On l’appellera Marc* (nom connu de la rédaction). Gottéron, c’est un bon 75% de son existence. La qualification des Dragons pour la finale sera-t-elle un aboutissement… ou le chemin vers un premier titre de champion de Suisse? À ce jour, Marc a vécu quatre finales, la cinquième, il aimerait tant la gagner. Peut-être pour boucler la boucle. Surtout, lui reviennent les souvenirs des quatre rendez-vous précédents… ratés. Il raconte. «Tout commence en 1992. J’ai 12 ans lorsque je découvre pour la première fois les playoffs. Grâce à mon frère et ma sœur, je plonge dans un univers qui va rapidement devenir bien plus qu’un simple sport. Toute une ville vit au rythme du HC Fribourg-Gottéron. La finale face au CP Berne laisse un goût amer. La déception est là, forte, collective. Mais ce soir-là, quelque chose de plus important se joue. Sur la glace, un joueur me remet un maillot porté lors de cette finale : celui de Mario Brodmann. Sans le savoir encore, une passion vient de naître. Et depuis, une attente ne m’a jamais quitté : entendre un jour l’hymne national résonner à Fribourg.»
«En 1993, la passion grandit encore. À cette époque, suivre son équipe demande un engagement total. Chaque fan’s club organise ses déplacements, souvent en car, dans une ambiance intense et fraternelle. Comme le raconte David Giller : « Nous étions une bande de copains et un fan’s club très soudé. La finale de 1993, au niveau des déplacements à Kloten, était déjà en soi un challenge. Durant cette période, nous dormions très peu et vivions des moments de joie intense. Le soir du 23 mars 1993 à Kloten, le vent de la désillusion avait sonné pour tous les supporters de Gottéron. » La déception est forte, mais la fierté reste. « C’est aussi une grande fierté d’avoir assisté et contribué à cette série intense. » Aujourd’hui, l’attente d’un titre et la communion entre fans et équipe restent les mêmes.»
«En 1994, tout semble réuni pour le titre. Et pourtant, la désillusion frappe à nouveau. Comme le résume Fabrice Vial : « Un seul mot résume la finale de 1994 : consternation. La saison dominée de façon outrageuse… et non, caramba, encore raté ! » Mais les souvenirs restent inoubliables. « Nous avons eu la chance de vivre des années à jamais gravées dans nos mémoires. Chaque match était un cadeau. Lors des déplacements en car, que d’ambiance, que de rires et de passion. L’ambiance était spontanée, presque chaotique. Aujourd’hui, c’est plus structuré… mais toujours magnifique. » En 2013, après près de vingt ans d’attente, l’espoir renaît. À Bulle, les supporters se rassemblent, et chaque match devient une fête. Pour Nadia Menoud : « C’était une grande fête. Le bar était rempli de gens, on y croyait vraiment. » Mais le rêve s’arrête brutalement. « Je me souviens de la déception lors du match 6. Moi, je pleurais, j’avais l’impression que c’était la fin du monde. » Mon maillot de Bykov, signé par toute l’équipe, me rappelle cette époque… et aussi qu’il aurait mérité d’être encore là aujourd’hui.»
«En 2026, une nouvelle génération prend le relais. Face au HC Davos, le HC Fribourg-Gottéron retrouve la finale. À 23 ans, Alysson Savary s’apprête à vivre ce moment pleinement. « Cette toute première finale en étant consciente, c’est vraiment spécial. C’est quelque chose que j’attendais depuis longtemps et que je suis heureuse de partager avec mes proches. » C’est un moment qui va beaucoup me bouleverser. Cette passion, c’est quelque chose qui me fait vibrer… c’est comme une deuxième maison. Depuis 1992, les générations passent. Mais une chose reste intacte : la passion, la fidélité, et cette attente. Aujourd’hui, le hockey a changé. Les infrastructures, les budgets, les exigences… tout s’est professionnalisé. Le HC Fribourg-Gottéron fait désormais partie de ce hockey moderne, capable de rivaliser avec les plus grandes cylindrées du pays. Mais au fond, rien n’a vraiment changé. Dans les tribunes, dans les familles, dans les maillots transmis, c’est toujours la même flamme qui brûle. Et quelque part, entre passé et présent, tout un peuple continue d’y croire. Au fil du temps, le club s’est aussi construit grâce à des figures marquantes. Jean Martinet incarne une époque de passion débordante, où Gottéron devient un symbole populaire dans tout le canton. Puis Laurent Haymoz apporte une vision plus structurée et moderne, posant les bases du club actuel. Aujourd’hui disparus, leur héritage demeure profondément. Nul doute que ces deux hommes, quelque part, veillent encore à ce que ce titre arrive, une fois pour toutes, à Fribourg.»






















































