À 36 ans, Luca Cunti met un terme définitif à sa carrière de joueur. L’ancien international suisse ne quitte toutefois pas les Lions, puisqu’il rejoint l’organisation pour se consacrer au développement des jeunes talents. Il n’a jamais été le plus rapide, ni le plus puissant. Pourtant, Cunti a longtemps fait partie des attaquants les plus intelligents du hockey suisse. Repêché par le Lightning de Tampa Bay en 2007, le centre zurichois a bâti toute sa carrière sur une qualité devenue rare: sa capacité à créer du jeu. Les recruteurs nord-américains le décrivaient déjà comme un «playmaker» naturel, doté de mains d’une grande finesse, d’un contrôle de rondelle au-dessus de la moyenne et d’une vision capable de transformer la moindre supériorité numérique en occasion dangereuse.
Sur le plan tactique, Cunti excellait dans la lecture du jeu. Toujours en mouvement, il savait ralentir ou accélérer le rythme selon les situations et trouvait régulièrement des lignes de passe que peu de joueurs voyaient. Centre de formation, il était capable d’évoluer à l’aile grâce à son intelligence positionnelle. Son hockey reposait davantage sur l’anticipation que sur l’explosivité. Les analystes canadiens soulignaient régulièrement sa capacité à attirer les défenseurs avant de servir un coéquipier démarqué, une qualité qui faisait de lui un excellent complément pour un véritable finisseur.
Les chiffres confirment pourtant la qualité de son parcours. Champion de Suisse avec les ZSC Lions, vice-champion du monde avec la Suisse en 2013, il a signé sa meilleure saison en National League en 2013/14 avec 44 points en 46 rencontres. À Bienne, il est redevenu un centre de premier plan en dépassant les 30 points lors de deux saisons consécutives. Même à 36 ans, il a démontré que son sens du jeu restait intact en récoltant 21 points en 34 matches avec les GCK Lions en Swiss League, avant d’ajouter six points en cinq rencontres de séries. Au moment de ranger définitivement ses patins, Luca Cunti laisse l’image d’un joueur dont la plus grande qualité n’était ni son patinage ni son physique, mais un cerveau hockey capable de faire jouer les autres mieux que quiconque.





















































