Nommée à la tête de l’équipe de Suisse féminine, Shannon Miller aborde son nouveau défi avec enthousiasme et une philosophie très claire. L’expérimentée coach canadienne de 62 ans explique, dans une interview accordée à Keystone-ATS, avoir été convaincue par un échange avec Lara Stalder, ancienne joueuse qu’elle avait dirigée à l’Université du Minnesota. «Je suis déjà un peu âgée, il faut donc se fier à son instinct», raconte-t-elle pour expliquer sa décision. Miller entend instaurer un cadre à la fois exigeant et positif. «Je suis très positive, très gentille, mais aussi claire et directe», explique-t-elle. Sa priorité est de créer une relation avec chacune de ses joueuses afin de comprendre ses besoins et de l’aider à progresser. Ses premiers contacts avec le groupe l’ont d’ailleurs enthousiasmée: «De l’amour, de l’énergie, du plaisir, c’est ce qu’elles dégagent!» Elle a également été agréablement surprise par le niveau affiché sur la glace.
La nouvelle sélectionneuse refuse de considérer la médaille olympique comme une pression supplémentaire. Elle préfère se concentrer sur la construction d’un nouveau groupe, après plusieurs départs à la retraite et l’arrivée de jeunes talents. Son ambition dépasse d’ailleurs largement les résultats immédiats. Miller veut mettre en place un véritable «écosystème» reliant les sélections U16, U18 et l’équipe nationale A, afin que le hockey féminin suisse puisse progresser de manière cohérente et durable. Elle estime également que la Suisse peut réduire l’écart avec les grandes nations comme le Canada et les Etats-Unis. Pour y parvenir, elle prône une collaboration étroite entre les différentes composantes du hockey helvétique: «Tous ensemble, y compris les clubs, nous apprenions les uns des autres.»
Installée en Suisse, où elle prévoit de passer l’essentiel de son temps, Shannon Miller savoure aussi son retour derrière un banc après plus d’une décennie loin du coaching. Son départ de l’Université du Minnesota en 2015 avait débouché sur un long conflit juridique. «Les premières années n’ont pas été faciles sur le plan émotionnel», reconnaît-elle. Le règlement finalement favorable de cette affaire a rendu son retour encore plus symbolique. Malgré son immense expérience, la Canadienne veut donc inscrire son travail dans le temps. «Je ne serai probablement plus là à ce moment-là, mais je veux créer quelque chose qui perdure», résume-t-elle.
(Source: Keystone-ATS, interview publiée le 18 août 2026).
(Source: SIHF/YouTube)