La première place du Groupe C, synonyme de qualification directe pour les quarts de finale, semble promise aux États-Unis. Sur le papier, Team USA possède l’effectif le plus complet et le plus talentueux. Toutefois, le Danemark, l’Allemagne et la Lettonie disposent d’arguments sérieux, et le fait que le Danemark et la Lettonie aient dû passer par des tournois de qualification pour se rendre à Milan pourrait aussi jouer en leur faveur, tant ces parcours renforcent la cohésion et la résilience. Dans un tournoi court comme les Jeux olympiques, les hiérarchies théoriques sont souvent mises à l’épreuve. Le Danemark arrive avec l’expérience comme principal atout. Sa qualification, acquise notamment grâce à un doublé décisif de Nicklas Jensen face à la Norvège, a renforcé la conviction d’un groupe qui pourrait vivre là son dernier grand rendez-vous international dans cette configuration générationnelle. Avec une moyenne d’âge proche de 31 ans et une majorité de joueurs au-delà de la trentaine, les Danois sont les plus âgés du groupe. Cette maturité se reflète notamment dans la présence du gardien Frederik Andersen, 36 ans, déterminant lors du tournoi de qualification et toujours capable d’influencer un format court. Offensivement, Lars Eller apporte son leadership, tandis que Nik Ehlers continue d’afficher une régularité remarquable en NHL. Joachim Blichfeld brille en Finlande et Patrick Russell s’est également illustré en club. Le Danemark misera sur son vécu, sa discipline et son efficacité pour compenser un éventuel déficit en intensité face aux grandes nations.
Allemagne: ossature NHL
L’Allemagne présente, elle, une ossature NHL particulièrement solide. Si l’on retient l’idée qu’une grande équipe repose sur un gardien numéro un, un défenseur numéro un et un centre numéro un, la sélection allemande coche ces cases. Leon Draisaitl, MVP de la NHL en 2020 et machine à points depuis son arrivée dans la ligue, s’apprête à disputer ses premiers Jeux olympiques. À ses côtés, Tim Stützle offre une production offensive soutenue depuis plusieurs saisons. En défense, Moritz Seider, recrue de l’année en 2022, incarne le pilier moderne capable d’assumer de lourdes minutes face aux meilleurs adversaires. Devant le filet, Philipp Grubauer apporte stabilité et fiabilité. La question stratégique portera sur l’utilisation combinée ou séparée de Draisaitl et Stützle, mais l’objectif paraît clair : viser au minimum la deuxième place du groupe afin d’obtenir un tableau plus favorable pour la suite.
La force des gardiens lettons
La Lettonie, fidèle à sa réputation, s’appuiera avant tout sur la solidité de ses gardiens et sur la cohésion collective. Présente régulièrement aux Jeux depuis 2002, elle a progressivement consolidé son statut parmi les nations compétitives. Avec dix joueurs évoluant en NHL, elle franchit un palier par rapport aux éditions précédentes. Artūrs Šilovs, Elvis Merzļikins et Kristers Gudļevskis forment un trio capable de maintenir l’équipe à flot face à des adversaires supérieurs sur le plan offensif. Offensivement, il n’y a pas de superstar incontestée, mais une répartition des responsabilités, comme lors du dernier championnat du monde où Eduards Tralmaks et Dans Ločmelis s’étaient distingués. La force lettone réside dans l’engagement collectif, la discipline tactique et la familiarité entre les joueurs, des facteurs déterminants dans un tournoi court.
USA: reconquérir l’or
Quant aux États-Unis, ils abordent la compétition avec l’ambition affichée de reconquérir l’or olympique, après les désillusions subies face au Canada en 2010 et 2014. La défense constitue leur principale force, avec Quinn Hughes et Zach Werenski, deux des meilleurs défenseurs offensifs de la NHL et finalistes du trophée Norris. Leur capacité à diriger le jeu en supériorité numérique offre aux Américains un avantage stratégique important. L’effectif est profond, athlétique et techniquement complet. Toutefois, certaines incertitudes subsistent, notamment autour de l’état de forme de plusieurs vedettes offensives comme Jack Hughes, Auston Matthews et les frères Tkachuk, tous ralentis par des blessures cette saison. Même le gardien Connor Hellebuyck, MVP de la NHL en 2025, a connu une légère baisse statistique.
Si l’ensemble des cadres américains retrouve son meilleur niveau, les États-Unis demeurent les favoris incontestés du Groupe C. Dans le cas contraire, l’Allemagne pourrait s’imposer comme un adversaire très crédible pour la première place, tandis que le Danemark et la Lettonie tenteront de perturber la hiérarchie grâce à leur structure et à leur résilience. Dans un tournoi olympique, la dynamique d’un gardien en état de grâce ou une efficacité spéciale en supériorité numérique peut suffire à bouleverser les pronostics.