La finale de National League 2025/26 s’ouvre ce samedi soir à Davos avec un parfum particulier: celui d’un duel entre un ogre du hockey suisse et un éternel prétendant qui rêve enfin de briser le plafond de verre. D’un côté, le HC Davos, machine parfaitement huilée cette saison, de l’autre Fribourg-Gottéron, porté par tout un canton et par l’espoir d’un premier titre historique. Sur le papier et historiquement, l’avantage est clair. Davos a écrasé la saison régulière avec 117 points, loin devant Fribourg et ses 100 unités, et a confirmé en playoffs avec des séries maîtrisées face à Zoug puis Zurich, bouclées en cinq matchs sans véritable tremblement. Les Grisons avancent avec l’étiquette de favori assumé, forts d’un passé unique en Suisse avec 31 titres nationaux, même si le dernier remonte à 2015. Cette équipe donne l’impression de ne jamais sortir de son plan, solide dans toutes les zones et capable d’accélérer quand il le faut.
En face, Fribourg-Gottéron débarque avec un parcours beaucoup plus cabossé, mais aussi peut-être plus formateur. Les Dragons ont dû passer par un match 7 irrespirable en quart de finale contre Rapperswil avant de monter en puissance et de dominer Genève en demi-finale (4-1 dans la série). Une montée en régime progressive qui pourrait peser dans cette finale, même si l’écart de régularité sur l’ensemble de la saison reste significatif. L’histoire, elle aussi, penche nettement du côté grison. Sur les confrontations directes en playoffs, Fribourg n’a remporté qu’une seule série contre Davos en six tentatives, et court toujours après un premier sacre national. Cette finale ressemble donc à une opportunité rare, mais aussi à un immense défi mental pour une équipe qui a souvent buté sur les dernières marches ces dernières années.
Le calendrier promet en tout cas une série intense, au meilleur des sept matchs, avec un premier acte aujourd’hui à Davos avant un basculement rapide à la BCF Arena lundi. L’avantage de la glace est du côté du HCD, un détail loin d’être anodin dans une finale où chaque match peut basculer sur des détails. Reste la dynamique émotionnelle, souvent décisive à ce stade. Davos avance avec sérénité, presque en rouleau compresseur, alors que Fribourg joue avec quelque chose de plus difficile à quantifier: la pression d’un premier titre, les derniers matchs de son capitaine Juien Sprunger et l’énergie d’un public qui rêve d’écrire l’histoire. Entre maîtrise froide et élan populaire, cette finale oppose deux visions du hockey et deux trajectoires radicalement différentes. Une chose est sûre: si Davos part favori, Gottéron n’a sans doute jamais été aussi proche de renverser la table.






















































