KLOTEN – Une lanterne rouge qui cumule les signaux d’alarme

KLOTEN – Une lanterne rouge qui cumule les signaux d’alarme

Image: Cap/National League/YouTube/IA

Entre une hécatombe de blessures, une défense trop friable et une attaque en panne, le EHC Kloten traverse un début de saison particulièrement inquiétant. Le succès à Davos, le 9 octobre dernier, n’a pas suffi à enrayer la crise : battu par Zoug le surlendemain à domicile, Kloten reste au fond du classement. Le soulagement aura été de courte durée. Kloten avait retrouvé le sourire en s’imposant 4-1 sur la glace du HC Davos, mettant fin à une série de sept défaites consécutives. Mais le retour à la SWISS Arena, dimanche, a brutalement rappelé l’ampleur du chantier. Battus 3-1 par Zoug, les Zurichois ont concédé un nouveau revers devant leur public. Après onze rencontres, leur bilan affiche neuf points et une différence de buts de -17.

Les chiffres des dernières sorties à domicile sont particulièrement éloquents : 1-4 contre Fribourg-Gottéron, 0-6 face aux SCL Tigers, 1-4 contre Berne et 1-3 contre Zoug. Dans cette série, Kloten n’a inscrit que trois buts en quatre rencontres. Une production offensive aussi maigre laisse peu de marge d’erreur, même lorsque l’équipe parvient à rester dans le match. Le succès à Davos avait pourtant laissé entrevoir une réaction encourageante. Les hommes de Lauri Marjamäki avaient fait preuve d’efficacité, marqué quatre fois et retrouvé une certaine confiance. Mais cette embellie n’a pas résisté à l’épreuve du lendemain. Face à Zoug, Petteri Puhakka a bien égalisé à 1-1, sans que Kloten parvienne ensuite à faire basculer la rencontre. Le problème dépasse donc le simple manque de réussite devant le but. Le club doit retrouver davantage de constance dans son jeu offensif et éviter que les bonnes séquences restent sans lendemain.

Le directeur sportif Ricardo Schödler a lui-même identifié une faiblesse majeure : «Kloten encaisse trop de buts, et surtout des buts évitables.» Après la lourde défaite 2-6 contre Langnau, il a insisté sur la nécessité de travailler avec davantage de rigueur et d’engagement défensif. Cette fragilité pèse lourd dans une équipe qui peine déjà à marquer. Lorsque la défense concède des occasions trop facilement, les gardiens sont davantage exposés et le groupe se retrouve rapidement contraint de courir après le score. Les larges défaites contre Langnau ou Fribourg ont illustré ce déséquilibre. Le problème est aussi collectif : la protection de l’enclave et la capacité à fermer un match devront progresser. Il ne suffit pas de mieux défendre pendant quarante minutes si les erreurs individuelles ou les pertes de contrôle dans les moments clés continuent de coûter cher.

L’infirmerie, un handicap considérable

Les blessures constituent l’autre explication majeure de cette mauvaise passe. Au début du mois d’octobre, Schödler évoquait une situation exceptionnelle, avec sept joueurs ou davantage indisponibles. Parmi les absents figuraient notamment Reto Berra, Brandon Gignac, Noah Delémont, Nicholas Steiner, Leandro Hausheer, Joel Henry, Michael Hügli et Simon Meier, auxquels s’est ajouté Raphael Prassl. La liste a évolué au fil des jours, mais l’accumulation des forfaits a fortement réduit les possibilités du staff. Le cas de Prassl est particulièrement cruel. Recruté durant l’été en provenance du Lausanne HC, le centre de 28 ans a subi une rupture des ligaments croisés du genou lors de la défaite contre Langnau, le 3 octobre. Sa saison est terminée. Kloten perd ainsi un joueur suisse expérimenté à une position essentielle, alors que l’équipe cherche précisément à stabiliser ses lignes et à retrouver une production offensive régulière. Hausheer a également été annoncé indisponible pour une période prolongée en raison d’une blessure à l’épaule. Dans ces conditions, les retours de Berra et de Pontus Åberg représentent des nouvelles bienvenues, mais ils ne peuvent effacer instantanément les conséquences d’une telle accumulation d’absences.

Schödler refuse toutefois de réduire la crise à un problème de profondeur de banc. Le directeur sportif estime que l’effectif a été construit dans des proportions comparables à celles des saisons précédentes. Il n’exclut pas de renforcer l’équipe, mais souligne qu’une arrivée doit correspondre aux besoins sportifs et aux possibilités financières du club. Le constat est important : les blessures expliquent une partie des difficultés, mais elles ne justifient pas tout. Même diminué, Kloten doit mieux exploiter ses occasions, limiter les erreurs et obtenir davantage de ses joueurs disponibles. La régularité des étrangers et des éléments appelés à assumer des responsabilités sera déterminante. La question d’un renfort mérite donc d’être suivie, sans faire d’un transfert une solution miracle. Le marché peut offrir une option supplémentaire, mais il ne corrigera pas à lui seul les lacunes dans l’organisation du jeu.

Marjamäki: pas de procès prématuré

Pour Michael Liniger et son staff, l’urgence consiste désormais à enrayer cette spirale. Le calendrier récent a montré une équipe capable de réagir à Davos, mais encore incapable de reproduire cet engagement et cette efficacité lors de la rencontre suivante. Le retour de plusieurs joueurs pourrait offrir davantage de possibilités pour recomposer les lignes, mieux répartir les charges et rétablir une concurrence interne. Mais le temps presse : une lanterne rouge qui accumule les défaites risque de voir le doute s’installer durablement. Il serait néanmoins prématuré de désigner un responsable unique. Les difficultés actuelles relèvent d’un ensemble de facteurs. La réponse devra être collective. Le prochain rendez-vous à domicile, vendredi contre Ambri-Piotta, prend ainsi une importance particulière. Pour éviter de laisser la crise s’enraciner…

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