Milan
Laurent Antonioli
La Suisse débute son tournoi olympique ce vendredi à 14h40, en affrontant la République tchèque dans la Santa Giulia Ice Hockey Arena. Au classement IIHF, les Tchèques figurent au quatrième rang, juste devant les Suissesses (5e). Après avoir visité le Palais fédéral à Berne fin janvier, la Suisse a effectué un dernier camp d’entraînement à Wollerau au début février, avant de rejoindre l’Italie pour se préparer au mieux pour les Jeux olympiques de Milan – Cortina. Placée dans le groupe A avec la République tchèque, le Canada, les Etats-Unis et la Finlande, elle tentera de rééditer l’exploit de 2014 et cette magnifique médaille de bronze conquise, lors des JO de Sotchi (RUS), contre la Suède (4-3). Il y a quatre ans maintenant, les Suissesses avaient échoué en finale pour la troisième place contre les Finlandaises. Lors des cinq derniers championnats du monde, elles ont terminé trois fois à la quatrième place (2021-2023) et deux fois au cinquième rang (2024, 2025).
Pour leur entrée dans cette épreuve olympique, la filles de Colin Müller vont affronter donc les Tchèques. Une équipe qui reste sur neuf succès de suite contre son homologue helvétique, dont un 7-0 en quart de finale du dernier Mondial en avril 2025. Lors de ce duel, la messe était déjà dite, après vingt minutes de jeu, avec un 5-0. Le dernier duel entre ces deux sélections remonte au 10 décembre dernier et une courte défaite 2-1 pour la Suisse.
Mais, en battant 4-3 la Finlande lors du dernier tournoi international, les joueuses helvétiques ont droit de croire en elles. Elles pourront s’appuyer surtout sur Alina Muller, la star de l’équipe. Celle, qui défend les couleurs des Fleet de Boston, dans la Ligue professionnelle féminine de hockey (PWHL), s’était notamment fait l’auteure de cinq points, dont deux buts lors de cette dernière épreuve amicale. Contre les Finlandaises, elle avait marqué notamment à deux reprises. La Zurichoise de 27 ans, qui était présente en Russie à l’âge de 15 ans seulement, évolue dans cette ligue nord-américaine depuis trois ans et tourne à près de 20 points par saison. Elle aura comme soutien, sur la première ligne, Lara Stalder. L’expérimentée attaquante de 31 ans est très performante dans le championnat de Suisse avec plus de 50 points obtenus en 27 matches avec Zoug.
Deux jeunes joueuses présentent des profils intéressants à suivre: Nicole Vallerio (24 ans) et Naemi Herzig (18 ans). La première évolue dans le même championnat que Muller mais pour la franchise de New York, alors que la seconde joue en NCAA, la ligue universitaire américaine, où elle tourne presque à un point par match. A noter également la présence de deux Genevoises. Du haut de ses 17 ans, Laure Meriguet, qui joue avec les U18 masculins de Genève-Servette, est même la benjamine de la délégation helvétique de ces JO, alors que Kaleigh Quennec (27 ans), fille de l’ancien président du club grenat, est membre du CP Berne (4 buts – 7 passes en 17 parties).
Une Tchéquie très nord-américaine
Mais attention, les Tchèques ont aussi pris le meilleur sur la Finlande lors de cette dernière compétition préparatoire pour les Jeux olympiques. Elles peuvent aussi s’appuyer sur plusieurs éléments évoluant en Amérique du Nord. En PWHL, Natalie Mlynkova (24 ans) porte les couleurs de la Victoire de Montréal, Aneta Tejralova (30 ans) celles du Torrent de Seatle, Katerina Mrazova (33 ans) celles de la Charge d’Ottawa, Tereza Vanisova (30 ans) celles des Goldeneyes de Vancouver, Kristina Kaltounkova (23 ans) celles des Sirens de New York, Denisa Krizova (31 ans) et Klara Hymlarova (26 ans) celles du Frost du Minnesota, alors que Daniela Pejsova (23 ans) est la coéquipière de Muller chez les Fleet. Katounkova, par exemple, possède une fiche de onze buts en seize matches dans cette ligue. Pour le reste du contingent, il y a notamment neuf joueuses en Suède et une en Finlande.
La sélection tchèque aura en plus déjà un match dans les jambes, avant d’en découdre avec la Suisse. En effet, en début de soirée ce jeudi, elle s’est inclinée logiquement 5-1 face aux Etats-Unis, l’un des grands favoris à la médaille d’or avec le Canada. Les Américaines menaient 3-0 avant que Jurickova (19 ans / Hämeenlinna, FIN) marque le seul but de son équipe (29e). Au niveau des tirs, la gardienne Klara Peslarova (29 ans / Brynäs, SWE) en a reçu 42 contre 14 pour son vis-à-vis, Aerin Frankel (26 ans / Boston). A noter que Mlynkova, Mrazova et Vanisova ont évolué sur la première triplette de la coach Carla MacLeod. Sous la direction de la Canadienne depuis 2022, la Tchèquie a remporté deux médailles de bronze aux championnats du monde en 2022 et 2023. Malgré un diagnostic de cancer du sein fin 2025, elle tient toujours sa place de sélectionneuse.