JO 2026 – Présentation du Groupe A (CAN, CZE, SUI, FRA)

JO 2026 – Présentation du Groupe A (CAN, CZE, SUI, FRA)

Sydney Crosby - Photo: Cap/IIHF/Vidéo

La Suisse mérite d’ouvrir l’analyse tant son statut d’outsider apparaît solide. Si une équipe peut surprendre lors de ces Jeux, c’est bien elle. Au cours des douze dernières années, elle a atteint à quatre reprises la finale des Championnats du monde, performance remarquable pour une nation traditionnellement située en dehors du cercle des « Big Six ». Un nom relie ces campagnes successives : Nino Niederreiter. Présent lors des quatre finales, porte-drapeau à la cérémonie d’ouverture, il a également franchi cette saison la barre des 1’000 matchs en NHL avec Winnipeg, sa cinquième franchise. L’effectif helvétique conjugue talent et expérience. Nico Hischier, premier choix au total en 2017 par New Jersey, incarne le leadership offensif, tandis que Roman Josi, pilier de Nashville depuis quinze ans, demeure l’un des défenseurs les plus complets de la ligue. Tous deux sont capitaines en club et figurent parmi les dix joueurs NHL mis à disposition de l’entraîneur Patrick Fischer. À Milan, Hischier retrouve ses coéquipiers des Devils, Jonas Siegenthaler et Timo Meier. Devant le filet, la profondeur constitue un atout majeur : Akira Schmid, 25 ans, auteur d’une saison convaincante à Vegas, pourrait paraître favori pour occuper le poste de numéro un, mais Leonardo Genoni et Reto Berra, vétérans médaillés d’argent à plusieurs reprises aux Mondiaux, offrent des garanties substantielles. Sans appartenir formellement au noyau des grandes puissances, la Suisse se présente comme un solide prétendant et une médaille ne relèverait en rien de la surprise.

Grand favori: le Canada

Le Canada, de son côté, endosse logiquement le rôle de favori. Son palmarès récent est éloquent : trois médailles d’or olympiques sur les quatre dernières éditions disputées avec participation des joueurs NHL, auxquelles s’ajoute la victoire au tournoi des 4 Nations l’an dernier. L’alignement regorge de talent. En attaque, Crosby, MacKinnon, McDavid et Celebrini constituent une concentration exceptionnelle de vitesse, de créativité et d’efficacité. À la ligne bleue, Makar, Doughty et Theodore assurent mobilité et précision dans la relance. Le jeu de puissance orchestré par Jon Cooper représente une menace constante, toute accumulation de pénalités adverses pouvant se transformer en sanction immédiate. La principale interrogation concerne le gardiennage. L’effectif ne comprend ni Carey Price ni Martin Brodeur, références historiques capables de performances systématiquement dominantes. Jordan Binnington n’inspire peut-être pas la même aura, mais son arrêt décisif face à Auston Matthews lors des 4 Nations a été déterminant avant le but victorieux de McDavid. Compte tenu de la puissance offensive disponible, le Canada exige avant tout de ses gardiens de la constance. Les blessures d’Anthony Cirelli et de Brayden Point ont conduit à l’intégration de Sam Bennett et de Seth Jarvis, déjà rompus au contexte international récent. Le cas de Tom Wilson demeure plus incertain : saison NHL convaincante, mais absence totale d’expérience internationale et style de jeu très physique. Dans un cadre olympique où l’arbitrage peut sanctionner sévèrement les charges appuyées, il devra maîtriser la frontière entre intensité et indiscipline.

Tchéquie: le souvenir de Nagano

La Tchéquie aborde la compétition avec des raisons d’espérer. Si son parcours olympique récent a été irrégulier depuis le bronze de Turin, ses performances aux Championnats du monde témoignent d’un regain de compétitivité, avec un bronze en 2022 puis un titre mondial à domicile à Prague en 2024. La blessure de Pavel Zacha, remplacé par Filip Chlapik, affaiblit néanmoins la profondeur offensive. L’attaque reposera largement sur David Pastrnak, au sommet de sa maturité à 29 ans, épaulé par Martin Necas, performant au Colorado aux côtés de Nathan MacKinnon, et Tomas Hertl, élément clé à Vegas. Ce trio devra impulser la dynamique offensive. Roman Cervenka, à 40 ans et pour ses cinquièmes Jeux olympiques, continue d’afficher un niveau compétitif élevé, sa sélection répondant à des attentes actuelles plus qu’à une reconnaissance symbolique. En défense, Radko Gudas et Filip Hronek structureront la ligne bleue avec des responsabilités importantes en supériorité et en infériorité numériques. Michal Kempny et Jan Rutta, tous deux champions de la Coupe Stanley, apportent expérience et stabilité.

Une France réaliste

La France, enfin, aborde ce tournoi avec réalisme. Si aucune équipe n’est éliminée à l’issue du tour préliminaire, il paraît difficile d’envisager un parcours prolongé au-delà du tour qualificatif. L’effectif manque d’expérience olympique et les références NHL demeurent limitées. Le leadership repose principalement sur Pierre-Édouard Bellemare, 40 ans, douze participations aux Championnats du monde, une présence à la Coupe du monde 2016 avec l’Équipe Europe et dix saisons en NHL, un record national… mais peu en forme actuellement. Sascha Treille, fort de quinze participations mondiales, complète ce socle d’expérience. Le seul joueur actuellement actif en NHL est Alexandre Texier à Montréal, attaquant fiable sans être dominant. Stéphane Da Costa et Yohann Auvitu disposent d’une expérience passée en Amérique du Nord, mais la profondeur globale constitue un défi majeur. Devant le filet, Antoine Keller, 21 ans, a effectué ses débuts en Mondial l’an dernier, tandis que Julian Junca, 28 ans, cumule six apparitions lors des trois dernières éditions. Dans un groupe comprenant le Canada, la Tchéquie et une Suisse ambitieuse, la marge d’erreur sera extrêmement réduite.

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