À Milan, Andrea Braendli n’était pas venue pour collectionner les distinctions individuelles. Pourtant, la gardienne numéro un de la Suisse s’est invitée dans la discussion pour l’équipe-type olympique grâce à des performances majuscules en phase finale. À 28 ans, la Zurichoise – élue meilleure gardienne de la SDHL en 2024/25 avec Frölunda HC – a transposé sa forme étincelante sur la scène olympique. En quart de finale, elle a écœuré la Finlande avec 40 arrêts lors d’un succès 1-0. Un match parfait, tendu, étouffant, où elle a fermé la porte du début à la fin. En demi-finale, la Suisse a frôlé l’exploit face au Canada. Il a fallu deux buts de la capitaine canadienne Marie-Philip Poulin, devenue meilleure buteuse de l’histoire olympique, pour faire tomber les Helvètes (2-1). Braendli a signé 44 arrêts. Une prestation de très haut niveau qui renforce sérieusement sa candidature à un rôle de titulaire en PWHL.
« Andrea a été exceptionnelle et nous a maintenues dans le match très longtemps », a salué le sélectionneur suisse Colin Muller. La comparaison avec l’Américaine Aerin Frankel alimente le débat. Frankel a signé un troisième blanchissage olympique record lors du 5-0 infligé à la Suède en demi-finale. Ses statistiques sont vertigineuses (0,25 but encaissé de moyenne, 98,5% d’arrêts), mais elle évolue derrière l’armada américaine, grande favorite pour l’or. Braendli, elle, affiche 2,35 de moyenne et 94,8% d’arrêts – tout en ayant fait face à 136 tirs en trois matches, soit deux fois plus que Frankel (68 en quatre rencontres). Le contexte n’est pas le même.
Dans l’histoire du hockey féminin suisse, la référence olympique reste Florence Schelling, intronisée au Temple de la renommée de l’IIHF en 2026. C’est elle qui avait conduit la Suisse vers son unique médaille olympique, le bronze en 2014, avec dix victoires et cinq blanchissages en carrière olympique. À l’époque, Braendli avait 16 ans, déjà double championne de Suisse avec ZSC Lions Frauen, mais pas encore membre de l’équipe nationale A. Aujourd’hui, seules Lara Stalder et Alina Muller sont encore présentes par rapport à 2014.
Après la défaite rageante face au Canada, Braendli gardait la tête haute. Sur sa performance personnelle, elle se disait satisfaite, tout en reconnaissant une entrée en matière délicate et quelques rebonds favorables – « merci les poteaux », glissait-elle avec le sourire. Elle préfère d’ailleurs être bombardée de tirs plutôt que de rester inactive : « C’est plus facile de rester dans le match. Bon… un peu moins de quarante tirs, ce serait bien aussi pour les hanches et les adducteurs ! »
Classer cette demi-finale parmi les grands moments de sa carrière ? « Très haut, parce que c’est une demi-finale olympique et un 2-1 contre le Canada. Mais pas tout en haut, parce qu’on n’a pas gagné. » Un mélange de fierté et de frustration. Affronter Poulin ? « Un immense défi. C’est l’une des meilleures joueuses du monde. Ça crée un peu de nervosité, mais aussi une motivation supplémentaire : ne rien lui offrir. »
Pour le programme suisse, tenir tête au Canada signifie beaucoup. Selon Braendli, cela reflète les progrès réalisés dans le championnat helvétique. La marge existe encore – le faible nombre de tirs suisses en demi-finale le rappelle – mais la trajectoire est positive.
este désormais le match pour le bronze face à la Suède, demain. Les deux équipes savent que l’opportunité est réelle. « On a cette petite rage en nous maintenant. Il faudra garder l’intensité, la discipline et cette volonté de ne jamais lâcher. Contre le Canada, menées 2-1, on n’a jamais baissé la tête. C’est cet état d’esprit qu’on doit conserver. » La Suisse n’a plus qu’une marche à franchir pour retrouver le podium olympique. Et avec une Andrea Braendli à ce niveau, tout reste possible.
(Source: iihf.com)