Il y a parfois des statistiques qui valent presque autant qu’un recrutement. La saison passée, Genève-Servette a été très handicapé par l’absence de joueurs dits essentiels au moment où il fallait lancer la saison. Cet été, les choses ont bien changé, et c’est tant mieux. En retrouvant la glace des Vernets cette semaine, le GSHC a lancé sa préparation avec une infirmerie nettement moins garnie qu’à pareille époque l’an dernier. Un détail qui n’en est pas un pour un club qui avait vu son début de saison 2025/26 perturbé par de nombreuses absences. Lors de la reprise estivale 2025, les Grenat avaient rapidement dû composer avec plusieurs cadres indisponibles. Au fil des premiers matches de préparation, Noah Rod, Jason Akeson, Marco Miranda et Jimmy Vesey avaient été ménagés ou absents, avant que l’infirmerie ne continue de se remplir avec Tim Bozon, Taylor Beck, Tanner Richard, Luca Hischier, Marc-Antoine Pouliot ou encore Eric Schneller, tous contraints de manquer une partie de la pré-saison. Douze mois plus tard, le constat est bien différent. Certes, quatre joueurs n’ont pas participé au premier entraînement collectif sur la glace (Marco Miranda, Jérémie Bucheler, Tim Bozon, Tanner Richard), mais la situation apparaît beaucoup plus favorable.
Au-delà des noms inscrits sur le rapport médical, la différence est surtout qualitative. L’été dernier, Yorick Treille devait régulièrement adapter ses entraînements et ses premiers matches amicaux en raison de l’absence de plusieurs joueurs appelés à tenir un rôle majeur. Cette fois, le nouveau staff dirigé par Sam Hallam dispose de la quasi-totalité de son effectif pour installer sa philosophie de jeu dès les premiers entraînements. En comparaison avec l’été 2025, le climat est nettement plus serein. Car la problématique se situe bien là: pouvoir préparer une longue saison dans la sérénité paraît aujourd’hui essentiel pour performer. Souvenez-vous…
Infirmerie vide, succès?
Année après année, plusieurs clubs voient leur début de championnat profondément perturbé par des blessures touchant des joueurs clés, modifiant parfois durablement le visage de la compétition. ans un passé récent, l’exemple le plus frappant remonte au EV Zug lors de la saison 2024/25. Quelques jours avant la reprise, Leonardo Genoni s’était blessé à l’entraînement et avait dû manquer le début du championnat. Perdre le gardien numéro un de l’équipe de Suisse, septuple champion national et véritable assurance-vie des Zougois, avait contraint le club de Suisse centrale à revoir ses plans dès les premières journées.
Le Genève-Servette HC a donc lui aussi souvent payé un lourd tribut à l’infirmerie. La saison dernière, plusieurs cadres ont été indisponibles durant la préparation ou au cours des premières semaines de compétition. Rod revenait tout juste d’une longue convalescence après son opération de l’épaule, tandis que Bozon, Miranda ou encore d’autres éléments du noyau ont connu des pépins physiques qui ont empêché le staff de travailler avec un groupe complet. Cette accumulation d’absences a retardé la mise en place des automatismes d’une équipe pourtant bâtie pour jouer les premiers rôles. À Berne également, les blessures ont parfois pesé très lourd. Le SCB a régulièrement dû composer avec les absences prolongées de joueurs d’expérience, comme Simon Moser, dont la saison 2025/26 s’est terminée prématurément, ou encore Emil Bemström et Louis Füllemann, indisponibles plusieurs semaines. Même lorsqu’elles surviennent en cours de saison, ces blessures trouvent souvent leur origine dans une préparation incomplète ou perturbée.
Les gardiens représentent souvent les absences les plus difficiles à compenser. Un portier de premier plan influence directement le résultat de chaque rencontre. L’absence de Genoni à Zoug en est l’illustration parfaite, tout comme les périodes où Reto Berra, à Fribourg-Gottéron, ou Stéphane Charlin à Langnau ont dû laisser leur place, obligeant leurs équipes à modifier leur approche défensive. Les blessures des joueurs de premier trio ou des défenseurs utilisés dans toutes les situations ont également un impact immédiat. Elles redistribuent les temps de glace, modifient les unités spéciales et accélèrent parfois l’intégration de jeunes joueurs qui n’étaient pas destinés à occuper un rôle aussi important dès le début de la saison. À l’inverse, certains clubs ont construit leurs succès sur une infirmerie presque vide. Les équipes qui peuvent travailler pendant six semaines avec un effectif stable bénéficient généralement d’un avantage considérable lorsque le championnat débute. Les systèmes sont mieux assimilés, les automatismes plus fluides et la condition physique plus homogène.
La problématique et à nouveau bien visible cette saison. Des formations, comme Bienne ont déjà perdu Niklas Blessing pour plusieurs mois avant même le premier match officiel. EV Zug devra également patienter avant de récupérer Mike Künzle, alors que Chris Egli et Lino Martschini suivent encore un programme de reprise adapté. Dans un championnat aussi serré que la National League, où quelques points peuvent faire basculer une équipe de la lutte pour le titre à celle pour le play-in, la profondeur de banc est essentielle. Mais elle ne remplace jamais totalement les leaders. Les premiers mois de compétition rappellent chaque année une réalité immuable: le premier adversaire d’un club n’est parfois pas celui qui se trouve de l’autre côté de la glace, mais bien son infirmerie.





















































