Le Genève-Servette HC change de dimension. Après une saison 2025/26 mouvementée conclue en demi-finales, le club genevois n’a plus vraiment droit à l’erreur. Cette fois, les circonstances atténuantes seront difficiles à trouver. Car Sam Hallam est arrivé. Le Suédois n’a pas été engagé pour relancer une équipe en reconstruction. Genève possède déjà les joueurs, l’expérience et la profondeur nécessaires pour viser haut. Son rôle sera de transformer tout cela en une véritable machine collective. Triple champion de Suède avec Växjö, élu meilleur entraîneur de SHL en 2018 puis sélectionneur de la Suède, Hallam connaît les exigences du très haut niveau. Son arrivée change donc forcément le niveau d’attente aux Vernets. Une mauvaise entame ? Il faudra réagir. Un manque de constance ? Il faudra corriger. Une élimination prématurée? Elle sera difficile à justifier. Genève doit désormais assumer son statut.
Hallam ne part pas d’une page blanche. Il récupère une équipe qui a terminé troisième de la dernière saison régulière et qui a démontré un caractère impressionnant en playoffs. Face à Lausanne, les Grenat étaient menés 3-2 dans la série. Lors de l’acte VI, ils ont même accusé trois buts de retard avant de renverser complètement la situation et de s’imposer 4-3 après prolongation. Puis Genève a remporté le septième match 5-1. Cette remontée a été l’un des grands moments de la saison. Mais Fribourg-Gottéron a ensuite stoppé l’aventure en demi-finales, avec une victoire 4-1 dans la série. C’était bien, d’accord. Pas suffisant.
Le souvenir du chaos est encore présent
Car quelques mois plus tôt, le scénario était bien différent. Après une douzième place en 2024/25, Genève devait impérativement réagir. Le début de saison a pourtant rapidement tourné au cauchemar sous Yorick Treille. Les défaites 11-0 contre Lausanne et 8-0 à Bienne ont précipité le changement de coach. Ville Peltonen a alors repris une équipe en plein doute. Le Finlandais a progressivement restauré la structure et la confiance. Genève a terminé avec 91 points, soit 20 de plus que la saison précédente, et a également amélioré sa production offensive avec 162 buts inscrits. Le potentiel était donc bien réel. Hallam doit maintenant faire en sorte qu’il ne soit plus seulement visible par séquences.
Sur le papier, le secteur offensif n’a quasiment aucune faiblesse. Markus Granlund sort d’une saison exceptionnelle avec 54 points en 49 rencontres, terminant meilleur compteur de National League. Jesse Puljujärvi a lui aussi franchi la barre des 50 points, tandis que Sakari Manninen a compilé 45 unités en 46 matches. Jimmy Vesey a terminé avec 35 points et 14 buts. Quatre étrangers capables de faire basculer une rencontre. Mais Hallam aura besoin de davantage de production suisse. Vincent Praplan, Tim Bozon et Josh Jooris et Noah Rod possèdent l’expérience nécessaire. Marco Miranda et Matthew Verboon peuvent apporter intensité et énergie. Le recrutement de Johnny Kneubuehler offre également une solution supplémentaire après son arrivée de Bienne, tandis que Nicolas Müller cherchera à relancer sa progression. Et puis il y a Tristan Lemyre. Auteur de 35 points en 40 matches NCAA avec Minnesota State, le Canadien pourrait apporter de la vitesse et de la créativité.
Genève possède également une carte particulièrement intéressante avec Simas Ignatavicius. À seulement 18 ans, le jeune attaquant a déjà inscrit 13 points en National League. Meilleur jeune du championnat, il a ensuite été sélectionné au deuxième tour de la Draft NHL par les Florida Panthers. La prochaine étape sera forcément plus exigeante. S’il confirme, Hallam disposera d’une arme supplémentaire et Genève pourra compter davantage sur sa relève. Dans un effectif dont la moyenne d’âge approche les 30 ans, cette jeunesse pourrait être précieuse.
La défense : le vrai test
C’est toutefois derrière que les progrès devront être les plus visibles. Genève a encaissé 147 buts en saison régulière. Pour un prétendant au titre, c’est encore trop. Stéphane Charlin n’a pourtant pas grand-chose à se reprocher. Avec 91,5% d’arrêts, 26 victoires et cinq blanchissages, le portier de 25 ans a confirmé son statut de numéro un. Le chantier concerne donc avant tout la protection devant lui. La perte de Tim Berni n’est pas anodine. Le défenseur suisse apportait mobilité et volume de jeu. Pour compenser, Genève a notamment misé sur le triple champion de Suisse Ramon Untersander. Mika Henauer et Jérémie Bucheler offrent des profils différents, tandis que Vili Saarijärvi reste l’une des principales armes offensives de la ligne bleue. Jan Rutta, Dave Sutter (qui a trop souvent été 7ème défenseur la saison passée), Simon Le Coultre, Roger Karrer et Giancarlo Chanton complètent une arrière-garde profonde, mais également vieillissante. Devant les filets, Charlin devra pouvoir souffler. Robert Mayer permettra justement de mieux gérer la saison. Car Genève a au programme la CHL en plus d’une National League toujours aussi exigeante. Charlin ne pourra pas tout jouer. C’est aussi là que le travail de Hallam sera jugé.
Genève possède aujourd’hui ppratiquement tous les ingrédients d’une équipe capable de viser le titre. Hallam ne disposera évidemment pas d’une baguette magique. Il lui faudra du temps pour imposer ses principes et faire évoluer son équipe. Mais après avoir connu le chaos, Genève a retrouvé la stabilité. Après avoir retrouvé les playoffs, les Grenat ont atteint les demi-finales. La prochaine étape est évidente.
Avec Sam Hallam sur le banc, il sera difficile de se cacher derrière les mêmes excuses..

