Six points en six matches, une douzième place et surtout une attaque qui reste muette: le début de saison du Lausanne HC est loin des ambitions affichées. Nous avons rapidement pointé plusieurs signaux inquiétants. Mais entre véritable problème de fond et simple retard à l’allumage, où se situe réellement le LHC? Le constat comptable est difficile à contourner. Après six journées, Lausanne ne possède que six points et affiche un bilan de 13 buts marqués pour 20 encaissés. Les Lions ont déjà connu trois défaites sans parvenir à prendre le moindre point : 0-5 contre Zoug, 2-4 à Fribourg et 2-4 à Davos. Hier soir, le déplacement à Porrentruy a ajouté une nouvelle défaite, cette fois sur le score de 3-0. Et c’est probablement davantage le contenu que le classement qui interpelle.
Le premier sujet soulevé dans la presse romande en général concerne le secteur offensif. Après le sévère revers inaugural contre Zoug, des interrogations sont apparues autour de la capacité du LHC à produire suffisamment de buts lorsque ses cadres sont neutralisés. Les Vaudois avaient pourtant adressé 31 tirs à Leonardo Genoni lors de cette rencontre, sans trouver la moindre faille. La suite a apporté quelques réponses. Lausanne a inscrit quatre buts contre Ambri, puis cinq à Langnau. Le… défenseur Erik Brännström s’est notamment distingué avec quatre réussites lors des deux rencontres qui ont suivi. Cette production offensive a toutefois été beaucoup plus difficile à maintenir contre Davos, puis totalement absente à Ajoie. La blessure notamment d’Austin Czarnik n’arrange évidemment rien. L’Américain, auteur de 51 points en 57 matches de championnat la saison dernière, a été opéré d’une blessure à la main et sera absent encore au moins six semaines. Pour une équipe qui cherche justement davantage de régularité offensive, perdre aussi longtemps un joueur de cette importance est un sérieux handicap.
L’infirmerie, véritable facteur aggravant
L’infirmerie, c’est l’autre élément qui revient régulièrement depuis le début du championnat. Au moment du premier match, Lausanne devait déjà se passer d’Aurélien Marti, Colin Miller, Antti Suomela et Michael Fora. La situation s’est ensuite décantée: Czarnik est désormais absent pour plusieurs semaines, alors que Fora et Marti se rapprochent d’un retour, Miller doit reprendre progressivement et Suomela pourrait également revenir prochainement. Autrement dit, l’infirmerie commence à se vider au moment même où l’inquiétude sportive augmente. C’est une nuance importante. Le LHC ne dispose pas encore de son effectif théorique complet. Les absences en défense sont nombreuses, mais finalement assez bien gérées et laissent du temps de jeu à des éléments de valeur qui n’auraient pas eu le même rôle en temps normal. C’est du bonus! Il faut dire que l’effectif de l’arrière-garde est pléthorique. Il rappelle que le LHC a entamé sa saison avec un effectif très déséquilibré. Le contingent offensif aurait mérité d’être mieux planifié quand on voit aujourd’hui le club de la Vaudoise aréna essayer de remplumer son attaque et dégrossir sa défense.
Il y a pourtant un élément qui empêche de parler de crise : Lausanne a déjà montré qu’il était capable de produire du hockey de qualité. Le succès 4-1 contre Ambri avait été convaincant, avec 36 tirs à 23. Trois jours plus tard, les Lions avaient également pris le large à Langnau pour mener 5-0 avant de laisser les Tigers revenir à 5-3. À Davos, Lausanne a encore mené deux fois au score et terminé avec davantage de tirs que son adversaire, 31-28. Le problème est donc moins l’incapacité à jouer que celle de maintenir le niveau pendant soixante minutes et de transformer les périodes de domination en résultats. C’était déjà l’une des interrogations qui accompagnaient le LHC avant cette saison. Après deux finales consécutives, les Vaudois avaient connu une saison 2025/26 plus compliquée avant leur élimination en quarts de finale contre Genève-Servette. Geoff Ward avait été maintenu et l’équipe reconstruite autour d’une défense renforcée, avec notamment Michael Fora, mais l’exigence était claire : retrouver de la constance et savoir gérer les moments décisifs.
Le classement n’est pas encore alarmant
Douzième après six journées, Lausanne se trouve évidemment dans une position inconfortable. Mais il serait prématuré d’en tirer des conclusions définitives. Le championnat vient à peine de commencer et l’écart reste très faible entre plusieurs équipes, alors que certaines formations situées devant les Lions ont disputé davantage de matches. Le calendrier va toutefois rapidement fournir des indications beaucoup plus intéressantes. Après le long déplacement à Ajoie, Lausanne reçoit Genève-Servette ce mercredi, puis Bienne vendredi, avant de se déplacer à Zurich samedi.
Cette série permettra notamment de mesurer la capacité du LHC à réagir face à des adversaires qui constituent des références du championnat.
Les signaux sont suffisamment nombreux pour justifier une réelle vigilance.n Mais il existe également des raisons de ne pas dramatiser. Plusieurs blessés importants sont proches d’un retour, l’équipe a déjà montré qu’elle pouvait marquer et dominer, et la saison est encore extrêmement longue. La véritable question n’est donc pas de savoir si Lausanne peut retrouver le haut du classement. Elle est de savoir à quelle vitesse les Lions vont résoudre leurs problèmes actuels. Si les retours de Suomela, Fora, Marti et Miller apportent rapidement la profondeur attendue et si l’attaque retrouve son efficacité, le début de saison pourrait rapidement apparaître comme un mauvais souvenir. En revanche, si les difficultés offensives persistent même avec un effectif plus complet, le débat changera de nature. Il ne sera alors plus question d’un simple retard à l’allumage, mais d’un problème beaucoup plus structurel.

