Julien Sprunger n’en a pas terminé. À 40 ans, le capitaine de Fribourg-Gottéron disputerademain à Davos le 1’186e match de son immense carrière, après avoir conduit les Dragons vers un septième acte mardi soir. Dans une BCF Arena en fusion, l’icône fribourgeoise a vécu une soirée chargée d’émotions. «Les minutes, les heures, avant le match étaient plus compliquées, j’étais traversé par beaucoup d’émotions. Je savais que c’était mes dernières minutes et je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais une fois les patins aux pieds, j’ai vraiment réussi à me mettre dans mon match, à jouer mon jeu, et puis j’ai essayé de profiter, de m’imprégner. Et c’est vrai que même ce goal de Davos à quelques minutes de la fin ne nous a pas coupé les jambes, alors je crois que je ne pouvais pas rêver vraiment d’une meilleure fin de carrière ici.»
Fribourg n’a peut-être pas livré son hockey le plus fluide, mais le cœur y était. Et cela, Sprunger l’a parfaitement résumé. «Ce ne fut pas facile tactiquement. Ce ne fut certainement pas notre meilleur match, mais on a laissé nos tripes sur la glace. On savait qu’il fallait absolument tout faire pour aller chercher cette victoire. Ce fut encore une fois un ascenseur émotionnel, mais on a une nouvelle fois montré un caractère assez extraordinaire et puis on se donne la chance de pouvoir aller jouer cet acte VII dans les Grisons.» À titre individuel, Sprunger a cette fois lancé les siens en ouvrant le score en supériorité numérique: «Cela faisait longtemps que l’on attendait ce goal en jeu de puissance. Le joueur de Davos essaie de dégager le puck, je suis au bon endroit, je l’arrête et j’essaie d’envoyer un slap le plus fort possible et ça rentre. Je vais m’en souvenir de ce goal.» Au cœur du deuxième tiers, alors que Gottéron traversait une mauvaise passe, le vétéran a pris la parole durant un temps mort pour remobiliser ses troupes. «L’entraîneur nous demande depuis le début de la saison de prendre nos responsabilités, de nous auto-coacher s’il le faut. Je pense que dans des moments comme ça, les joueurs expérimentés se doivent aussi de prendre la parole. C’est ce que j’ai essayé de faire à ce moment-là.»
Le dernier chapitre s’écrira donc demain dans les Grisons. Et le symbole est fort: c’est à Davos que tout avait commencé pour lui. «Le 1’186e match, à Davos, là où tout a commencé pour moi. La boucle sera bouclée maintenant. Et si on peut mettre la cerise sur le gâteau, ce serait extraordinaire. (…) Nous n’avons rien à perdre. Davos joue à domicile, c’est la meilleure équipe de la saison, la pression est dans leur camp. Nous les avons battus déjà deux fois dans cette finale, nous avons remporté deux prolongations. Ce n’est qu’un match, mais toute la saison, toute l’histoire de Fribourg-Gottéron se joue sur ce match.»






















































