La Suissesse Florence Schelling s’est exprimée lors de son intronisation au Temple de la renommée de l’IIHF, à Zurich. « Surréaliste », « magnifique » et « fantastique ». C’est ainsi que la Suissesse a décrit, dans un entretien accordé à IIHF.com, son intronisation au Temple de la renommée de l’IIHF.. La légendaire gardienne a parfaitement résumé l’ambiance de cet événement. Elle a eu l’honneur de faire sonner la cloche à vache cérémonielle avant la demi-finale Canada–Finlande dans sa ville natale de Zurich. Le lendemain, elle a officiellement rejoint le panthéon du hockey international, entourée de son mari et de leur fille Sophia, âgée de neuf mois. Des moments uniques dans une vie.
Habituée aux projecteurs, Schelling, 37 ans, a tout de même été surprise lorsqu’elle a reçu l’appel du président de l’IIHF, Luc Tardif, lui annonçant son intronisation. «C’était assez drôle, parce que je n’avais pas le numéro de Luc Tardif enregistré et, en général, je ne réponds pas aux appels provenant de numéros inconnus», raconte-t-elle en souriant. «Mais cette fois-là, j’étais dans le salon avec mon beau-père lorsque le téléphone a sonné. Quelque chose en moi m’a dit : « Florence, tu dois répondre. » Je l’ai fait. C’était un moment très spécial, car je venais tout juste de donner naissance à ma fille et je ne pensais absolument pas au hockey ! Cet appel est arrivé de nulle part et il m’a énormément émue.»
Le souvenir de Sotchi
Ses plus grands moments avec l’équipe nationale suisse restent sans doute les deux médailles de bronze historiques remportées au Championnat du monde féminin 2012 et aux Jeux olympiques de 2014. Cette médaille olympique a été conquise au terme d’une spectaculaire remontée face à la Suède, conclue par une victoire 4-3. Lors de ces deux compétitions, l’ancienne vedette de l’Université Northeastern a été élue meilleure gardienne et nommée dans l’équipe d’étoiles du tournoi. À Sotchi, en 2014, elle a également reçu le titre de joueuse la plus utile (MVP). Interrogée sur ce qui lui revient le plus en mémoire de ces Jeux d’hiver, Schelling répond : «Je pense avant tout à mes coéquipières et à la manière dont nous avons abordé ce tournoi en croyant en nos capacités. Nous étions dans le groupe A, en sachant pratiquement que nous allions perdre tous nos matchs du tour préliminaire. Ce n’était pas la meilleure préparation avant un quart de finale contre la Russie, pays hôte, qui avait remporté tous ses matchs du groupe B. Mentalement, c’était un énorme défi, mais nous nous sommes soudées en tant qu’équipe. La médaille est magnifique et ce que nous avons accompli est tout simplement incroyable. Mais ce dont je suis la plus fière, c’est de ce que nous avons réalisé ensemble.»
Et qu’en est-il d’Andrea Brändli? Remplacer Florence Schelling n’a rien de facile, mais cette talentueuse gardienne de 29 ans, élue meilleure gardienne et nommée dans l’équipe d’étoiles à Milan (moyenne de 1,94 but encaissé par match et 95,3 % d’arrêts), relève brillamment le défi. Comme Schelling, elle est originaire de Zurich, a brillé en NCAA et en SDHL, et entretient d’excellentes relations avec les médias. Schelling se réjouit de voir l’évolution de son ancienne protégée : «Nous n’avons pas joué très longtemps ensemble en équipe nationale, mais j’ai rapidement vu son potentiel. J’ai essayé de la prendre sous mon aile et de lui transmettre mon expérience. À l’entraînement, je la poussais constamment en organisant des défis entre nous afin que nous progressions toutes les deux chaque jour. Aujourd’hui, quand je regarde ses matchs à la télévision, je vois à quel point elle a grandi, aussi bien comme gardienne que comme personne. Sa confiance et le plaisir qu’elle prend à jouer sautent aux yeux. C’est remarquable, car aux Jeux olympiques tout est extrêmement sérieux : on joue pour des médailles. Pourtant, elle n’a jamais perdu son sourire ni son amour du jeu, et j’adore cela.»
L’expérience bernoise
Même loin de la glace, elle continue de laisser son empreinte. Après avoir obtenu en 2018 un master en administration des affaires à l’Université de Linköping, l’ancienne entraîneuse de l’équipe nationale féminine suisse des moins de 18 ans est devenue la première femme directrice générale d’un grand club professionnel masculin : le SC Bern. Cette expérience a connu des hauts et des bas. Son mandat n’a duré qu’une saison, en 2020/21, fortement perturbée par la pandémie de COVID-19, au cours de laquelle le club a été éliminé dès le premier tour des sériespar Zoug. Aujourd’hui, Schelling considère cette période comme une étape très enrichissante de sa carrière. «C’était une expérience fantastique, parce que personne ne l’avait fait avant moi. J’étais nouvelle dans cette fonction et j’ai énormément appris sur ce métier et sur le fonctionnement d’une organisation. C’était aussi très difficile. Je l’ai déjà dit : lorsque j’étais joueuse, si je performais, j’étais « l’un des garçons ». Si je jouais moins bien, j’étais « la fille ». En prenant ce poste, je pensais que ce serait pareil : si je faisais bien mon travail, le fait d’être une femme n’aurait aucune importance. Malheureusement, ce n’est pas ce qui s’est passé. Mais tout ce que j’ai vécu fait désormais partie de mon bagage. Personne ne pourra jamais me retirer cette expérience, et je peux m’appuyer dessus dans toutes les situations que je rencontre aujourd’hui.»
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(Source: Le Musée Olympique/YouTube)





















































