La sélection de Patrick Fischer a été à moins de deux minutes d’écrire l’histoire de son sport dans notre pays. Malheureusement, comme souvent, elle n’a pas réussi à franchir la dernière marche. Au terme de ce tournoi olympique, nous avons décidé de noter chaque joueur et de désigner notre MVP. Pour nous, c’est Janis Moser qui repart de Milan–Cortina avec cette distinction. Le Biennois s’est démarqué grâce à de grosses prestations dans les deux sens de la patinoire. Défenseur plutôt défensif, il quitte aussi l’Italie avec quatre points, un différentiel de 0 et plus de 19 minutes de temps de jeu par match. À seulement 25 ans, il représente l’avenir de notre équipe nationale.
Gardiens
63 Leonardo Genoni (EV Zoug) : 8 / 10
Avant les Jeux, Leonardo Genoni connaissait une saison en demi-teinte avec son club. Mais dès le premier puck lâché à Milan, il a retrouvé son meilleur niveau et fait du Genoni. Quatre matchs joués, deux blanchissages, certes contre la France et l’Italie. Il termine le tournoi avec 94,55 % d’arrêts. Dans les moments chauds, notamment dans le deuxième tiers contre la Finlande, le portier zougois a su maintenir son équipe à flot. On aurait aimé qu’il réalise deux arrêts de plus contre les Finlandais. Une dernière danse pour lui en mai prochain lors du championnat du monde en Suisse ?
→ 94,55 % d’arrêts en 4 matchs (1,47 / 2 blanchissages / 3 victoires – 1 défaite)
40 Akira Schmid (Vegas Golden Knights) : 5 / 10
À 25 ans, Akira Schmid représente le futur devant le filet helvétique. Pour ce tournoi olympique, il n’a eu droit qu’à un match comme titulaire, face au Canada, des joueurs qu’il affronte régulièrement. Ce jour-là, il a été correct, sans plus. Il n’a pas réussi à voler le match comme a pu le faire Samuel Hlavaj pour la Slovaquie. Mais le Bernois est encore jeune et c’est lui le successeur des Genoni et Berra à l’avenir.
→ 87,18 % d’arrêts en 1 match (5.00 / 1 défaite)
20 Reto Berra (Fribourg-Gottéron) : pas de note
Le gardien zurichois n’a pas disputé la moindre minute, figurant seulement deux fois sur la feuille comme no 2 (Italie et Finlande).
→ 0 match joué (2 fois remplaçant)
Défenseurs
14 Dean Kukan (Zurich Lions) : 5 / 10
Choisi pour diriger la deuxième unité de power-play depuis la ligne bleue, Dean Kukan a quelque peu déçu dans sa gestion du puck et ses prises de décision. On aurait souhaité un impact offensif plus marqué. Il a toutefois en partie sauvé son tournoi avec son beau but en prolongation contre la République tchèque.
→ 1 but et 2 passes en 5 matchs (-2 / 7 tirs / 17’40 de moyenne)
43 Andrea Glauser (Fribourg-Gottéron) : 6,5 / 10
Touché dans sa chair (nuque ou dos, pas de commotion au final) face au Canada, Andrea Glauser n’a finalement manqué qu’une rencontre. Après cet incident avec Connor McDavid, il a perdu sa place aux côtés de Roman Josi, remplacé par Janis Moser. Avant cela, l’arrière fribourgeois était parfaitement entré dans sa compétition, notamment sur le plan physique. Associé à Christian Marti contre la Finlande, il a donné son maximum.
→ 0 point en 4 matchs (0 / 2 tirs / 13’15)
45 Michael Fora (HC Davos) : 6 / 10
Dans son rôle de septième défenseur dans la hiérarchie du sélectionneur, Michael Fora a pleinement répondu aux attentes. La blessure de Glauser l’a promu aux côtés de Marti, avant qu’il ne retrouve ensuite sa place de no 7, contre la Finlande. Physiquement, c’était du solide. Sur une petite surface, son temps d’exécution à la relance était toutefois plus limité et cela s’est vu.
→ 1 passe en 5 matchs (+3 / 5 tirs / 13’15)
54 Christian Marti (Zurich Lions) : 6 / 10
Comme Fora, Christian Marti s’est surtout illustré par sa puissance physique. Techniquement, ce fut parfois plus compliqué, mais c’était attendu. Lors de tous les matches, il a été aligné sur la troisième paire et, jusque contre le Canada, il formait un duo avec Moser.
→ 0 point en 5 matchs (0 / 3 tirs / 12’01)
56 Tim Berni (Genève-Servette) : pas de note
D’abord surnuméraire, Tim Berni a été aligné dès que les blessures ont touché l’équipe. D’abord comme septième défenseur en l’absence de Glauser, puis même comme huitième à son retour. Son temps de jeu trop limité ne permet pas de l’évaluer (4’16).
