AJOIE – Julien Vauclair: «Peltonen a vu le potentiel de l’équipe»

AJOIE – Julien Vauclair: «Peltonen a vu le potentiel de l’équipe»

Illustration: PH/IA
Par Filippo Frizzi

La géographie de son cœur se résume à deux cantons: le Jura et le Tessin. Parti très jeune de Porrentruy, Julien Vauclair a ensuite passé vingt saisons à Lugano, où il a remporté deux titres de champion de Suisse, en 1999 et en 2006. Au fil des années, il est devenu «Julio» pour les supporters bianconeri, véritable patron de la défense tessinoise. Depuis cinq ans, il occupe le poste de directeur général du HC Ajoie, un défi qu’il a accepté avec enthousiasme malgré des résultats sportifs bien en deçà des attentes. À une cinquantaine de jours de l’ouverture de la nouvelle saison, il évoque les ambitions de son club.

La victoire de Sierre en Swiss League vous a permis de partir plus tôt en vacances. Mais la saison passée a été particulièrement difficile. Comment se déroule la préparation?
Nous avons effectué une bonne préparation estivale. Nous avons également réalisé un recrutement de qualité. Il ne nous manque plus qu’un dernier élément, notre sixième joueur étranger, avant d’être prêts pour le début du championnat.

Vous avez réussi à convaincre Ville Peltonen de rejoindre la Raiffeisen Arena. Un véritable coup de maître…
Tout le monde connaît la carrière exceptionnelle de Ville en tant que joueur. Honnêtement, je n’aurais jamais parié qu’il accepterait notre proposition. Comme entraîneur, il a obtenu d’excellents résultats avec la Finlande et il a aussi démontré à Genève qu’il savait parfaitement gérer un groupe.

Qu’est-ce qui a convaincu Peltonen de prendre les commandes d’une équipe qui a terminé lanterne rouge lors des cinq dernières saisons? Les forêts jurassiennes ou la communauté finlandaise déjà bien implantée à Porrentruy?
Je pense avant tout qu’il a vu le potentiel de cette équipe. Nous sortons d’une saison extrêmement compliquée, marquée par de nombreuses blessures, mais le potentiel existe. Nous avons aussi recruté des joueurs comme Smirnovs, Gerber ou Zgraggen afin de construire une équipe capable de réaliser un championnat plus solide. Le club a montré, à travers ces renforts, qu’il croyait à la progression du HC Ajoie.

Après vingt-cinq ans de carrière comme joueur, votre réseau vous est aujourd’hui très utile derrière un bureau. Les relations comptent-elles autant dans votre métier?
Elles sont essentielles. Dans le hockey, il faut être constamment informé de ce qui se passe. Mes années à Lugano m’ont permis de nouer de nombreux contacts, aussi bien avec des joueurs qu’avec des entraîneurs ou des directeurs sportifs.

L’épreuve de la patience

Depuis cinq ans, le HC Ajoie lutte en fond de classement de National League. Quand on sait que le Jura ne compte que 74’000 habitants, peut-on parler d’un véritable conte de fées?

Absolument. Le niveau de la National League a énormément progressé. J’ai arrêté ma carrière en 2020 et, cinq ans plus tard, le hockey n’est plus du tout le même. L’arrivée de six étrangers par équipe a considérablement relevé le niveau du championnat. Pour un club comme le nôtre, le budget est passé d’environ 4 millions de francs en 2020 à près de 15 millions aujourd’hui. C’est tout simplement incroyable pour une petite région comme la nôtre.

Être constamment dernier, cela apprend-il la patience?
Sans aucun doute. Les attentes sont aujourd’hui très différentes de celles d’il y a cinq ans. Nous avons tous été profondément déçus par la saison dernière et nous avons cherché à comprendre ce qui n’avait pas fonctionné.

Quelles erreurs ont été commises?
Il ne faut pas chercher d’excuses. Ce sont les joueurs qui sont sur la glace et ils portent donc une grande part de responsabilité, même si ce ne sont évidemment pas les seuls. Le club a également beaucoup progressé sur le plan organisationnel. Nous avons analysé les causes des nombreuses blessures, revu notre préparation estivale et essayé d’offrir davantage de temps de glace à l’équipe durant l’intersaison.

Quel recrutement vous rend aujourd’hui le plus fier?
C’est difficile de choisir, mais je dirais probablement l’arrivée de Ville Peltonen. Je pensais sincèrement que ce serait impossible. J’étais persuadé qu’il disposait de nombreuses autres options. Finalement, il a choisi notre projet, et j’en suis particulièrement heureux.

Une véritable colonie finlandaise s’est installée à Porrentruy. Il y a quelques années encore, ce marché était quasiment inexploité…
Lorsque je suis revenu du Tessin pour prendre les fonctions de directeur sportif, je savais que nous ne pouvions pas recruter des joueurs issus de la NHL ou de la KHL en raison de nos moyens financiers. Il a donc fallu faire preuve d’imagination et explorer davantage les championnats suédois et finlandais. Cela a demandé beaucoup de travail. Pour convaincre Turkulainen, par exemple, il m’a fallu près de deux ans avant qu’il accepte de rejoindre le HC Ajoie.

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