Quand le Canada a dévoilé ses gardiens pour le Championnat du monde 2026, l’attention se portait naturellement vers Cam Talbot, champion du monde en 2016 et vétéran de 38 ans. Pourtant, c’est un autre nom qui a reçu la confiance du staff pour lancer le tournoi contre la Suède : Jet Greaves. À 25 ans, le gardien canadien n’avait jamais disputé le moindre match international auparavant. Mieux encore: il n’a jamais été repêché en NHL. Une trajectoire inhabituelle pour celui qui se retrouve aujourd’hui devant des noms comme Sidney Crosby, Ryan O’Reilly, Macklin Celebrini ou Mark Scheifele.
Et le pari canadien a immédiatement porté ses fruits. Face à la Suède lors du match d’ouverture du Mondial, Jet Greaves a stoppé 22 des 25 tirs reçus dans une rencontre où plusieurs occasions adverses étaient considérées comme des chances franches de marquer. Malgré deux buts encaissés côté mitaine, le gardien a tenu bon pendant que le Canada renversait la situation en troisième période pour aller chercher la victoire. Sa présence dans la cage ne doit rien au hasard. Quelques jours auparavant, il avait déjà convaincu lors d’un match de préparation contre la France. Mais surtout, il avait construit sa crédibilité durant la saison NHL avec Columbus.
Les chiffres racontent sa progression :
- 55 matches disputés avec Columbus cette saison
- Fiche de 26 victoires, 19 défaites et 9 défaites en prolongation
- Neuvième gardien le plus utilisé de toute la NHL
Pour un joueur jamais sélectionné à la draft, la trajectoire est spectaculaire. Son parcours ressemble davantage à une montée marche après marche qu’à une ascension fulgurante. Après deux saisons dans l’OHL avec Barrie, la pandémie avait complètement interrompu sa progression en 2020/21. L’année suivante, il repartait presque de zéro en ECHL avec Kalamazoo avant d’obtenir sa chance à Cleveland en AHL. Pendant quatre saisons, il a surtout évolué avec les Monsters avant d’obtenir son premier appel en NHL le 4 avril 2023 contre Toronto, son équipe de cœur. Même dans une défaite 4-2, il avait marqué les esprits avec 46 arrêts sur 49 tirs.
Techniquement, Jet Greaves représente aussi une exception moderne. Avec ses 183 centimètres, il est considéré comme relativement petit pour les standards actuels de la NHL, où les gardiens dépassent fréquemment les 190 cm. Là où beaucoup compensent par leur gabarit, lui mise sur autre chose : lecture du jeu, anticipation et déplacement. Peu de mouvements inutiles, une bonne gestion des angles et une capacité à arriver tôt dans sa position plutôt qu’à devoir effectuer des arrêts spectaculaires dans l’urgence.
Même son numéro raconte une histoire particulière. Greaves porte le numéro 73, un choix très rare pour un gardien. Admirateur de Andrei Vasilevskiy, qui joue avec le 72, il voulait conserver l’idée tout en choisissant un numéro impair. Dans l’histoire de la NHL, seuls deux gardiens ont porté ce numéro. Mais derrière toutes les statistiques, un mot revient constamment chez lui : gratitude. Jamais repêché, passé par l’ECHL, longtemps considéré comme trop petit pour le plus haut niveau, Jet Greaves s’est construit loin des projecteurs. Aujourd’hui, il défend les couleurs du Canada au Championnat du monde. Il y a quelques années encore, cela ressemblait probablement à un scénario impossible.
(Source: iihf.com)






















































