Milan
Laurent Antonioli
Ce soir à 21h10, contre le Canada, la Suisse affronte une formation qui est à Milan avec comme seul objectif l’or olympique. Mais elle aussi des arguments à faire valoir en s’appuyant sur une première sortie très encourageante. Bien sûr, Roman Josi (Nashville Predators) et ses coéquipiers vont faire face à une armada de constellations en provenance de la NHL. Bien sûr, une défaite contre une telle formation sera plus que normale. Mais les Suisses doivent aussi montrer qu’ils ont évolué, qu’ils peuvent regarder yeux dans les yeux toutes ces stars. « Ce sont des humains comme nous. Ils se lèvent le matin et se couchent le soir comme nous, relève Damien Riat, le premier buteur helvétique dans ce tournoi olympique. On va aborder ce match comme l’a fait contre la France. » Surtout, la « Nati » possède dans ses rangs des joueurs capables d’affronter un tel adversaire. Nico Hischier est le capitaine des Devils de New Jersey. Josi a reçu le prix Norris en 2020, qui désigne le meilleur défenseur de la NHL au terme de la saison régulière. Janis Moser (Tampa Bay Lightning) possède l’un des meilleures +/- de la NHL. Kevin Fiala (Los Angeles Kings) est un attaquant qui, depuis six ans, tourne à 20 buts ou plus par saison. Nino Niederreiter (Winnipeg Jets) est un ailier qui a pris part à plus de 1’000 matches en NHL. « On veut jouer notre jeu. On a une philosophie de jeu. Il faudra être forts mentalement aussi et acceptés de souffrir tous ensemble. Bien défendre et au moment d’aller de l’autre côté, il faudra qu’on soit bon », souligne Jan Cadieux, l’assistant de Patrick Fischer.
Il faudra, c’est certain, compter aussi sur une grande performance de son dernier rempart. Akira Schmid ou Reto Berra sera devant le filet ? Schmid, qui a la faveur des pronostics des suiveurs et qui est excellent avec Vegas, connaît bien ses adversaires pour les affronter en NHL.« Pour le deuxième match, on a un plan pour nos gardiens, mais cela va rester entre nous. », souffle Cadieux. Ce Suisse – Canada aurait pu également être un match un peu spécial pour l’ancien entraîneur de Genève-Servette. « Il n’y a rien de particulier pour moi, malgré mes origines. J’ai les mis de côté. Je ne pense plus trop à mes origines. Aujourd’hui je représente la Suisse et j’ai envie de gagner avec le hockey suisse. D’ailleurs, c’est pour vivre ce type de match qu’on travaille fort toute l’année. Encore plus pour les joueurs qui peuvent prendre part à ça. C’est surtout quelque chose de très spécial de pouvoir être dans un staff technique pour ce type de rencontre. On est tous très excité. Ca reste un match de hockey de 60 minutes. Il faudra qu’on se concentre à jouer notre meilleur hockey. »
Avantage Canada
Ces deux nations se sont affrontées à dix reprises dans des Jeux olympiques et la Suisse a gagné qu’une seule fois. C’était en 2006 sur le score de 2-0 et un doublé de Paul DiPietro avec un Martin Gerber en feu (49 arrêts). A noter que ce duel avait déjà eu lieu en Italie. A Turin pour être plus précis. Plus récemment, la sélection à la feuille d’érable a pris le dessus en 2010 à Vancouver (3-2 SO) et en 2018 à Pyengchang (5-1). Mais, attention, par rapport à la dernière confrontation, les joueurs de NHL sont, cette année, de retour. Sous l’égide de Jon Cooper, quatorze saisons de suite derrière le banc de Tampa Bay et deux Coupes Stanley remportés, les Canadiens ont déjà dégagé une forte impression contre la République tchèque. Sans doute que tout n’est pas encore parfait, à l’image des points d’interrogations autour de leurs gardiens, mais ils ont montré l’étendue de leur talent et surtout une grande profondeur de banc. Par exemple, c’est une formation qui peut s’appuyer sur une ligne de centre composée de Connor McDavid (Edmonton), de Nathan MacKinnon (Colorado) et de Sidney Crosby (Pittsburgh) sur les trois premiers trios. Il va donc falloir être très structurés et très disciplinés durant 60 minutes. Surtout ne pas donner le bâton pour se faire battre en donnant des jeux de puissance, par exemple.