LAUSANNE – Dix questions à Drake Caggiula: «Brännström cache systématiquement mes crosses»

LAUSANNE – Dix questions à Drake Caggiula: «Brännström cache systématiquement mes crosses»

Drake Caggiula (LHC) - Image: Zoom67/PH/IA
Lausanne
Filippo Frizzi

L’histoire d’amour avec la ville de Lausanne a été immédiate. Drake Caggiula, comme sa famille, est arrivé en septembre 2025 après avoir signé un contrat d’une seule saison. Mais il n’a pas fallu longtemps pour que, d’un côté, le Canadien tombe sous le charme de la ville et que, de l’autre, le club s’attache à cet ailier de 32 ans originaire de l’Ontario. C’est désormais officiel : le numéro 96 a prolongé son contrat et restera au bord du Léman au moins jusqu’en 2028. Vif d’esprit, rapide dans ses gestes et doté d’un excellent instinct devant le but, Caggiula est un joueur sur lequel Lausanne peut compter. Son patinage sur toute la longueur de la glace et son sens du but font de lui l’une des principales armes offensives du LHC. Comme nous l’avions déjà fait avec Jeff Skinner, à Bienne, nous lui avons posé dix questions. L’entretien s’est déroulé au bord de la patinoire de la Vaudoise aréna, pendant que ses deux aînés s’en donnaient à cœur joie à la LHC Academy et que sa petite dernière, née en Suisse, était choyée par sa maman Laura.

1. Vous aviez initialement signé un contrat d’une seule saison à Lausanne. Pourtant, peu de temps après votre arrivée, vous avez prolongé votre engagement de deux années supplémentaires. Pour quelle raison?
Pour ma première expérience loin des États-Unis, il me semblait logique de signer un contrat d’un an. Mais ma famille et moi sommes rapidement tombés amoureux du canton de Vaud. Le club était satisfait de mes performances et nous sommes parvenus à un accord pour deux saisons supplémentaires. Nous aimons la nature, le lac et les endroits typiques de Lausanne.

2. Genève en 2022, Fribourg en 2026: les clubs romands ont démontré qu’avec une bonne planification, il était possible de décrocher le titre, même en parlant français…
L’objectif est toujours de remporter le titre. Cette saison, malgré les nombreuses blessures que nous avons subies, Lausanne est en train de retrouver son rythme. Les choses sérieuses commenceront en mars, mais, compte tenu de l’équilibre qui règne en ce début de championnat, il est évident qu’il ne faut pas laisser de points en route.

3. La saison dernière, vous avez vécu un match complètement fou : le derby remporté 11-0 par Lausanne contre son voisin genevois. Vous attendiez-vous à une telle rencontre?
Aux États-Unis, les rivalités entre les villes sont nombreuses. Mais je n’avais jamais rien vu de comparable à ce qui existe entre Genève et Lausanne. Je n’avais encore jamais goûté à une telle rivalité sportive en Amérique du Nord. Ces rencontres sont toujours très amusantes à jouer, mais elles exigent aussi d’être au meilleur de sa forme, compte tenu de l’enjeu.

4. Après une première saison en Suisse, vous avez certainement pu vous faire une idée précise du niveau de la National League…
Je trouve que le niveau du championnat est excellent. Je savais que la Suisse possédait l’une des ligues les plus fortes d’Europe. Je suis très heureux que ma famille se sente également bien à Lausanne. Il y a beaucoup de joueurs de qualité et le niveau du championnat ne cesse de progresser.

5. Vu de l’extérieur, Geoff Ward semble être un entraîneur plutôt calme. Mais quel est-il réellement dans le vestiaire?
C’est un entraîneur très précis, qui réfléchit beaucoup au jeu et ne néglige aucun détail. Geoff Ward est quelqu’un de méthodique. Ce n’est pas le genre de coach qui s’énerve ou qui crie. Il propose un jeu structuré, c’est un excellent pédagogue et, pour de nombreux joueurs, il est même un véritable mentor.

6. Avant de choisir la Suisse, vous avez certainement demandé conseil à quelques compatriotes…
Oui, effectivement. J’ai contacté un ami qui avait joué sous les ordres de Geoff Ward à Calgary. D’autres personnes m’ont également parlé de Lausanne parce qu’elles y avaient vécu. Grâce à tous ces commentaires positifs, je n’ai pas mis longtemps à signer avec le LHC.

7. Les discussions avec d’autres joueurs étrangers passés par la National League montrent que vous appréciez notre mode de vie. Des déplacements plus courts permettent aussi de voir grandir ses enfants…
Ce sont mes enfants et ma femme qui sont les plus heureux. Moins de temps passé en déplacement signifie davantage de temps en famille. En NHL, les rythmes sont effrénés: on reste souvent loin de chez soi pendant quinze à dix-sept jours. Puis on rentre, mais on ne voit sa famille que durant quelques jours avant de reprendre l’avion. Maintenant que notre troisième enfant est arrivée, je ne veux pas manquer une seule minute de leur vie.

8. Quel est le coéquipier le plus drôle?
Sans hésiter, Erik Brännström. Il est vraiment drôle, parfois même sans le faire exprès. Avec lui, c’est toujours la même histoire: j’arrive au vestiaire, je me change et je passe ensuite au moins cent ans à chercher mes crosses sans les trouver. Erik me les cache systématiquement dans les toilettes!

9. Vos coéquipiers décrivent un Drake toujours souriant, qui cherche à transmettre une énergie positive, même dans les moments difficiles…
Le hockey est un sport d’émotions. L’équipe qui commet le moins d’erreurs gagne, mais l’ingrédient principal reste la passion. C’est elle qui vous pousse à revenir chaque jour sur la glace, après une victoire comme après une défaite. Je n’aime pas perdre, mais lorsque je retourne au vestiaire, j’essaie de rester positif et je pense immédiatement au prochain match. J’aime aussi faire quelques blagues à mes coéquipiers dans le vestiaire.

10. Difficile d’imaginer une Coupe Spengler sans le Team Canada. Pourtant, cette année, aucune équipe ne portera la feuille d’érable sur le maillot. Le monde à l’envers…
Je suis très déçu que le Team Canada ne participe pas à la Coupe Spengler cette année. J’ai toujours suivi ce tournoi, même lorsque j’étais en Amérique du Nord, et j’ai eu l’honneur de porter le maillot canadien l’année dernière. Ce fut une expérience inoubliable, pour moi comme pour ma famille. L’absence des Canadiens sera difficile à accepter. J’espère que le Team Canada pourra revenir dans les Grisons à l’avenir.

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