Milan
Laurent Antonioli
Durant ce tournoi, il y a bien sûr les deux équipes de Suisse qui étaient présentes sur les glaces milanaises. Mais pas qu’elles. En effet, s’il n’y a pas d’arbitres helvétiques sélectionnés par l’IIHF, l’un des speakers provient de notre pays. Annonceur aux matches des Lions de Zurich, Giovanni Marti, qui parle couramment cinq langues (allemand, anglais, italien, français et espagnol, il tente d’apprendre maintenant le suédois), est l’une des voix en italien et en anglais qu’entendent les spectateurs de la Santagiulia Arena. On s’est empressé de le croiser entre deux matchs.
Qu’est ce que ça fait d’être l’un des speakers des tournois olympiques homme et femme de hockey sur glace de Milan – Cortina ?
C’est incroyable. Je vis dans un rêve. J’ai l’impression que j’ai pris une navette et que je suis sur la lune. C’est un autre monde. Ce sont les Jeux olympiques et je me rends compte de la chance que j’ai d’être ici. Je vis mon rêve olympique.
Est-ce que ce sont vos premiers JO ?
Oui, ce sont mes premiers Jeux. J’avais couvert ceux de Turin en 2006 comme journaliste. Mais, faisant partie de l’organisation et d’y être speaker, c’est la première fois. Par contre, j’ai fait le championnat du monde de 2009 à Kloten et je serai « chez moi » pour ceux en mai prochain à la Swiss Life Arena à Zurich.
Passer des Lions de Zurich au tournoi olympique, ça doit provoquer une certaine fierté en vous, non ?
En effet. C’est un truc extraordinaire. Mais cela reste un travail à faire. Il faut toujours bien se préparer et être prêt tout de suite. Le boulot reste le même, mais on doit juste gérer nos émotions. Elles sont plus intérieures. Il faut être toujours neutre. On a un protocole à suivre. Même quand la Suisse joue, je suis neutre. J’ai fait Suisse – Canada et quand on a marqué, j’ai serré le poing sous la table pour que personne ne me voit. Il ne faut pas également exagérer au niveau de la voix. Logiquement, c’est différent, quand on travaille pour un club et quand on fait des Jeux olympiques. Par contre, le hockey qu’on voit ici est incroyable. Je n’ai jamais vu un hockey d’une si grande vitesse et d’une aussi grande précision. Ce sont des joueurs que tu vois habituellement à la télévision. J’ai un peu de la peine à trouver les mots et pour moi, c’est rare (il se marre). C’est dur de décrire pleinement, ce que je ressens.
Par contre, lors du match entre la France et le Canada, vous avez eu un petit mot en français. On n’est pas en dehors du protocole, car c’est soit en italien, soit en anglais, non ?
Oui, c’est vrai. Mais uniquement de temps en temps. J’ai aussi dit « Willkomme » en suisse allemand quand la Suisse est arrivée sur la glace. Et ils ne m’ont rien dit. Il ne faut juste pas exagérer. Juste un ou deux mots, ça passe. Pour moi, le plus important, c’est surtout de bien prononcer les noms des joueurs français, par exemple. J’espère vraiment que cela s’est bien passé à ce niveau-là.
Justement vous avez eu une aide pour bien dire les noms des joueurs et joueuses, par exemple ?
A ce niveau-là, on est super bien préparé. Tous les joueurs et entraîneurs de chaque nation ont enregistré avec leur voix comment ils désirent qu’on prononce leur nom. C’est pareil pour la compétition féminine. D’ailleurs, c’est aussi une grande joie de faire ce travail pour les filles, car le hockey féminin est aussi très important. Nous avons tous beaucoup d’expérience dans ce job, mais, attention, chaque match reste différent.
Du coup, est-ce que Giovanni Marti est sûr d’être qualifié pour la finale ?
Alors non, pas du tout. Car, pour la finale, je serai tranquillement chez moi. Ca a été défini depuis le début comme ça. Il y a des gens de la NHL qui sont arrivés. Je n’ai jamais pensé à faire une finale olympique. Par contre, c’est sûr que je vais voir le match à la télé.