Ce soir, la BCF Arena va vibrer comme rarement. À 2-2 dans la série, Fribourg-Gottéron a complètement relancé son quart de finale face à Rapperswil, et l’élan a clairement changé de camp. Balayés d’entrée (0-2), les Dragons ont répondu avec caractère, dont un cinglant 6-2 à l’extérieur. La machine est relancée et l’euphorie est revenue dans les travées fribourgeoises. Mais attention: en playoffs, tout peut basculer en une soirée. Si Gottéron est encore en vie, c’est en grande partie grâce à son coach. Roger Rönnberg n’a jamais paniqué, même au plus fort de la tempête. «Il est trop tôt pour paniquer», martelait-il après le 0-2. Résultat: deux victoires plus tard, la série est totalement relancée. Une gestion émotionnelle froide qui tranche avec la nervosité ambiante. À Fribourg, le cap est clair: rester lucide, ne pas s’enflammer. Surtout que l’on décèle désormais chez l’adversaire saint-gallois une fatigue réelle, presque parfois une certaine lassitude…
Et si les héros de cette série n’étaient pas ceux qu’on attendait? Touché par les absences de cadres comme Glauser, Sörensen ou Biasca (Fribourg semble préparer le retour imminent des deux derniers), Gottéron a vu surgir des profils inattendus, des seconds couteaux sortis du tiroir: Simon Seiler, solide et fiable derrière, Kyle Rau, devenu un vrai poison pour la défense adverse, Jan Dorthe, jeune audacieux propulsé en première ligne et prêt à se sacrifier dans tous les rôles qu’on voudra bien lui donner, et même Jeremi Gerber, revenu de nulle part. Une profondeur d’effectif qui fait aujourd’hui la différence. Rau incarne parfaitement ce renversement. Arrivé presque par défaut, il est aujourd’hui au cœur du redressement offensif avec trois assists en deux matches, note La Liberté. À ses côtés, Dorthe profite enfin de la confiance du staff: «C’est agréable de ressentir la confiance», confie-t-il. Résultat: production immédiate et impact visible. Ce sont souvent les joueurs inattendus qui font basculer les séries.
En face, Rapperswil commence à vaciller. Dominés physiquement et mis sous pression dans les derniers matches, les Lakers doivent réagir immédiatement. L’énergie fribourgeoise a changé la donne, et certains signes d’usure apparaissent. Fribourg a repris l’ascendant mental, un facteur clé à ce stade de la série. Ce match 5 n’est pas un match comme les autres: il peut faire basculer toute la série. Fribourg a le momentum, le public et la confiance. Rapperswil, lui, joue déjà gros. Une chose est sûre: dans cette série devenue imprévisible, celui qui prendra l’avantage aujourd’hui mettra un patin – et peut-être bien plus – vers les demi-finales.






















































