Rédaction
Filippo Frizzi
Tout le canton des Grisons y croyait. La saison avait été exceptionnelle, Davos était parvenu à renverser la finale et avait ainsi obtenu le privilège de disputer un septième match décisif, qui plus est à domicile. Toutes les conditions semblaient réunies et les maillots commémoratifs avaient probablement déjà été préparés. Puis ce «satané» Lukas Wallmark a marqué en prolongation, envoyant Gottéron au paradis et les hommes de Josh Holden en enfer – sportivement parlant. Michael Fora a tout fait pour aider ses coéquipiers. Mais après quelques présences seulement, son genou a lâché et le défenseur tessinois de 30 ans a dû jeter l’éponge et, bien malgré lui, assister à la défaite depuis le banc.
«C’était ma première finale et la déception a été vraiment énorme, explique le nouveau défenseur de Lausanne. J’ai essayé de revenir après une blessure. J’ai effectué trois changements avant que mon genou ne me dise que cela suffisait. C’était d’autant plus décevant que, depuis l’extérieur, j’étais vraiment convaincu que mes coéquipiers pouvaient venir à bout de Fribourg. J’étais très calme parce que j’avais énormément confiance en cette équipe. La série a été équilibrée et Gottéron a été très solide au cours des sept matches, sans connaître trop de hauts ni trop de bas. Le Davos de l’hiver dernier était une équipe vraiment spéciale : il arrive rarement dans une carrière d’avoir la chance de faire partie d’une équipe aussi exceptionnelle.»
Paradoxalement, votre extraordinaire saison régulière vous a peut-être fait endosser le costume des super-héros. Peu de défaites et une équipe qui écrasait tout sur son passage. Un ancien entraîneur me disait toujours qu’on apprend davantage des défaites que des victoires…
C’est toujours le même discours. J’ai parlé avec certains joueurs qui ont remporté le titre et qui m’ont dit que le fait de rencontrer des difficultés durant la saison régulière aide ensuite à surmonter les problèmes que l’on peut rencontrer en playoffs. Toutefois, je ne pense pas que cela ait influencé la finale. Il y a eu des moments difficiles: nous avons été menés, nous sommes allés gagner à Fribourg, puis nous avons subi une défaite à domicile et nous avons toujours trouvé l’énergie nécessaire pour retourner les situations. Nous avons peut-être connu trop de passages à vide. Commencer le septième match avec deux buts de retard n’était évidemment pas idéal.
Le passé ne peut pas être changé. En revanche, on peut orienter l’avenir. Parmi les nombreuses offres que vous avez reçues, vous avez choisi Lausanne. Pourquoi?
Pour mon développement personnel, je voulais découvrir quelque chose de nouveau. À Davos, j’ai vécu les meilleures années de ma vie jusqu’à présent. Tout était parfaitement organisé et je m’y sentais incroyablement bien. Le LHC m’a immédiatement fait sentir que j’étais important et cela m’a beaucoup plu. Les dirigeants lausannois m’ont fait comprendre qu’ils souhaitaient avoir un joueur comme moi, pas seulement pour ce que je peux apporter sur la glace, mais également en dehors.
Objectif: titre!
Au cours de votre carrière, vous avez remporté la Coupe Spengler et deux médailles d’argent aux Championnats du monde avec la Suisse. Il ne vous manque désormais plus que le titre suisse…
Je dirais que oui. Après tout, l’hiver dernier, j’ai vécu énormément d’émotions et connu une saison exceptionnelle, malheureusement avec une fin triste. Mais le sport va vite et qui ne voudrait pas remporter le titre? C’est l’objectif de tous les joueurs.
Vous êtes arrivé depuis peu dans le canton de Vaud. Quelles sont vos premières impressions sur la ville et le club?
Je commence à prendre mes marques. Je suis quelqu’un d’assez routinier et, à Davos, j’avais trouvé mes habitudes. Maintenant, je me donne le temps d’en trouver de nouvelles et de découvrir mon rôle au sein de l’équipe. Disons que je suis un peu comme un enfant dans un nouvel endroit : toujours attentif, curieux, les yeux grands ouverts et toujours prêt à apprendre quelque chose. J’ai été très bien accueilli et l’équipe ainsi que le staff sont très soudés.
Lausanne a perdu du poids offensivement avec les départs de Théo Rochette et de Ken Jäger, mais vous serez plus solides défensivement avec votre arrivée et celle de Romain Loeffel…
Stabilité est effectivement le bon mot. Les championnats se gagnent avec de grandes défenses et, en playoffs, l’aide du gardien joue également un rôle très important. Être solide défensivement procure un gros avantage. Lors de la première finale, Fribourg avait une défense très solide. Lors de la deuxième finale, l’équipe avait perdu Nemeth et Glauser, deux éléments fondamentaux, et elle a davantage souffert.
Vous venez d’une famille de sportifs, puisque votre père Marco était gardien, votre mère Antonella gymnaste et votre sœur Nancy a été une figure importante de l’Elfic Fribourg. Il sera désormais plus difficile de venir vous voir…
Nancy s’est installée en Belgique il y a quelques jours, donc il sera effectivement plus difficile de se voir. Concernant maman et papa, c’est vrai que le déplacement depuis le Tessin sera plus long, mais cela voudra dire qu’ils resteront plus longtemps à Lausanne.
Une dernière curiosité concernant Holden et Ward, deux entraîneurs dotés d’une forte personnalité. Quelles différences voyez-vous entre les deux ?
C’est difficile de répondre à cette question. Ce qui est important pour moi, c’est qu’ils sont tous les deux de très bonnes personnes. Je connais Josh depuis plus longtemps et j’ai toujours eu une excellente relation avec lui. La première chose qui saute aux yeux, c’est la grande expérience de Ward, un entraîneur qui a dirigé pendant plusieurs années des équipes de NHL. Josh ne possède pas encore ce bagage, mais il est sur la bonne voie pour devenir l’un des entraîneurs les plus forts de notre championnat.