→ 0 point en 5 matchs (-1 / 0 tir / 1’25)
71 Jonas Siegenthaler (New Jersey Devils) : 5.5 / 10
Comme tout élément provenant de la NHL, les attentes étaient élevées concernant Jonas Siegenthaler. Avec son gabarit et son profil défensif, on aurait voulu un peu plus d’impact physique de sa part. Cela dit, tout ce qu’il a fait, il l’a bien fait, sans toutefois sortir du lot, comme souvent dans sa franchise et en sélection.
→ 0 point en 5 matchs (-2 / 2 tirs / 19’54)
86 Janis Moser (Tampa Bay Lightning) : 8.5 / 10
Avec son nouveau statut en NHL, Janis Moser a été le meilleur défenseur suisse de ces Jeux. En plus de ses quatre points (1 but – 3 passes), il s’est montré très solide défensivement. Toujours bien placé et excellent avec le puck, il confirme pourquoi il possède l’un des meilleurs différentiels de la ligue (+39). Seul bémol : il ne devrait pas participer à son cinquième championnat du monde consécutif, sa franchise étant bien placée pour les playoffs. À seulement 25 ans, l’ancien junior du HC Bienne apparaît comme le successeur idéal de Josi (35 ans) lorsque celui-ci mettra fin à sa carrière internationale.
→ 1 but et 3 passes en 5 matchs (0 / 9 tirs / 19’12)
90 Roman Josi (Nashville Predators) : 7 / 10
Sans surprise, Roman Josi a été le joueur le plus utilisé par le sélectionneur, avec plus de 22 minutes de moyenne, dont 26’44 contre le Canada. Offensivement, il a été à la hauteur de sa réputation avec deux buts et deux passes. On peut simplement regretter qu’il n’ait pas réussi une dernière accélération décisive contre la Finlande. À 35 ans, l’a-t-on vu pour la dernière fois avec le maillot helvétique ? En effet, ce n’est, par exemple, pas sûr qu’il soit présent en mai prochain dans notre pays. Réalisant une deuxième partie de saison très intéressante, Nashville, actuellement 10e à l’Ouest à quatre longueurs des Ducks d’Anaheim (8e), pourrait au final participer aux séries éliminatoires.
→ 2 buts et 2 passes en 5 matchs (0 / 17 tirs / 22’04)
Attaquants
8 Simon Knak (HC Davos) : 6 / 10
Profitant de la blessure de Malgin, Simon Knak est passé de surnuméraire à membre régulier de la quatrième ligne. Il a parfaitement rempli son rôle avec un jeu simple et physique. Offensivement, ses trois tirs en trois matches illustrent toutefois ses limites.
→ 0 point en 3 matchs (0 / 3 tirs / 11’35)
9 Damien Riat (Lausanne HC) : 7 / 10
Aligné sur la deuxième unité de power-play, Damien Riat a réalisé d’excellents Jeux. Il a inscrit deux buts importants, dont le premier suisse du tournoi contre la France et le premier contre la Finlande en quart de finale. Il affiche aussi l’un des meilleurs taux de réussite de l’équipe (18,18 %). Très actif défensivement, au côté de Jäger, son coéquipier en club notamment, il a réussi un gros travail défensif et peut seulement regretter une réussite tchèque où il est arrivé légèrement trop tard.
→ 2 buts et 1 passe en 5 matchs (-2 / 11 tirs / 12’08)
13 Nico Hischier (New Jersey Devils) : 6,5 / 10
Capitaine des Devils du New Jersey, Nico Hischier était le centre no 1 de la sélection suisse et termine son séjour milanais avec un but et trois passes. Auteur de 19 réussites et 42 points avant la pause olympique, la Suisse aurait eu besoin d’un ou deux buts de plus de la part de Haut-Valaisan. Surtout qu’il a eu les occasions pour le faire, notamment deux fois en quart de finale. Toutefois, la sélection helvétique ne peut pas se passer de son intelligence de jeu et de sa capacité à gagner des engagements. Bonne nouvelle pour la « Nati », le numéro 13, qui a été l’attaquant le plus utilisé par Fischer avec 20’26, devrait être présent à Zurich cette année avec tous ses coéquipiers des Devils, car leur franchise ne devrait pas se qualifier pour les play-offs.
→ 1 but et 2 passes en 5 matchs (+1 / 18 tirs / 20’26)
17 Ken Jäger (Lausanne HC) : 5 / 10
Comme il n’avait joué que 34 rencontres avec le LHC cette saison, sa sélection faisait débat, certains préférant Théo Rochette, le meilleur buteur de la NL. Mais c’est vouloir comparer des pommes et des poires, car leurs profils sont totalement différents. Lors des cinq matches joués ici, Ken Jäger a parfaitement rempli son rôle défensif, à l’image du travail effectué en box-play et a été le centre désiré par l’entraîneur suisse pour son quatrième bloc.
