En 2002, Ralph Krueger publiait Teamlife, un ouvrage dont le sous-titre allemand, Über Niederlagen zum Erfolg, signifie «Des défaites vers le succès». Une formule qui résume parfaitement le parcours de celui qui a marqué l’histoire du hockey suisse. Né à Winnipeg de parents allemands, Krueger découvre très jeune le hockey. À 18 ans, il choisit de rejoindre l’Allemagne, pays d’origine de sa famille, pour tenter une carrière professionnelle. Cinquante ans plus tard, l’ancien sélectionneur de la Suisse a été intronisé au Temple de la renommée de l’IIHF, promotion 2026, dans la catégorie des bâtisseurs. «Qui aurait imaginé que ce petit garçon de cinq ans, aux longs cheveux, né de parents allemands, vivrait un tel destin après ses premiers coups de patin?», a déclaré Krueger lors de son discours d’intronisation à Zurich. «Merci au hockey d’avoir rempli ma vie de passion, d’inspiration et de motivation.»
Au total, Krueger dirigera la Suisse lors de douze Championnats du monde et de trois Jeux olympiques. Il poursuivra ensuite sa carrière derrière le banc des Edmonton Oilers et des Buffalo Sabres en NHL, avant de conduire Team Europe jusqu’à une surprenante finale de la Coupe du monde 2016. Avec le recul, son parcours semble avoir été écrit d’avance. Pourtant, tout aurait pu basculer au début des années 1990. Lorsqu’il a appris son intronisation au Hall of Fame, un souvenir précis lui est revenu en mémoire. Ce n’était ni le sacre européen avec Feldkirch, ni le célèbre succès 2-0 de la Suisse contre le Canada aux Jeux olympiques de Turin en 2006. Il se tournait vers… l’hôtellerie, au Texas. Et puis, il y a aussi eu cette parenthèse football! Car Krueger ne s’est pas limité aux patinoires au cours de sa carrière. Si son nom reste associé à ses douze années à la tête de l’équipe de Suisse, il a connu une étonnante reconversion dans le football, où ses qualités de leader et de gestionnaire lui ont ouvert les portes de clubs prestigieux.
Krueger le footeux
Sa première expérience débute en 2014 lorsqu’il est nommé président du club anglais de Southampton. À la surprise générale, l’ancien entraîneur des Edmonton Oilers prend les rênes d’une formation de Premier League appartenant à la famille suisse Liebherr. Sans posséder de passé dans le football professionnel, Krueger convainc grâce à son expertise en management, en développement des performances et en conduite d’équipes. Son mandat, qui s’étend jusqu’en 2019, est marqué par une volonté de renforcer la culture du club et d’instaurer une vision à long terme. Après un retour derrière un banc de NHL avec les Buffalo Sabres entre 2019 et 2021, Ralph Krueger a de nouveau changé d’univers en 2023. Il a été nommé président du conseil d’administration de l’Austria Vienne, l’un des clubs les plus titrés du football autrichien avec 24 titres nationaux. Ce retour en Autriche n’est pas anodin: c’est dans ce pays qu’il avait bâti sa réputation d’entraîneur en conduisant le VEU Feldkirch à cinq titres de champion et à un sacre historique en Ligue européenne de hockey dans les années 1990.
Aujourd’hui, Ralph Krueger a choisi de lever le voile sur une épreuve qu’il vivait jusqu’ici dans la plus grande discrétion. L’ancien sélectionneur de l’équipe de Suisse a annoncé dans un entretien accordé à CH Media qu’il était atteint de la maladie de Parkinson. Le technicien de 66 ans a appris son diagnostic à l’automne 2024. «C’est la première fois que j’en parle. C’est un grand pas pour moi.» Conscient qu’il s’agit d’une maladie incurable, Krueger explique s’être progressivement éloigné de la vie publique, tout en soulignant que les traitements et l’activité physique permettent d’en limiter certains symptômes. Il assure avoir trouvé la force d’accepter cette nouvelle réalité grâce au soutien de ses proches et de son entourage médical.





















































