Lugano
Filppo Frizzi
Les plus tristes? Les grandes entreprises américaines de déménagement. Les plus heureux? Sans l’ombre d’un doute, les supporters du Hockey Club Lugano. Zach Sanford, qui fêtera ses 32 ans en novembre, a longtemps bourlingué à travers les Etats-Unis avant de rejoindre l’Europe pour la première fois de sa carrière. Il a sans aucun doute été l’un des grands artisans de l’excellente saison des «bianconeri». Washington, Ottawa, Winnipeg, Nashville, Arizona, Chicago et St. Louis, où il a remporté la Stanley Cup, ont été les sept étapes de la carrière nord-américaine du centre portant le numéro 21.mSanford n’est certainement pas le genre de star venue passer tranquillement ses dernières années de hockey en Suisse après plusieurs saisons de NHL et une Stanley Cup au palmarès. Zach est plutôt un géant au grand cœur, toujours disponible aussi bien pour les jeunes que pour les médias. Interview.
Alors Zach, comment se sont passées les vacances? Avez-vous pu vous vider la tête, comme vous dites aux Etats-Unis?
Ma femme et moi sommes retournés aux Etats-Unis, mais nous avions déjà hâte de revenir au Tessin. Ce fut une bonne saison, malgré un début difficile et une fin tout aussi compliquée. Nous avons pratiqué un excellent hockey durant une grande partie de la saison et je me suis rapidement senti à l’aise. Une nouvelle saison commence, avec de nouveaux coéquipiers, mais aussi certaines certitudes acquises l’hiver dernier, comme l’esprit d’équipe et notre cohésion. C’est là-dessus que nous devons repartir.
À la Corner Arena, une ambiance incroyable s’est créée et vous êtes rapidement devenu l’un des chouchous de la Curva Nord…
Le club a changé de staff technique il y a douze mois, avec de nouveaux joueurs et un système de jeu à assimiler. Comme toujours, il faut du temps pour mettre les automatismes en place. En septembre, nous avons eu des difficultés, mais nous avons ensuite commencé à enchaîner les victoires. Lors de mon premier match à la Corner Arena, j’ai été impressionné par le bruit que faisaient les supporters.
Pour vous, le plus difficile a-t-il été de vous habituer au mode de vie suisse, avec les supermarchés qui ne sont pas ouverts 24 heures sur 24 ou encore la gestion des déchets ménagers… Maintenant, ça va mieux?
Cela fera peut-être sourire, mais lorsqu’un Américain n’a jamais vécu en Suisse, il n’est pas forcément évident de s’adapter à un nouveau pays. Au début, ma femme et moi étions un peu perdus. Puis, avec l’aide de mes coéquipiers et du club, qui m’ont expliqué certaines choses pratiques, tout s’est amélioré. Lugano est une très belle ville, pas trop grande. Nous avons aussi un peu visité le Tessin et nous en sommes tombés amoureux.
Une intuition géniale
L’une des grandes différences avec la NHL est que, même lorsqu’il est très tard dans la nuit, vous pouvez toujours rentrer dormir chez vous. Les déplacements, les hôtels et les nombreux jours loin de vos proches ne vous manquent pas?
Pas du tout! Au début de la saison, même ma femme était étonnée de me voir rentrer à la maison après chaque match, y compris après les déplacements. On n’y pense pas forcément, mais cela améliore la qualité de vie du joueur, mais aussi celle de l’homme et de son épouse.
Avec 17 buts et 27 assists, vous avez longtemps porté le casque jaune de Top Scorer avant de le céder à Luca Fazzini. Une chose est certaine: avec le “Fazz” et Canonica, vous avez formé un excellent trio offensif…
Je me suis immédiatement bien trouvé avec eux sur la glace. Luca possède un tir exceptionnel et un excellent sens du placement, tandis que Lolo est rapide et possède un véritable instinct de buteur. Nous avons connu beaucoup de succès la saison dernière et c’était une intuition géniale du staff technique.
Si je vous dis “12 juin 2019”, quels souvenirs remontent à la surface? Gagner la Stanley Cup doit être un rêve…
Sans aucun doute. Rien que d’y penser, j’en ai encore la chair de poule. Moi, originaire du Massachusetts, avec le maillot de St. Louis, réussissant à remporter la Stanley Cup devant mes amis et ma famille… Après O’Reilly, Pietrangelo et Schenn, j’ai eu la satisfaction d’inscrire le 4-0 qui a fait plier les Bruins (Réd.: le match s’est finalement terminé sur le score de 4-1 pour St. Louis) et nous a offert le plus beau moment de ma carrière.





















































