Le HC Sierre fait le grand écart. Capables de victoires éclatantes contre Olten (8‑2) en décembre ou à La Chaux-de-Fonds (5-6 OT) le 2 janvier dernier, les Valaisans avaient tout pour impressionner. Sauf une lanterne rouge tessinoise qui a réussi, depuis, à refiler sa dernière place à Arosa. À domicile, Bellinzona les a cueillis à froid et Sierre n’est plus leader: Thurgovie a profité de l’inconstance des hommes de Chris McSorley. Sierre, une équipe capable du meilleur… et du pire. Irrégularité totale qui fait grincer les supporters et oblige le coach à garder ses troupes sur le qui‑vive. Sierre a le potentiel pour dominer la Swiss League, mais la constance reste le vrai défi. Les prochains matches seront décisifs: briller ou se faire surprendre, il n’y a pas de juste milieu.
Le bon n’assure pas forcément la victoire
Aux Mélèzes, le HC Sierre a dominé en tirs (34 vs 28) et en blocs (14 vs 9), et surtout au cercle (FO 58 % vs 42 %), notamment en zone neutre (68 % vs 32 %). Sa puissance offensive a été efficace (PP 67 % vs 33 %), et son infériorité numérique solide (PK 67 % vs 33 %). Cependant, les Valaisans ont accumulé plus de pénalités (12 vs 6), ce qui a limité leur contrôle du jeu. La Chaux-de-Fonds s’est montrée plus disciplinée et a mieux exploité certaines situations, mais Sierre a clairement eu l’avantage physique et territorial, posant les bases d’une performance globalement supérieure malgré quelques déchets.
Le lendemain à la maison contre les Snakes, Sierre a survolé le match : 59 tirs contre 37, 69 % de possession de cercle et un contrôle total en zone défensive (79 % vs 41 %). Les Valaisans ont converti 2 de leurs 6 occasions de supériorité numérique, tandis que Bellinzona n’a jamais trouvé le fond du filet en PP. Côté discipline, seulement 6 min de pénalités pour Sierre contre 35 pour les Snakes. Sierre a ainsi dominé territorialement, offensivement et tactiquement… mais s’est incliné en courant après le score (0-3 à la 28e minute) en raison d’une nonchalance offensive et défensive (encaisser deux buts en étant en PP est impardonnable au moment où le retour en force s’amorce) incompréhensible.
Atmosphère particulière
Côté joueurs, on faisait grise mine, à l’image de Sacha Berthoud: «C’est vrai qu’on ne s’attendait pas vraiment à ça. Il est vrai aussi que l’atmosphère (réd.: en relation avec le drame de Crans-Montana) n’a pas aidé. On aurait dû être plus concentrés sur le hockey, être plus intensifs et montrer d’emblée qui était premier du classement.» Car effectivement, les deux buts encaissés avec pourtant un homme de plus sur la glace font tache. «Ça fait partie du jeu, ils ont été très efficaces en contre, ça on ne peut pas leur enlever», rajoute encore Berthoud qui préfère voir les qualités tessinoises que les manquements de son équipe. Pas certain que McSorley ait la même vision des choses, surtout à la veille d’une grosse semaine qui verra championnat et National Cup à l’agenda de la formation de Graben.