→ 2 passes en 5 matchs (-2 / 7 tirs / 13’54)
21 Kevin Fiala (Los Angeles Kings) : pas de note
Blessé à une jambe contre le Canada, Kevin Fiala n’a joué que deux parties. Son sens du but a manqué ensuite à l’équipe.
→ 1 passe en 2 matchs (+2 / 6 tirs / 19’40)
22 Nino Niederreiter (Winnipeg Jets) : 4 / 10
Porte-drapeau de la délégation helvétique, qui est rentrée dans le Stade San Siro, lors de la cérémonie d’ouverture, Nino Niederreiter n’a pas eu l’impact offensif attendu. Sa fiche est d’un seul but inscrit contre la Finlande en quart de finale. Il a aussi le pire +/- de l’équipe avec -3 comme Andrighetto et même une fin de match passée au bout du banc contre le Canada.
→ 1 but en 5 matchs (-3 / 10 tirs / 15’21)
23 Philipp Kurashev (San Jose Sharks) : 5,5 / 10
Après la blessure de Fiala, Kurashev a intégré la première ligne de Hischier et de Meier. Trois points au total : correct sans être marquant. Par contre, pour un NHLer, huit tirs en cinq matchs restent toutefois trop peu. Il aurait dû avoir un impact un peu plus grand en attaque.
→ 1 but et 2 passes en 5 matchs (+3 / 8 tirs / 16’27)
28 Timo Meier (New Jersey Devils) : 7,5 / 10
Timo Meier est le Suisse le plus prolifique de ces JO 2026 avec sept points en cinq parties. Avec un +6, il finit aussi avec le meilleur +/-. Il a également été très présent au niveau des charges à mettre, notamment contre le Canada. Seul petit bémol, il a eu besoin de 21 tirs cadrés (le maximum chez les Suisses) pour faire trembler les filets à trois reprises.
→ 3 buts et 4 passes en 5 matchs (+6 / 21 tirs / 18’33)
44 Pius Suter (St. Louis Blues) : 6,5 / 10
L’attaquant couteau suisse de Patrick Fischer est passé d’un rôle de centre sur la troisième ligne à un rôle de centre sur la deuxième après la blessure de Denis Malgin. Il a été capable de parfaitement piloter sa ligne et d’être utile aussi en infériorité numérique. Avec deux buts sur neuf tirs, il affiche le meilleur taux de réussite de l’équipe (22,22 %). Au vu du classement des Blues, l’ancien joueur des Lions de Zurich devrait aussi représenter notre pays lors du prochain championnat du monde chez nous.
→ 2 buts et 1 passe en 5 matchs (-1 / 9 tirs / 16’30)
62 Denis Malgin (Zurich Lions) : pas de note
Blessé après deux matchs, son intelligence de jeu a ensuite manqué, notamment sur le power-play.
→ 0 point en 2 matchs (+1 / 1 tir / 10’10)
73 Sandro Schmid (Fribourg-Gottéron) : 6 / 10
Pas évident pour Sandro Schmid de passer de treizième attaquant à membre de la troisième ligne avec Calvin Thürkauf et son coéquipier en club, Christoph Bertschy, mais le joueur de la BCF Arena s’en est très bien sorti, montrant surtout un bel impact physique.
→ 0 point en 5 matchs (-2 / 8 tirs / 9’12)
79 Calvin Thürkauf (HC Lugano) : 5 / 10
Etant l’un des plus lourds attaquants de la sélection helvétique, on aurait aimé que Calvin Thürkauf utilise davantage son gabarit (93 kg). Il a semblé plus utile lorsqu’il a été replacé au centre du troisième bloc, que comme ailier. Offensivement, il est resté très discret avec seulement quatre tirs cadrés.
→ 0 point en 5 matchs (-1 / 4 tirs / 14’15)
85 Sven Andrighetto (Zurich Lions) : 5 / 10
Sven Andrighetto, l’un des attaquants vedettes du championnat suisse, repart de la ville de Milan avec zéro but à son compteur. A ce niveau-là, c’est une grande déception. Malgré 18 tirs. On aurait aussi souhaité qu’il ait un plus grand impact en power-play. Avec de tels adversaires en face, on peut peut-être mieux comprendre pourquoi il n’a vraiment réussi à faire son trou en NHL.
→ 3 passes en 5 matchs (-3 / 18 tirs / 15’08)
88 Christoph Bertschy (Fribourg-Gottéron) : 5,5 / 10
Bien sûr en finissant son tournoi olympique avec zéro unité, Christoph Bertschy peut être un peu déçu. Mais, comme ce n’était pas sa mission principale, on peut donc relativiser cette statistique. En bloquant des shoots importants, il a eu un rôle très défensif et a été très bon dans ce rôle, malgré un -2 final. Il a été brillant en infériorité numérique.
→ 0 point en 5 matchs (-2 / 2 tirs / 10’54)