Rédaction
Filippo Frizzi
En pleine crise du Covid-19, Christian Pinana a pris un virage décisif dans sa carrière. Sous contrat avec Ambrì-Piotta, le club qui l’avait accueilli puis formé avant de lui ouvrir les portes de la première équipe, le défenseur tessinois a pourtant choisi de changer de cap. Cinq ans plus tard, le voilà à La Chaux-de-Fonds, où il tente de décrocher enfin le premier titre de sa carrière. Originaire de la Val Verzasca, Pinana a quitté les paysages familiers du Tessin pour rejoindre Berne, passant de la vétuste Valascia à la PostFinance Arena. Après un passage par les GKZ Lions à Zurich puis le HC Viège, le défenseur de 29 ans a posé ses valises aux Mélèzes, où il évolue désormais sous les ordres de Thomas Rhodin.
Christian, comment vous sentez-vous dans le canton de Neuchâtel? Quel accueil avez-vous reçu aux Mélèzes?
Très chaleureux, aussi bien lorsque je me déplace en ville qu’à la patinoire, avec des supporters vraiment passionnés. Je suis arrivé dans un club très structuré, qui affiche de grandes ambitions et qui m’a immédiatement fait sentir chez moi. Je connaissais déjà certains coéquipiers, comme Matewa, avec qui j’avais joué quelques matches aux Ticino Rockets, ou In Albon, qui est de ma génération et avec lequel j’ai effectué tout le parcours dans les équipes nationales juniors. Je connaissais aussi Grossniklaus, qui était venu à Viège lorsque je portais le maillot valaisan, ainsi que Böhler et Santiago Näf.
La Chaux-de-Fonds est une véritable ville de hockey, un peu comme Ambrì, toutes proportions gardées.
Oui, d’une certaine manière. Les supporters sont très passionnés et c’est tout un canton qui se trouve derrière l’équipe. Après mes années à Zurich avec les GCK Lions, où il y avait parfois seulement quelques centaines de spectateurs, je voulais vraiment rejoindre La Chaux-de-Fonds. Zurich m’a permis de vivre une autre expérience, mais à 29 ans, je veux gagner. Je n’ai encore rien remporté dans ma carrière. Et les Montagnards étaient tout proches la saison dernière de disputer le barrage contre Ajoie.
Le début de saison n’a pas été idéal. Mais avec un nouvel entraîneur, il faut aussi du temps. Comment décririez-vous Thomas Rhodin?
Nous ne sommes qu’au début, mais je me sens très bien avec lui. Il possède ses propres idées tactiques et échange beaucoup avec les joueurs. Ce n’est pas quelqu’un d’impulsif, bien au contraire : il est très calme. Il privilégie toujours la critique constructive et c’est un aspect que j’apprécie beaucoup. Dans une équipe de hockey, la communication est la base d’une bonne relation entre tous, quelle que soit la langue parlée.
Pourquoi avoir quitté Ambrì pour Berne?
J’ai connu plusieurs blessures durant mes premières années à Ambrì. J’avais pourtant signé un contrat de trois ans avec le club. Après ma première saison en National League, je n’étais pas satisfait de mon rendement et je disposais de peu de temps de jeu. J’ai donc accepté la proposition de Berne, qui a repris mon contrat. Simone Terraneo faisait également partie de l’échange et il évolue aujourd’hui régulièrement sous les couleurs biancoblù. J’avais envie de changer d’air et de découvrir une autre région de Suisse.
Vous êtes passé d’un petit village de montagne à une réalité complètement différente…
Au début, ce n’était effectivement pas simple. Berne est une grande ville et il m’a fallu du temps pour m’adapter. C’était l’époque de Lundskog, aujourd’hui entraîneur à Rapperswil, et lors de ma première saison, l’équipe n’avait même pas atteint les pré-playoffs. Mais je ne regrette absolument pas mon choix. Une opportunité s’est présentée et je l’ai saisie comme un défi, autant sur le plan sportif que, surtout, humain.
Cinq ans après avoir quitté le Tessin, Christian Pinana connaît une nouvelle étape dans sa carrière. À La Chaux-de-Fonds, son rôle ne se limite plus à défendre : le solide défenseur de 29 ans doit également accompagner les nombreux jeunes qui composent l’effectif des Montagnards. Travail, discipline et esprit collectif font partie de ses principales qualités. Reste désormais un objectif qui lui échappe encore : soulever un trophée. À La Chaux-de-Fonds, tout le monde espère que Pinana pourra enfin réaliser ce rêve.

