WOMEN’S LEAGUE – Battu à Davos ce weekend, Zoug reste le favori naturel

WOMEN’S LEAGUE – Battu à Davos ce weekend, Zoug reste le favori naturel

Photo: SIHF

La PostFinance Women’s League a repris ses droits ce week-end. Après un doublé historique, Zoug repart avec une longueur d’avance sur ses rivales. Mais Berne, Fribourg, Zurich et Davos ont chacun choisi une stratégie différente pour tenter de faire tomber le géant zougois. Il y a le champion en titre. Et puis il y a les équipes qui rêvent de le faire tomber (Davos y est déjà parvenu en gagnant 4-1 ce weekend dans les Grisons). La domination zougoise fut même particulièrement nette. Le EVZ avait terminé la saison régulière avec 20 points d’avance sur le SC Bern, après n’avoir concédé que deux défaites. Puis les Zougoises ont enchaîné les victoires jusqu’au titre, avec notamment trois succès en demi-finale contre Fribourg, pour un score cumulé de 19-5. Autrement dit : pour détrôner Zoug, il ne suffira pas de progresser. Il faudra franchir un véritable cap. Et la concurrence l’a bien compris. Le retrait tardif d’Ambrì-Piotta fin juillet a bouleversé le championnat. Ressort une certaine colère au sein des autres formations qui vont devoir se contenter de 24 matchs seulement en saison régulière. La concurrence peut aussi recruter. Elle peut développer ses jeunes. Elle peut engager des internationales étrangères. Mais pour rattraper Zoug, elle devra probablement faire davantage : créer les mêmes conditions permettant aux joueuses de s’entraîner comme des professionnelles, même lorsqu’elles ne le sont pas encore totalement.

Zoug a perdu quelques éléments importants, mais son ossature demeure remarquablement solide. La jeune Ivana Wey a choisi de poursuivre son développement à Northeastern University en NCAA, tandis que Nicole Vallario a rejoint la PWHL, Noemi Neubauerová également partie en Amérique du Nord. Nadine Hofstetter et Kristina Kontny ont, elles, mis un terme à leur carrière. Sur le papier, ces départs pourraient donner l’impression d’un champion affaibli. Mais Zoug a immédiatement réagi. Mara Frey, internationale suisse en provenance des ZSC Lions, renforce la défense. En attaque, le club a recruté l’Autrichienne Emma Lintner, la Norvégienne/Américaine Millie Rose Sirum et la Hongroise Mira Seregély. Et surtout, le club a conservé une grande partie de son noyau. Annic Büchi, Chiara Eggli, Rahel Enzler, Nina Harju, Yara Keller, Leonie Kutzer, Sarah Mettler, Lara Stalder ou encore Luisa Waser ont prolongé leur engagement, plusieurs jusqu’en 2027 ou 2028. Zoug ne cherche pas à reconstruire, il cherche à prolonger son cycle. Même le staff reste en place autour de Daniela Diaz, Sandra Thalmann, Franzisca Ebener et Marco Burch ont prolongé, tandis que Kristina Kontny a intégré l’encadrement comme vidéo-coach. Le club poursuit ainsi la professionnalisation de sa structure.

Berne veut reprendre le trône

S’il existe une équipe qui connaît mieux que les autres le chemin menant à une finale contre Zoug, c’est bien le SC Bern. Les Bernoises ont été vice-championnes la saison dernière et avaient même remporté la saison régulière en 2024/25. Cette fois, elles devront cependant partir à la poursuite des Zougoises dès le début. Le SCB a choisi de conserver une importante ossature autour de Lara Christen, toujours capitaine, et de Sinja Leemann, tout en ajoutant du sang neuf. L’une des principales recrues est la Canadienne Sophie Hudson, arrivée de Queen’s University, où elle avait inscrit 34 points en 24 matches. La Finlandaise Ada Eronen fait également partie des renforts annoncés. Mais le SCB devra surtout retrouver la constance qui lui avait permis de terminer devant tout le monde il y a deux saisons.

Fribourg-Gottéron a, lui, choisi une approche différente : ajouter une joueuse capable de faire basculer les rencontres. Et pas n’importe laquelle. Estelle Duvin a rejoint les Ladies fribourgeoises. Internationale française, participante aux Jeux olympiques de Milan-Cortina et surtout MVP de la PostFinance Women’s League en 2024 et 2025, elle représente l’un des transferts les plus spectaculaires de l’intersaison. Son arrivée peut changer la dimension offensive d’une équipe qui avait terminé quatrième la saison dernière avant de tomber en demi-finale et s’emparer de la médaille de bronze.

Pour les ZSC Lions, la mission est encore plus ambitieuse : revenir là où le club estime devoir être, comme l’équipe masculine. Le multiple champion suisse a manqué les playoffs la saison dernière avant de s’incliner en play-in. Une anomalie pour une organisation qui possède l’un des plus importants viviers du pays. Zurich compte en effet plus de 200 joueuses dans son secteur féminin. Le club continue donc à investir dans sa relève, tout en renforçant son équipe première. Le recrutement est particulièrement intéressant. Après avoir conservé l’internationale française Chloé Aurard-Bushee, les Lions ont ajouté l’expérience de la Suédoise Fanny Rask, ainsi que la Canadienne Keiara Raitt. La défenseure canadienne Bri Eid arrive également de Davos.

Les outsiders

Davos n’a peut-être pas la même profondeur que Zoug, Berne ou Zurich, mais les Grisonnes constituent un adversaire particulièrement intéressant. Sixièmes la saison dernière, elles avaient échoué dans leur tentative de qualification pour les demi-finales. Leur recrutement témoigne toutefois de l’ambition de faire mieux. L’attaquante américaine Avery Farrell, en provenance de St. Cloud State, et la Canadienne Kaitlin Jockims, arrivée de Djurgården, doivent apporter de la puissance offensive. Dans l’autre sens, Davos a notamment perdu Bri Eid, partie à Zurich. Le défi sera donc de gagner en régularité.

Et puis il y a le nouveau venu. Le Lausanne HC Féminin débarque dans l’élite avec une ambition qui dépasse largement le simple maintien. Les Vaudoises ont frappé fort sur le marché avec Clara Rozier, internationale française passée notamment par HIFK Helsinki et double championne de Finlande, ainsi que Maija Otamo, forte de 14 saisons dans les meilleures ligues européennes et de plus de 700 points dans sa carrière. Lausanne a également recruté Julia Mesplède, internationale française de 23 ans passée par l’Université du Vermont en NCAA. Mais entre ambition et capacité à tenir le rythme d’une saison complète, il existe encore une différence. Lausanne devra d’abord prouver qu’il peut rivaliser régulièrement avec les équipes installées.

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