GENÈVE – MARKUS GRANLUND: «Il faut repartir avec le couteau entre les dents»

GENÈVE – MARKUS GRANLUND: «Il faut repartir avec le couteau entre les dents»

Markus Granlund (GSHC) - Photo: Laurent Daspres
RÉDACTION
FILIPPO FRIZZI

Tout le monde ne le sait peut-être pas, mais la Finlande est considérée comme le pays le plus heureux du monde. La raison ? Un solide système de protection sociale, un niveau élevé de confiance envers les institutions et son prochain, ainsi qu’un lien très fort avec la nature. Dans ce domaine, les forêts, les lacs et les espaces verts sont facilement accessibles à tous, souvent à quelques minutes de chez soi, grâce au droit d’accès libre, connu sous le nom d’« Everyman’s Right ». Cette introduction permet – du moins en partie – de comprendre pourquoi les joueurs finlandais sont de plus en plus nombreux dans notre National League. À Genève, la colonie finlandaise est composée du « trio des merveilles » Manninen, Puljujärvi et surtout Markus Granlund, le premier à avoir débarqué en Suisse, en portant le maillot de Lugano il y a quatre ans. Avec le trentenaire né à Oulu, nous avons échangé quelques mots sur le championnat qui s’apprête à débuter, mais aussi sur la Champions Hockey League et sur Sam Hallam, le nouvel entraîneur arrivé aux Vernets.

Markus, l’année dernière, vous étiez lancés vers la finale. Pourtant, sur votre chemin, vous avez trouvé un Fribourg en grande forme. Qu’est-ce qui vous a manqué, selon vous, pour atteindre la finale ?
C’est difficile à dire, d’autant que nous avons fait jeu égal avec Fribourg, qui est ensuite devenu champion de Suisse. Ce sont les détails qui ont fait la différence : nous n’avons peut-être pas été suffisamment bons. Maintenant, certaines choses ont changé et il faut donc repartir avec le couteau entre les dents.

Vous avez pu vous ressourcer dans votre Finlande natale : quel été avez-vous vécu ?
Après notre élimination en demi-finale, j’ai complètement déconnecté. Je suis rentré en Finlande, où j’ai passé l’été. Revoir mes amis, faire des promenades et ne pas penser au hockey m’a permis de profiter du quotidien. Après tout ce temps, j’avais toutefois hâte de revenir à Genève et de me mettre à disposition du nouveau staff.

À Genève aussi, un vent nouveau souffle : Sam Hallam est arrivé derrière la bande, un entraîneur au pedigree impressionnant… Quelles sont vos premières impressions après un peu plus d’un mois de travail ?
Il m’a fait une excellente impression. Mais il ne pouvait guère en être autrement, puisque le nouveau coach a dirigé l’équipe nationale suédoise pendant plusieurs années. Le système de préparation a changé, notamment parce que nous avons commencé plus tôt que les autres en disputant des matches de Champions Hockey League. L’équipe est très motivée à suivre les nouvelles directives de Hallam.

Mardi, la National League 2026/27 démarre et vous serez en déplacement à la Corner Arena de Lugano. Lugano est justement la ville que vous aviez choisie après Calgary et surtout Oufa. Avez-vous encore des contacts avec certains anciens coéquipiers bianconeri ?
L’équipe tessinoise a beaucoup changé depuis mon départ. Je connais mes compatriotes, mais je suis encore principalement en contact avec Santeri Alatalo, qui est un grand ami. Tout a changé à la Corner Arena et nous nous en sommes tous rendu compte l’année dernière.
Hallam ne vous a fait disputer que deux matches amicaux avant vos débuts en Champions Hockey League… Comment s’est déroulée la préparation de Genève ?
La préparation est toujours difficile, peu importe qui la dirige. En de nombreuses années de carrière, je n’ai jamais connu une préparation légère, ni en Amérique du Nord ni en Russie. C’était agréable de retrouver les coéquipiers dans un contexte estival : cette période nous a permis de mieux nous connaître les uns les autres.

Fribourg, champion de Suisse, Davos et vous allez commencer la saison avec davantage de carburant dans les jambes que les autres : un avantage ?
Difficile de répondre. Les matches de Champions Hockey League nous ont permis d’entrer immédiatement dans un bon rythme. Mais l’équipe a changé, il y a un nouveau staff technique et une philosophie de jeu claire, les automatismes doivent donc encore être huilés. Nous avons déjà effectué de longs déplacements et j’espère que cela n’aura pas d’influence sur notre entrée en matière à Lugano. Nous aurons trois matches intenses dans les jambes, mais les Bianconeri auront eux aussi très envie de monter sur la glace pour décrocher leur première victoire.

L’année où la Finlande a remporté le titre mondial, Markus Granlund a dû regarder son frère Mikael soulever le trophée. Lui a vécu le duel face aux Suisses depuis son Oulu natal. Il devrait vraisemblablement terminer sa carrière à Genève : ceux qui le connaissent bien assurent que, avant de quitter la Suisse, Granlund entend bien soulever à son tour le trophée réservé aux vainqueurs.

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