Genève-Servette joue sa peau, Gottéron son mental. Battus 4-3 lors de l’acte IV, les Aigles sont menés 3-1 dans la série et n’ont désormais plus aucune marge d’erreur. Ce soir, à Fribourg, c’est simple: soit ils gagnent, soit leur saison s’arrête net. Et pourtant, tout n’est pas noir. Mais presque. Pour Fribourg, un revers aurait des effet dévastateurs dans les têtes, un succès placerait les Dragons sur une vraie rampe de lancement pour la finale. Depuis le début de cette demi-finale, Genève donne l’impression de pouvoir rivaliser… sans jamais vraiment maîtriser. Vendredi encore, les hommes de Ville Peltonen ont montré de bonnes choses, notamment dans un premier tiers engagé et structuré. Le problème? Toujours le même: les erreurs coûtent trop cher. L’exemple parfait tombe à quelques secondes de la sirène du premier tiers. En powerplay, Genève se fait surprendre et encaisse un but évitable de Christoph Bertschy. Un coup de massue, et surtout un résumé brutal de cette série: dès que ça tourne, ça tourne contre eux.
Même quand les Genevois réagissent, rien ne s’enchaîne. Jesse Puljujärvi égalise en infériorité numérique? Fribourg répond
immédiatement. Et même violemment. Jeremi Gerber, puis encore Bertschy, puis Samuel Walser: les Dragons frappent juste, vite, et au pire moment pour leurs adversaire: 1-4 après deux tiers. Rideau? Pas encore. Comme souvent dans ce genre de situation, Genève a fini par pousser. Plus direct, plus tranchant, plus urgent aussi. Vincent Praplan réduit l’écart, Simas Ignatavicius relance complètement le match. Les dernières minutes sont étouffantes, Fribourg plie, mais ne rompt pas. Et c’est bien là toute la différence dans cette série.
Fribourg, froid et efficace
En face, Gottéron déroule avec une maîtrise impressionnante. Pas forcément spectaculaire, mais terriblement efficace. Chaque erreur adverse est sanctionnée, chaque moment clé est gagné. C’est du hockey de playoffs dans sa version la plus clinique. Avec un 3-1 dans la série et deux matchs à domicile encore possibles, les Fribourgeois ont toutes les cartes en main. Et surtout, ils avancent avec un avantage majeur: leur solidité à la BCF Arena, où ils ont été presque injouables toute la saison. Les Dragons veulent finir le travail. Et vite. Alors, mission impossible pour le GSHC? Pas forcément. Dans le vestiaire genevois, le discours reste clair: rien n’est terminé. «On sait qu’on peut le faire», martèle Simon Le Coultre. Et il n’a pas tort. Il y a des signes. Cette troisième période, par exemple, montre que Genève peut mettre Fribourg sous pression. Et puis il y a le passé. En 2010, le GSHC avait déjà réussi à retourner une série face à Gottéron après avoir été au bord de l’élimination. Un précédent qui nourrit l’espoir… même si la montagne est immense.
Ce match 5, c’est plus qu’un tournant: c’est un verdict en suspens. Fribourg peut plier l’affaire devant son public et filer en finale. Genève, lui, joue sa survie et n’a plus le choix que de gagner.






















































