Milan
Laurent Antonioli
Présent dans le staff de l’équipe de France à Milan, Sébastien Beaulieu a vu sa vie basculer en décembre 2022, lorsqu’il a failli perdre son œil droit lors d’un entraînement. Alors que tout se déroulait normalement, il ne pensait pas que ça allait se terminer de façon dramatique. Après un examen ophtalmologique, il est opéré dans la foulée et les pronostics ne sont guère encourageants. Les médecins avaient même pensé lui enlever son œil. Heureusement, les chirurgiens ont réalisé un petit miracle et ont sauvé sa vision Depuis cette mésaventure survenue avec les jeunes gardiens de Genève-Servette, on ne peut plus rater le Québécois, lors d’une pratique. En effet, il porte maintenant en permanence un casque de joueur pour se protéger. « Sur le plan personnel, j’avais un peu relâché le sport de haut niveau, à cause de mon accident. Bien sûr que j’y pense et suis très content d’être là. Le casque fait partie de ma vie depuis deux ans. J’essaie de protéger mon œil droit et le gauche surtout pour qu’il continue de faire le boulot. Ma vie a failli basculer ce jour-là et être là aujourd’hui, c’est exceptionnel émotionnellement parlant.»
Lors de ces Jeux olympiques italiens, l’entraîneur des gardiens de Genève Future maintenant s’occupe des portiers tricolores. « Tu sais, depuis deux ans, je suis retourné travailler avec les enfants et j’y suis super bien. Mais j’ai dit aussi à mes proches que cela faisait du bien de retravailler avec la pression du haut niveau. Même si de mon côté, je suis une personne qui gère plutôt bien la pression. Mais ici elle est vraiment très puissante. Accompagner quelqu’un qui doit livrer une performance ultime sur 60 minutes dans le poste de gardien de but est un défi sportif pour moi. Je connais mon rôle. Je ne suis pas un athlète. Je ne me suis pas qualifié ici, en battant un record. Mais d’aider ces athlètes-là à performer le jour J, c’est pour moi un gros défi. En hockey sur glace, on n’a pas souvent ça. On doit préparer un gardien éventuellement pour un match de playoff important, voir même un match 7. Mais ce côté ultime, moi je l’aime bien. »
Après deux défaites en deux matches, la France va maintenant affronter le Canada, l’un des grands favoris à la victoire finale. Le pays aussi de ses origines. « Ca sera le jour de mes 50 ans en plus. C’est un symbole puissant de la vie. C’est tout un symbole pour moi. Je me suis beaucoup développé comme coach et j’arrive à ne pas mélanger les choses. Mes athlètes sont ma priorité. Je viens de nulle part et ne suis pas un athlète qui a performé à un haut niveau. J’ai construit chaque bout de ma carrière. Par contre, que mes parents ne lisent pas ça, je me sens très européen. Je n’ai plus beaucoup de valeurs communes avec le Canada. »