvert. « Sur le Valais et avec l’Academy, tu as des possibilités d’aller plus haut, déjà grâce à leur partenariat entre chaque équipe, et surtout il y a les infrastructures pour et des écoles.». Il cite notamment l’exemple de l’ECCG de Martigny et de la filière SAF, qui permet de concilier sport et études. Monnet confirme que la professionnalisation est l’une des grandes évolutions par rapport à son époque: « Niveau préparation physique, il y a beaucoup plus qu’avant. Les joueurs sont mieux préparés.» Il souligne toutefois que tout n’est pas parfait: « Certaines choses sont bonnes, après il y aurait aussi des points à améliorer. » Les deux visions se rejoignent sur un point clé: la nécessité de bien utiliser les structures. Monnet avertit: « Parfois, les clubs minimisent les investissements pour la formation – coachs, suivi – et c’est là qu’ils doivent changer un peu la vision. »
Centraliser sans brider le jeu
L’un des piliers de la HCVW Academy est la centralisation des talents. Un aspect que défend Gendre: « Les choses ne sont pas éparpillées dans tout le Valais, donc on peut avoir les meilleurs et toujours une concurrence pour s’améliorer. » Un environnement propice à l’engagement total. « Les jeunes sont là pour jouer et donnent le meilleur d’eux-mêmes. » Mais Monnet apporte une nuance essentielle, héritée de son expérience: « Aujourd’hui, on base peut-être trop souvent sur le système de jeu, au lieu de laisser jouer, le sens du hockey. » Selon lui, structurer est indispensable, mais sans étouffer la créativité.
Sur le fond, le discours adressé aux jeunes est étonnamment similaire, malgré les années qui séparent les deux parcours. Pour Armel Gendre, « Il faut continuer de travailler, ne jamais lâcher et prendre les opportunités quand elles se présentent. » Et si elles n’existent pas encore, « Va les créer toi-même en travaillant encore plus fort. » Thibault Monnet rappelle, lui, l’essentiel: « À la fin, le plus important, c’est le plaisir, une bonne structure et une bonne activité. » Et relativise les parcours « Si tu performes en élite ou en top, le but reste d’être pro. Le chemin que tu prends, au final, c’est égal. »
Entre le Martigny des années 1990 et le Valais structuré d’aujourd’hui, le hockey a profondément évolué. La HCVW Academy symbolise ce passage : plus de moyens, plus de cohérence, mais toujours la même passion et la même exigence. En croisant les regards de Thibault Monnet et d’Armel Gendre, une évidence se dégage : le progrès ne vient pas d’une rupture, mais d’une continuité intelligente. Une démonstration claire que l’unité cantonale est une force.
