Lausanne a longtemps rêvé d’atteindre le sommet du hockey suisse. Aujourd’hui, le problème est différent. Le LHC sait qu’il peut y arriver. Finaliste en 2024 puis encore tout près des sommets lors des saisons suivantes, le club vaudois est désormais installé parmi les grandes puissances de National League. La Vaudoise aréna est pleine, les finances sont solides et le contingent affiche une qualité rarement vue dans l’histoire de l’organisation. La question qui accompagne désormais chaque saison est simple: quand Lausanne gagnera-t-il enfin son premier titre de champion de Suisse?
Le club vaudois n’est plus considéré comme un outsider. Pour les observateurs romands, alémaniques et tessinois, le LHC fait désormais partie du cercle très fermé des véritables candidats au titre. Le constat est partagé dans la presse spécialisée : Geoff Ward a construit une équipe capable de rivaliser avec les meilleures formations du pays grâce à un jeu rapide, structuré et discipliné. Mais les analyses convergent également sur un point essentiel : il reste une marche à gravir. Si Lausanne a démontré qu’il savait être dominant en saison régulière, il lui a parfois manqué ce supplément de réalisme, de profondeur et de solidité dans les moments décisifs.
Cette lecture explique largement les choix opérés par le directeur sportif John Fust durant l’intersaison. Plutôt que de bouleverser un effectif déjà performant, le club a cherché à renforcer les secteurs jugés perfectibles. L’arrivée du défenseur international Michael Fora est unanimement considérée comme un recrutement phare de l’été. Son expérience, son sens du placement et sa capacité à jouer dans toutes les situations doivent permettre au Lausanne HC de franchir un cap défensif. Le retour de Romain Loeffel, joueur d’expérience rompu aux grands rendez-vous, ainsi que la signature du Canadien Colin Miller, qui possède un solide vécu en NHL, témoignent de cette volonté d’apporter davantage de maturité et de robustesse derrière. À ces renforts s’ajoutent Axel Simic, Ray Fust et Stefan Rüegsegger, appelés à apporter de la profondeur en attaque, tandis que le jeune gardien Ewan Huet représente un investissement pour l’avenir.
Jouer le titre
Ces arrivées compensent toutefois une série de départs significatifs. Le transfert de Connor Hughes à Berne clarifie le statut de Kevin Pasche. L’attaque perd également plusieurs éléments importants avec les départs de Ken Jäger, de Dominik Kahun et surtout de Théo Rochette, qui rejoint l’organisation des Detroit Red Wings pour tenter sa chance en Amérique du Nord. Michael Hügli, Raphael Prassl et Floran Douay quittent également le club, obligeant le staff à redistribuer plusieurs responsabilités offensives. Dans l’ensemble, les spécialistes estiment néanmoins que le Lausanne HC sort renforcé de ce mercato. La défense apparaît plus expérimentée et plus complète, tandis que l’effectif conserve suffisamment de qualité offensive autour de Damien Riat, Antti Suomela et des autres leaders pour rester l’un des plus compétitifs du championnat. Le défi sera désormais de transformer cette profondeur d’effectif en efficacité lors des séries éliminatoires.
Le changement le plus important est peut-être ailleurs. La pression qui accompagne cette nouvelle saison n’a plus rien à voir avec celle des années précédentes. Les médias romands soulignent que Lausanne ne sera plus jugé sur son seul niveau de jeu, mais bien sur sa capacité à remporter les matches qui comptent. En Suisse alémanique, plusieurs analystes considèrent même que le LHC possède aujourd’hui un effectif comparable à ceux de Zurich ou Berne. Au Tessin, les commentaires vont dans le même sens: Lausanne dispose désormais de tous les ingrédients pour jouer le titre, à condition de maintenir son intensité lorsque la saison basculera dans les playoffs.
L’impression générale est donc claire. Le Lausanne HC n’a ni révolutionné son effectif ni changé son identité. Il a cherché à corriger les détails qui lui ont coûté cher ces dernières saisons. Avec une défense renforcée, un encadrement stable et un noyau de joueurs désormais habitué aux grands rendez-vous, le club vaudois possède les arguments pour viser très haut. Cette saison 2026/27 pourrait ainsi représenter celle de la maturité. Les attentes n’ont jamais été aussi élevées, mais elles sont à la hauteur des moyens mis en œuvre. Pour la première fois depuis longtemps, le Lausanne HC ne sera plus simplement attendu parmi les meilleures équipes de National League : il sera attendu comme un champion potentiel. Et dans les travées de la Vaudoise aréna, une qualification pour les demi-finales ne suffira plus. Désormais, un seul objectif est accepté : aller chercher le premier titre de champion suisse de l’histoire du club.





















































