SIERRE – Chris McSorley: «Tout ce qui s’est passé jusqu’ici ne compte plus»

SIERRE – Chris McSorley: «Tout ce qui s’est passé jusqu’ici ne compte plus»

Chris McSorley - Photo:: Cap/swissleaguetv/YouTube
Rédaction
Filippo Frizzi

Est-ce l’air du Valais ? Est-ce la fondue/raclette exquise ou les vignobles luxuriants ? Qui peut le dire… Toujours est-il que Sierre (16’000 habitants, surnommée la « Cité du soleil ») a eu l’effet d’une véritable vitamine pour Chris McSorley. Les temps où l’entraîneur canadien semblait être un personnage monolithique, peu enclin au dialogue, sont désormais loin. Peut-être que le rythme de Genève — où l’on avait même rebaptisé Les Vernets « Chris McSorley Arena »… — l’a d’abord pressé physiquement comme une orange, puis usé psychologiquement.

Depuis qu’il est arrivé à Sierre (il y a trois ans), McSorley est un homme différent : cordial et affable. Non pas qu’il ne l’était pas auparavant, mais peut-être qu’après tant d’années à Genève, le rythme de la ville l’avait épuisé. La périphérie a redonné de l’énergie à l’istrionique Canadien et nous a rendu une version renouvelée du McSorley vêtu de grenat. À l’a veille ‘occasion de la demi-finale contre Olten (qui s’est imposé à la Graben après avoir été mené de deux buts après 40 minutes lors de l’Acte I, hier soir), nous avons discuté avec celui qui aura presque 64 ans (il les fêtera samedi prochain, le 22 mars), né en Ontario, pour un tour d’horizon à 360 degrés sur la « planète » Sierre.

Vous attendiez-vous à ce que Sierre domine la saison régulière et obtienne 108 points, en marquant 4,7 buts par match?
Absolument pas: j’étais confiant et j’espérais que nous pourrions terminer dans les deux premières places. L’équipe m’a surpris positivement: c’est un groupe très soudé et nous pratiquons un hockey que je définis comme Nord-Sud, avec beaucoup de palets envoyés vers la cage adverse. Un système très offensif qui nous a permis de marquer autant.

Votre expérience servira à faire comprendre à l’équipe que les playoffs constituent un autre championnat…
C’est la première chose que j’ai dite à l’équipe après le dernier tour de la saison régulière. Tout ce qui s’est passé jusqu’ici ne compte plus: maintenant on entre dans le vif du sujet. C’est l’aboutissement d’un travail commencé l’été dernier: il y a une grande motivation et une forte cohésion entre les joueurs. Il sera important de canaliser les émotions et de les transformer en énergie positive. Dans le vestiaire, j’ai aussi ajouté que la saison prochaine se jouerait au meilleur des sept matchs.

Une trentaine de kilomètres plus au nord, Viège affronte La Chaux-de-Fonds. Une demi-finale qui complique quelque peu les plans d’Ajoie et d’Ambrì, puisqu’une des deux équipes jouera le titre de Swiss League…
Nous avons affronté les Neuchâtelois en finale de la Swiss Cup et nous avons été très déçus par cette défaite. Mais on apprend davantage des défaites, même si elles font mal. Pour répondre à votre question — sans manquer de respect à qui que ce soit — je ne regarde pas l’autre demi-finale. Je suis concentré sur notre série: mes pensées et mon attention sont tournées vers Olten, une équipe coriace et toujours difficile à affronter.

Et si les deux équipes valaisannes arrivaient en finale?
Je n’ose pas imaginer le scénario. Cependant je pense que Christian Wohlwend ne serait pas très d’accord.

Graben montre ses rides… mais le public (avec une moyenne de 2500 spectateurs par match) ne vous a jamais fait manquer son soutien…
J’ai appris que les gens ici en Valais sont très durs quand on perd, mais extraordinaires quand on gagne (il rit). L’ambiance est vraiment exceptionnelle: vous connaissez Graben et vous savez que le public est assis très près de la glace. C’est un boomerang, car en cas de défaite pour l’équipe à domicile, ce n’est pas très… agréable.

Depuis le mois de juin dernier, un soleil encore plus éclatant brille sur le Hockey Club Sierre : la population a en effet voté en faveur de la réalisation de la Valais Arena… Un coup de boost supplémentaire pour vous, l’équipe et tout le Valais?

Sans aucun doute: le 15 juin dernier, les citoyens ont dit OUI au projet dans la zone de Condémines, sur une surface totale de près de 60’000 m². Ce sera un quartier écologique innovant, avec des appartements, un hôtel et évidemment la Valais Arena. Dès mon premier jour en Valais, en décembre 2020 (en pleine urgence Covid-19, ndlr), et après avoir rencontré le maire Pierre Berthod, j’ai compris que ce projet relancerait toute la ville. Ce ne sera pas seulement une nouvelle patinoire de hockey, mais tout un quartier qui transformera positivement la ville de Sierre.

La licence pour permettre au vétuste — mais historique et toujours fascinant — Graben de faire partie du club exclusif de la National League a été refusée. Sportivement, quand le HC Sierre sera-t-il prêt à franchir ce grand pas?

Selon moi dans deux ans, en 2028. Le projet Valais Arena avance sans accroc — je touche du bois… — mais nous devons procéder par étapes: d’abord il faudra apporter des améliorations substantielles à Graben pour satisfaire aux exigences de la National League. Sur la glace, nous devrons aussi disposer d’une équipe qui travaille dans une logique d’amélioration constante.

Davos a largement dominé la saison régulière de National League. Les Grisons sont les grands favoris pour le titre…
Je suis heureux de voir que le travail de Josh Holden et aussi de Jan Alston a créé une équipe très forte, compacte, avec un bon mélange de joueurs expérimentés et de jeunes talents. Honnêtement je ne suis pas très surpris, mais je suis heureux pour Josh et Jan. J’ai des amis dans presque toutes les équipes de National League; cependant, à la fin de la musique, quand les lumières s’éteignent, il ne reste qu’une seule chaise…

Quand Chris McSorley s’exprimera-t-il en français?
Si je consacrais autant de temps à apprendre le français, je devrais en enlever à celui que je réserve au coaching. Je suis sûr que le meilleur cours accéléré pour apprendre le français serait de gagner le titre de Swiss League…

D’ailleurs, si un Suédois comme le mythique John Slettvoll d’Umeå a appris l’italien pendant ses années au Tessin, vous aussi pouvez y parvenir…
Ce que John Slettvoll a fait à Lugano était exceptionnel et légendaire. Voir ses exploits m’a motivé à toujours donner le maximum. J’ai aussi beaucoup appris à Lugano : une ambiance chaleureuse. L’organisation — ou comme nous disons la franchise — est de première classe et Vicky (ndlr: Mantegazza) ainsi que tout l’environnement avaient de grandes attentes. Je suis honoré d’avoir fait partie du HC Lugano et heureux d’avoir porté les couleurs bianconeri.

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