BELLINZONE
FILIPPO FRIZZI
Le Valais s’affirme comme le centre de gravité permanent de la Swiss League. Ces deux dernières saisons, le titre de champion suisse de deuxième division est revenu au HC Viège en 2025, puis au HC Sierre il y a quatre mois. À Viège, Luca Gianinazzi est derrière la bande pour une deuxième saison. Les Haut-Valaisans ont échoué de peu aux portes de la finale face à leurs « cousins » de Sierre. Après une première année d’adaptation, Gianinazzi a changé de statut : au Tessin, tout le monde l’appelait « Giana ». Dans le Haut-Valais, il est désormais devenu le « coach Luca ». Mais avec quelles ambitions Viège aborde-t-il cette nouvelle saison de Swiss League? Qu’a-t-il manqué à l’équipe la saison dernière? Et quel bilan tirer du recrutement effectué à la Lonza Arena ? Nous avons profité du match amical contre les Bellinzona Snakes pour échanger quelques mots avec le plus jeune entraîneur de la ligue, âgé de seulement 33 ans.
Luca, qu’est-ce qui vous a manqué la saison dernière ? Avez-vous analysé le déroulement de votre exercice?
Dans le sport, la différence se fait souvent sur des détails. Nous sommes passés tout près de la finale, mais nous avons été battus par un but en prolongation lors du septième match contre La Chaux-de-Fonds. Cela dit, nous n’avons pas perdu cette série lors de cette dernière rencontre: nous avions eu la possibilité de faire basculer la série en notre faveur à la Lonza Arena. Nous avons peut-être été trop indisciplinés et cela nous a coûté cher. Nous avons analysé ce qui avait bien fonctionné et ce qui avait moins bien marché, aussi bien dans notre jeu que dans le vestiaire et dans notre coaching.
Il y a deux ans, à Lugano, vous aviez emmené votre équipe à Lenzerheide pour un camp destiné à renforcer les liens du groupe. Comment s’est déroulée votre préparation cette fois-ci?
Notre préparation sur glace ne prévoit pas de camp en altitude. Nous n’avons changé que quatre joueurs, ce qui signifie que le vestiaire ne devrait pas rencontrer de difficultés pour intégrer les nouveaux éléments. Nous avons également prévu des activités de team building, mais nous avons la chance de pouvoir compter sur une équipe qui est restée pratiquement la même. Chaque saison apporte néanmoins son lot de nouveautés, de nouvelles dynamiques et la nécessité de reconstruire un certain esprit de groupe.
Objectif: continuité
Quel marché des transferts avez-vous réalisé? L’arrivée de Matteo Romanenghi en provenance d’Ajoie constitue notamment un renfort important…
Le maître-mot était la continuité. Nous sommes passés tout près de la finale, et je suis convaincu que nos lacunes ne se situaient pas au niveau de l’effectif. Daniele Marghitola et moi-même voulions surtout recruter des joueurs motivés, capables d’apporter quelque chose à cette équipe qui reste l’une des plus jeunes de la ligue. Je connais bien Matteo depuis l’époque où nous étions à Lugano. C’est un centre capable d’évoluer dans toutes les situations, aussi bien en box-play qu’en power-play. Au-delà de son expérience, “Roma” est également une excellente personne, discrète et très professionnelle. Ce sont des qualités particulièrement importantes pour une équipe comme la nôtre.
Quelle sera la recette pour réussir une saison régulière de premier plan?
Nous allons beaucoup miser sur notre organisation collective, qui constituait notre principal point fort l’hiver dernier. Nous voulons être une équipe capable de mettre l’adversaire sous pression, de bien gérer le puck et de rester compacte dans ses déplacements. Nous devons toutefois gagner en dynamisme, faire davantage circuler le disque et surtout nous montrer plus efficaces dans le slot.
Lurati, Romanenghi, mais aussi Patry: votre communication est désormais plus simple puisque vous pouvez vous adresser à eux en italien…
Ce n’est pas vraiment le cas, parce qu’ils comprennent désormais quand je suis en colère … (il plaisante) Patry, lui, ne me comprend toujours pas! Mais pour revenir à Romanenghi, je suis vraiment très satisfait de son arrivée. Dans le Jura, il a réalisé une très bonne saison, notamment en évoluant sur une ligne avec les étrangers. Il s’est révélé être un joueur polyvalent et précieux pour son équipe.
Ces derniers jours, le monde du hockey suisse a appris avec tristesse le décès de Fabio Gaggini, ancien joueur et président de Lugano. Une disparition qui dépasse largement les frontières du club tessinois…
J’ai appris la nouvelle dans la presse et elle m’a profondément attristé. Fabio a énormément apporté au hockey suisse, et pas seulement au HC Lugano. Je connais ses fils et j’ai même joué avec l’un d’eux lorsque nous étions enfants. Fabio était une personnalité très particulière dans le monde du hockey. Il restera une figure inoubliable.
Le Valais représente votre première véritable expérience loin de chez vous. Toute votre famille a déménagé dans le Haut-Valais. Si c’était à refaire, feriez-vous le même choix?
Sans la moindre hésitation. Mon walliserdütsch est encore perfectible, mais toute la famille s’est parfaitement adaptée. Nous avons trouvé notre équilibre à Viège et, bientôt, notre aîné commencera également l’école.