FOCUS – Floran Douay, un profil à contre-courant au Lausanne HC

FOCUS – Floran Douay, un profil à contre-courant au Lausanne HC

Floran Douay (LHC) et Tim Berni (GSHC): ça frotte contre la bande - Photo: Laurent Daspres

Il existe des joueurs dont la valeur ne se mesure jamais uniquement au nombre inscrit dans la colonne des points. Floran Douay (31 ans) appartient clairement à cette catégorie. Lorsqu’il revient au Lausanne HC pour la saison 2025/26, le Français à licence helvétique n’est pas recruté pour devenir le prochain topscorer de la Vaudoise aréna, mais pour apporter ce qui est souvent plus difficile à trouver: du volume, de la densité physique, de la discipline tactique et une capacité à jouer des minutes difficiles. À 1,91 m pour environ 100 kg, l’ailier gauche possède le gabarit d’un joueur construit pour le hockey de confrontation. Les analystes le décrivent depuis longtemps comme un attaquant complet à vocation plutôt défensive, tandis que son utilisation avec la France confirme ce profil de joueur de complément capable d’évoluer dans différentes situations.

Formé à Genève après avoir quitté Megève à l’âge de 11 ans, Douay a fait ses débuts «chez les grands» en 2013/14 avant de s’installer durablement en National League. Sa première véritable saison complète, en 2015/16, avait déjà livré le mode d’emploi: 50 matches, 6 buts et 5 assists avec Genève-Servette. Ses meilleures références offensives restent ses 14 points en 46 rencontres avec Lausanne en 2020/21 et ses 12 points en 52 matches avec Ambrì-Piotta en 2023/24. Sur les données fournies pour sa saison 2025/26, il termine avec 3 buts et 3 assists en 46 parties de NL, soit 0,13 point par match. Sur l’ensemble de sa carrière régulière en National League, il dépasse désormais les 450 apparitions, avec une production qui confirme son statut: son apport principal ne se situe pas dans la création primaire, mais dans le travail nécessaire pour rendre une ligne fonctionnelle. Le Lausanne HC avait d’ailleurs explicitement mis en avant, lors de son retour, sa fiabilité, son intensité physique et son utilité défensive.

Excellent sans le puck

Tactiquement, Douay est intéressant parce qu’il peut donner à une ligne une autre géométrie. Son premier outil est évidemment son corps. À 1,91 m, il peut protéger le puck le long de la bande, gagner du territoire dans les batailles à cinq contre cinq et surtout créer de l’espace pour ses partenaires. Ce n’est pas nécessairement lui qui doit conserver longtemps la rondelle: son rôle consiste souvent à la récupérer, la sécuriser, la remettre rapidement et permettre au trio de repartir dans la bonne direction. Son jeu sans puck constitue probablement son principal argument pour un entraîneur. Douay comprend qu’un ailier de quatrième ligne ne doit pas systématiquement chercher l’action spectaculaire. Il doit fermer l’intérieur, couper les lignes de passe, soutenir son défenseur et surtout être capable de revenir rapidement dans une structure compacte.

Il possède également une qualité intéressante dans la zone offensive: il ne cherche pas systématiquement à compliquer le jeu. En mai 2026, avec l’équipe de France, Douay expliquait justement que certaines situations exigeaient davantage de volume vers la cage et moins de conservation individuelle du puck. Contre la Lituanie, il avait d’ailleurs égalisé en déviant devant le but un tir venu de la ligne bleue, avant de se créer lui-même une occasion après une action individuelle. Ce sont deux séquences qui résument assez bien son profil: présence dans le trafic, capacité à utiliser son gabarit et volonté d’aller vers la zone dangereuse plutôt que de rester en périphérie.

Il fatigue les défenses adverses

Il faut également intégrer la dimension internationale. Douay compte plus de 80 sélections avec la France et a participé aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026. Il y a même inscrit un but contre le Canada, terminant le tournoi avec un point en quatre rencontres. Pour une sélection française qui devait composer avec un déficit de vitesse et de profondeur par rapport aux grandes nations, la présence d’un joueur capable de jouer physiquement, de respecter une structure et d’absorber des minutes dans un rôle défensif avait une logique évidente.

Son profil comporte évidemment une limite: la production offensive. Les chiffres sont sans ambiguïté. Ses six points en 46 matches en 2025-2026 représentent sa deuxième plus faible moyenne offensive sur une saison complète de National League. Son efficacité doit plutôt être évaluée à travers d’autres indicateurs: capacité à gagner des duels, sorties de zone propres, protection du puck, présence devant la cage, repli et réduction des espaces accordés à l’adversaire. Même ses 94 minutes de pénalité en 2021/22, record de la NL cette saison-là, rappellent que son engagement physique peut parfois dépasser la limite acceptable.

Pour Lausanne, l’intérêt du joueur se situe précisément là. Dans une équipe qui possède déjà des éléments capables de produire du jeu et de marquer, Douay apporte une dimension différente. Il peut être utilisé lorsque le staff veut fermer un match, défendre une avance, fatiguer une défense adverse ou simplement remettre une ligne dans le bon sens. Dans une saison de National League où les écarts se jouent souvent sur ces micro-séquences, le Français représente une pièce de profondeur particulièrement utile: pas là pour faire plus de bruit, mais pour rendre une équipe plus difficile à jouer.

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