RÉDACTION
Filippo Frizzi
Il y a deux ans, sa vie a basculé du jour au lendemain. Aujourd’hui, revoir Kevin Bozon sur la glace est une véritable source de joie pour les supporters du HC La Chaux-de-Fonds, mais aussi pour l’ensemble des acteurs du hockey. En 2024, les médecins lui ont diagnostiqué la maladie de Crohn, une affection inflammatoire chronique qui touche l’intestin. Cette période difficile est heureusement derrière lui. Il avait perdu 10 kilos en peu de temps, avant de lutter contre la maladie et de retrouver progressivement une vie normale grâce à un traitement adapté. Il a ensuite pu renouer avec le hockey sur glace. Entretien.
Vous êtes dans le canton de Neuchâtel depuis le début du mois d’octobre. Quelles sont vos premières impressions sur la glace?
Je suis à La Chaux-de-Fonds depuis peu, mais j’ai déjà pu disputer quatre rencontres, dont trois se sont soldées par une victoire. Nos prestations n’ont peut-être pas toujours été les meilleures, mais l’essentiel reste de gagner. Sur le plan personnel, mon premier objectif était de retrouver la forme physique, le rythme et les bonnes sensations. Je sens que je progresse petit à petit et que je suis sur la bonne voie pour retrouver mon meilleur niveau.
Comment avez-vous été accueilli aux Mélèzes?
J’avais découvert le monde neuchâtelois il y a une dizaine d’années. Je savais donc exactement où je mettais les pieds et, surtout, à qui j’avais affaire. Les supporters sont vraiment passionnés. Comme à Ajoie, nous sommes ici dans un club de montagne, soutenu par tout un canton. Au début, j’ai été un peu surpris, car j’étais habitué aux affluences de National League. Mais lors de l’un de nos derniers matches à domicile, nous avons enregistré 3’500 spectateurs. Cela démontre tout l’intérêt que suscite l’équipe.
Et la Swiss League?
Depuis l’introduction des six joueurs étrangers en National League, ce sont les joueurs suisses qui ont perdu au change. Je m’explique : ceux qui évoluaient en troisième ligne se sont d’abord retrouvés en quatrième, avant de devoir rejoindre la Swiss League la saison suivante pour trouver du temps de jeu. Cette évolution pourrait contribuer à élever le niveau du championnat. Des joueurs comme Kilian Mottet, qui possède une longue expérience à Fribourg, ou Matteo Romanenghi, avec qui j’ai joué à Ajoie, apportent beaucoup à la Swiss League.
Le classement semble déjà se diviser en deux groupes, comme certains l’avaient anticipé. À quoi faut-il s’attendre cette saison?
Je pense qu’il est encore trop tôt pour faire des pronostics, mais ce début de championnat donne déjà des indications sur les équipes qui joueront les premiers rôles. Sierre est le champion en titre et semble avoir repris là où il s’était arrêté en avril. C’est une véritable machine: l’équipe a peu changé et elle fait figure de grande favorite pour le titre. Juste derrière, avec Viège et Bâle, La Chaux-de-Fonds veut rester dans le sillage de Sierre. Ensuite, en playoffs, tout peut arriver.
La saison dernière, La Chaux-de-Fonds est passé tout près de jouer un mauvais tour à Sierre. Contrairement aux Valaisans, vous pourriez disputer le barrage en cas de titre…
C’est un fait, et nous en sommes conscients. Mais la saison est longue. Je pense que si nous parvenons à appliquer notre système de jeu et à rester soudés en tant que groupe, nous pourrons vivre de très belles choses. Nous en reparlerons peut-être à la fin de la saison régulière, au moment d’aborder les playoffs.
Êtes-vous souvent en contact avec votre frère Tim? Quels conseils vous donne l’ailier de Genève-Servette?
Oui, nous échangeons régulièrement. Il a toujours été à mes côtés. Son conseil ? Prendre les choses jour après jour… Dès que j’en ai la possibilité, c’est-à-dire lorsque nos calendriers ne se chevauchent pas, je regarde les matches de Servette.
Timothy à Genève, vous à La Chaux-de-Fonds… et votre père Philippe ? Il doit désormais suivre deux championnats différents…
Mon père se trouve dans le sud de la France et nous suit toujours à la télévision. Il cherche un projet susceptible de le convaincre de revenir derrière la bande. Et désormais, il supporte aussi La Chaux-de-Fonds!

