NATIONAL LEAGUE – SALAIRES: le jeu dangereux de Zoug

NATIONAL LEAGUE – SALAIRES: le jeu dangereux de Zoug

Vincenz Rohrer

En attirant Vinzenz Rohrer, le EV Zug n’a pas seulement mis la main sur l’un des jeunes attaquants les plus prometteurs du hockey autrichien, de plus au bénéfice d’une licence qui lui permet de ne ps être considéré omme étranger. Le club zougois aurait également fait exploser les standards salariaux de son vestiaire. Selon plusieurs médias alémaniques, dont Watson qui soulève le lapin, l’investissement consenti pour convaincre le joueur de quitter les ZSC Lions dépasse largement les habitudes de la National League et pourrait avoir des conséquences à long terme. Et pas eulement pour Zoug…

D’après Watson, l’international autrichien de bientôt 22 ans percevrait plus de 700’000 francs par saison. La Neue Zürcher Zeitung avance même une rémunération comprise entre 750’000 et 800’000 francs, soit un niveau habituellement réservé aux toutes plus grandes stars du championnat, à l’image de Sven Andrighetto ou Denis Malgin. Une telle somme interpelle d’autant plus que Rohrer, malgré un potentiel unanimement reconnu, n’a pas encore le statut d’un joueur dominant. La saison dernière, l’ancien junior des ZSC Lions a disputé les 50 rencontres de championnat pour un bilan de 13 points. Un rendement honorable, mais éloigné de celui des meilleurs attaquants de la ligue. Son apport se mesure davantage dans son intensité, son éthique de travail, son forecheck agressif et sa capacité à dynamiser une ligne qu’à sa production offensive. Il avait notamment joué un rôle précieux dans les deux titres de champion remportés par Zurich en 2024 et 2025.

Tous les clubs perdants?

Pourquoi un tel effort financier? La concurrence explique en partie cette inflation. Le HC Davos, le SC Berneet les ZSC Lions étaient également sur les rangs. Pour faire la différence, Zoug aurait choisi de sortir le chéquier. Comme le faisaient jutstement Zurich à l’époque, voire Berne au temps de sa splendeur. Certes, la pression liée au renouvellement de l’effectif ont poussé la direction à surpayer un joueur dont la valeur de marché serait inférieure au contrat proposé. Mais le risque dépasse largement le seul cas de Rohrer. Dans un vestiaire professionnel, chaque nouveau contrat devient une référence pour les négociations futures. En offrant près de 800’000 francs à un joueur de 21 ans qui n’a jamais dépassé les 13 points en National League, Zoug pourrait avoir ouvert une boîte de Pandore.

Le dossier Leonardo Genoni illustre parfaitement ce danger. Le gardien, septuple champion de Suisse et figure incontournable du hockey helvétique, arrive en fin de contrat. Difficile d’imaginer qu’un joueur de son palmarès accepte un salaire nettement inférieur à celui d’un jeune attaquant encore en pleine progression. Selon Klaus Zaugg, une prolongation du portier zurichois ne paraît désormais envisageable qu’à partir d’environ 600’000 francs par saison, soit un engagement d’au moins 1,2 million de francs sur deux ans. En voulant sécuriser l’avenir avec Rohrer, Zoug pourrait bien avoir créé un précédent qui risque de coûter cher à tous les clubs de National League.

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